40 ans d’errance dans le désert, c’est long !!! Et si Moïse s’était trompé ? Et s’il y avait une autre route plus alléchante, plus exaltante, avec moins de commandements ? Que se passerait-il si le peuple était son propre dieu ? S’il arrêtait de monter d’Égypte ?
Transcription du texte de la vidéo : (Voir la vidéo : http://www.bible-tutoriel.com/message/nb-40-le-serpent-d-airain.html) Tous droits réservés. Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article ______________________________________________________________Bonjour,
Nous ouvrons aujourd’hui un chapitre important du livre des Nombres — mais vous aurez compris depuis le temps que tous les chapitres de tous les livres de la ToRaH sont importants — qui va nous parler du fameux Serpent d’Airain, ou du Serpent de Bronze auquel Jésus fait allusion dans l’évangile selon Jean — mais ça non plus ça ne doit plus nous surprendre dans la mesure où on a aussi compris depuis longtemps que le plus juif de tous les évangiles, le plus enraciné dans la ToRaH de tous les évangiles est bien celui de Jean.
Le ch. 21 commence par une petite section assez étrange : Israël se fait attaquer par un roi du NeGeV, le roi de ‘ARaD. On ne sait pas pourquoi ce roi lance cette attaque, mais on se souvient qu’à cette époque, c’est comme ça qu’on affirmait son existence. Voyant Israël arriver, il prend acte et anticipe une possible contestation de sa propre présence ! Ce qui surprend, c’est l’absence totale de Moïse à cette occasion : qui parle à YHWH ? Qui fait ce vœu ? « Israël », nous dit-on, ce qui rompt avec tout ce à quoi le récit nous avait habitués jusqu’à présent. Mais bon. Ce qui est intéressant ici est précisément ce vœu de H.éRèM, d’anathème. Dans le fond, la ToRaH ici fait passer un message : le peuple sera inévitablement attaqué, mais si c’est sans raison, comme c’est le cas ici, alors la réponse pourra être fulgurante ! On ne fait pas la guerre à la Communauté d’Israël sans raison, et donc sans conséquences ! Qu’est-ce que vous voulez, faire la guerre au peuple porteur de l’unique Alliance de Vie, c’est s’exposer à une sentence de mort sans appel ! Que les nations se tiennent donc pour prévenues ! Du coup, on perçoit mieux la raison pour laquelle ces trois versets, dans le fond, ne sont en rien un ajout maladroit dans le fil de l’histoire : au moment de partir véritablement vers KaNa“aN, attention à ceux qui voudraient empêcher Israël de prendre la route !
Alors maintenant, ça nous donne l’occasion de nous interroger : qu’est-ce que le H.éRèM, l’anathème ? On a déjà rencontré ce terme une ou deux fois. Le H.éRèM, c’est ce qui est interdit. Dit autrement, on n’y touche pas ! Tout est consacré à Dieu, soit parce que la personne ou l’objet est maudit et doit être détruit, soit en raison de son caractère sacré qui entraîne sa mise à l’écart. Alors on traduit H.éRèM par anathème et on entend souvent par là une destruction massive et systématique, mais le terme hébreu a en réalité plusieurs sens. Ce peut être tout d’abord suite à un vœu : on consacre quelque chose à Dieu totalement et là attention ! Le dernier ch. du Lévitique nous avait prévenus : on ne peut pas racheter un tel vœu ! Ensuite, il y a le H.éRèM appliqué par YHWH vis-à-vis de l’idolâtrie quand elle menace Israël : encore une fois, on ne touche pas au peuple élu et surtout on ne tente pas de le pervertir. On avait rencontré ce cas en Ex 22,19 et on le retrouvera en Dt 13,13-19. Bon alors le H.éRèM pourra être étendu à d’autre cas à partir notamment du retour d’Exil : quand des hommes se seront unis à des femmes étrangères : H.éRèM ! Quand des prêtres ne pourront pas justifier leur généalogie, H.éRèM ! Sauf que là, ça ne signifie pas qu’on les met à mort mais qu’on les met à l’écart de la Communauté. Et puis enfin il y a le H.éRèM de la guerre sainte : tout le butin est alors consacré à YHWH dans le but de remporter la victoire. C’est le cas ici. Là, on massacre la population, ou en l’occurrence ici toute l’armée qui a attaqué, et on détruit tout le butin. Bien. Alors une fois qu’on a dit ça, on s’aperçoit qu’en fait, le H.éRèM n’a jamais véritablement été appliqué, et après Saül, on n’en a plus de trace. Avec les prophètes, H. éRèM prend le sens d’anéantir, comme en Is 34,2-5 ; ou en Jr 25,9, et quelques autres cas somme toute assez rare. Mais quoi qu’il en soit, quand la ToRaH s’approprie ce thème, c’est toujours pour préserver Israël d’un danger religieux, jamais pour le plaisir ou pour le seul goût du pouvoir, si l’on peut dire.
Alors certains pourront être choqués et même penser que la religion est violente ! Ça n’est pas nouveau : dès le deuxième siècle, Marcion a voulu éradiquer des Écriture la moindre trace de violence, mais l’Église chrétienne a dit non : les combats font partie de l’existence humaine et rapporter leurs récits ne signifie pas que la religion induise la guerre ! En tout cas, quand on vous lance ce genre d’argument, demandez simplement quel était le motif religieux des deux dernières guerres mondiales à côté desquelles nos anciens resteraient juste stupéfaits ! Une bombe nucléaire qui tombe sur toute une ville pour tout exterminer ? Mais le H.éRèM à côté, c’est un une bataille de cour d’école, rien de plus ! Donc attention de ne pas inverser les affaires ! Quoi qu’il en soit, ce récit en amont de la route qu’Israël s’apprête à prendre dit essentiellement une chose : avancez sans peur ! Tout peuple qui voudra vous barrer la route, c’est lui qui disparaîtra ! Voilà pour motiver les troupes.
Ceci dit, la suite n’est pas pour autant rose en faveur d’Israël, parce que certes il y a les ennemis extérieurs, mais
quid de l’ennemi intérieur ? Celui qui rôde à l’intérieur même du peuple ; un peuple — et la ToRaH n’en tait rien — à la nuque raide qui n’est pas exempt de murmures, toujours prêt à la révolte ? Là c’est une autre affaire et on va maintenant nous raconter une histoire de serpents qui non seulement va nous faire réfléchir mais qui n’a pas été ignorée par la tradition chrétienne, notamment, comme par hasard, dans l’évangile selon Jean.
Donc une fois après avoir été attaqué par le roi de ’ARaD, il faut envisager de contourner la terre de ‘éDoM, et pour ça, le peuple part en direction du YaM SouPh, la Mer des Roseaux qu’on appelle aujourd’hui la Mer Rouge. On en a déjà parlé à propos de l’Exode. Et là, hop : à nouveau la contestation, toujours sur le même thème : il n’y a ni pain ni eau dans ce MiDeBaR, et par ailleurs, ne manger que de la manne depuis 40 ans — la nouvelle génération n’a pas connu autre chose, on comprend le ras-le-bol. Cela dit, ça n’est pas une question gustative. Le v. 5 parle d’un « pain de famine », c’est-à-dire un pain QUI NE RASSASIE PAS : c’est exactement l’expression qu’emploiera Jésus à propos de la Manne dans l’évangile de Jean au ch. 6, dans son discours sur le pain de vie. C’est un pain qui NE PERMET PAS D’ENVISAGER UN AVENIR, fut-il proche : recevoir sa nourriture au jour le jour, c’est la condition de l’esclave à qui le Maître donne la becquée… La situation est vraiment difficile ! Nous, on se contente de lire, alors on peut à bon compte trouver que le peuple exagère, mais si on réfléchit un peu à la situation, il y a d’abord bien des chances qu’on ait râlé bien avant eux !!! Ensuite, cette plainte traduit l’aspiration la plus fondamentale de l’homme, à la fois la plus charnelle et la plus spirituelle à laquelle, encore une fois, l’Évangile selon Jean va enfin répondre, comme s’il avait fallu attendre mille ans pour offrir une solution...
Dans le fond, quel est ici l’enjeu ? Encore et toujours : la vie et la mort. « Pourquoi nous avez-vous fait monter d’Égypte pour mourir dans le désert ? », demande le v. 5. C’était déjà la question qui a provoqué bien des malheurs au ch. précédent ! On retrouve d’ailleurs l’expression « Monter d’Égypte » qu’on ne retrouve que lorsqu’il s’agit de contestations ! On le retrouve une fois seulement en Ex 17, v. 3. MONTER d’Égypte, on l’a vue, traduit la dynamique spirituelle d’élévation vers YHWH. Ce qui est mis en cause, c’est le fait de MONTER, c’est-à-dire la dynamique même induite par l’Élection ! C’est trop lourd d’être le peuple élu, et ça, il ne faut pas que nous, les GoYîM, nous l’oubliions trop vite ! Du coup on comprend mieux la réponse sans appel de YHWH — il n’y a pas beaucoup d’alternative : qui ne veut pas monter ne peut que descendre ! Or le chemin de la descente, c’est le Serpent. Dès les origines, dès Adam et Ève, le choix de deux chemins s’est posé en termes de nourriture — il s’agissait de « MANGER le fruit » — et de serpent… Vous voyez ? Quand le Deutéronome se terminera par l’injonction de YHWH : « Je mets devant toi la vie ou la mort, choisis la vie ! », choisir la vie, c’est MONTER d’Égypte et pour ça se laisser libérer par YHWH et son serviteur Moïse ; à l’inverse, choisir la mort, c’est DESCENDRE et pour ça se laisser entraîner par le serpent dont la morsure est sans appel. Un dilemme qui n’a d’ailleurs pas totalement disparu aujourd’hui.
Toujours est-il que faire le choix de NE PLUS MONTER, ça n’est pas seulement faire valoir une revendication ! C’est en faire l’expérience charnelle immédiatement ! Vous comprenez, tant qu’on est dans les idées ; et surtout tant qu’on les fait expérimenter par les autres et qu’on fait tout, comme nos petits fonctionnaires au pouvoir, pour échapper soi-même aux conséquences de ce que ces idées induisent par elles-mêmes, c’est facile ! Mais quand on porte SOI-MÊME les conséquences malheureuses des idées qu’on a émises, c’est là qu’on commence à réfléchir ! Alors : tu ne veux plus monter ? Eh bien fais l’expérience de la descente. Tu te dis que YHWH ne t’a pas emmené sur le bon chemin ? Eh bien fais l’expérience d’un chemin guidé par un autre : et c’est l’envoi des N
eH.âShîM HaSsSs
eRâPhîM, des serpents brûlants… Alors là on reconnaît le terme de S
eRâPhîM, les Séraphins… qui littéralement signifie les « brûlants » et qui sont les plus élevés dans la hiérarchie des créatures célestes. Du coup, par l’association au serpent, on est à l’extrême opposé, c’est-à-dire au plus bas des créatures terrestres. Maintenant, pourquoi YHWH envoie-t-il ces créatures ? Par punition ? Ça ne lui ressemble pas. Faisons toujours attention à ces lectures trop faciles qui consistent à moraliser les écrits en disant : « ils ont fauté et Dieu les a punis ! » Trop facile ! On s’en tire à trop bon compte, et surtout, on n’avance soi-même pas d’un poil ! Là, j’aime assez la lecture rabbinique qui est pleine de bon sens : vous vous plaignez de cette nourriture qui vous a accompagné pendant 40 ans ? Vous vous plaignez de la route que YHWH vous a fait prendre depuis votre sortie d’Égypte ? Eh bien vous allez voir ce que c’est, le désert, sans l’Alliance ; sans cette route qui élève ! Bref sans YHWH ! Et là évidemment paraissent les plus grands dangers du désert à travers les serpents ! De sorte qu’automatiquement, le peuple se rend compte de son ingratitude ! C’est très humain tout ça, et c’est pour ça que le récit nous touche, comme il touche toutes les générations d’Israël : quand on vit sous la protection de ses parents par exemple, leur bonté fait qu’ils ne nous rappellent pas tous les jours tout ce qu’ils font pour nous, et de la même manière, YHWH n’a pas dit, chaque jour des 40 années, qu’Il était la source de la protection du peuple contre les dangers du désert ! Du coup, les enfants imaginent vite que le monde est facile et sans danger ; il ne pense même pas à remercier leurs parents : tout ça est « normal » comme on dit ! Ben oui, sauf qu’à un moment, les parents, ça disparaît et là, on fait mémoire de tout ce qu’ils ont été pour nous, de tout ce dont ils nous ont gardés et protégés. Eh bien là, c’est la même chose : vous estimez que YHWH vous a entraînés sur un mauvais chemin ? Vous ne voulez plus de l’Alliance ni de Moïse ? Ok : voilà ce qui se passe quand YHWH ne vous protège pas : et voilà le peuple remis à lui-même face à tous les dangers. Il ne s’agit pas d’une punition, mais dans le cadre de l’Alliance, d’une sanction dont le but n’est pas d’exterminer mais de GUÉRIR, de FAIRE GRANDIR en faisant envisager charnellement, concrètement, les conséquences des idées qu’on émet.
Du coup, au v. 7, laissé à lui-même, à sa propre demande, le peuple réfléchit et se dit qu’il vaut mieux prendre le chemin de l’obéissance à YHWH, non par peur du danger, mais parce que c’est à ce moment que le peuple comprend que, si déroutant soit-il, la MONTÉE est LE chemin de la Vie. Vous voyez ? C’est ça l’expérience charnelle ! Alors dans notre esprit occidental troublé, on se dit que c’est inadmissible, que ce peuple n’est pas libre… Mais de quelle liberté parle-t-on ? De cette liberté qui refuse d’envisager les conséquences consécutives à ses choix ! À ce stade, le peuple choisit LIBREMENT de renoncer à MONTER d’Égypte : conséquence = surviennent les serpents pour la DESCENTE. Où est la difficulté ? Ça nous choque ? Tant mieux, c’est fait pour ça ! C’est précisément parce que cette expérience est charnelle qu’elle s’inscrit définitivement dans la mémoire du peuple, génération après génération : « On est tombé, on a failli faire chuter toute l’histoire dans le néant, dans le Tohu-Bohu initial, mais voilà que YHWH a entendu notre supplication PAR MOÏSE — toujours cette nécessité de l’intercession du JUSTE — et YHWH nous a sauvés. Comment ? En remettant le peuple devant son choix : Tu choisis les serpents ? Voilà les conséquences ! Et connaissant les conséquences, je fais en sorte, Moi, YHWH, de ne pas t’enfermer dans ton choix : tu as devant toi la vie et la mort, à toi de choisir la vie ! Le Deutéronome ne signera pas la ToRaH par d’autres termes.
Alors c’est vrai que le moyen de guérison des morsures est là encore un peu étrange :
« Fais pour toi un brûlant — un SsaRaPh —
et mets-le sur une hampe. Quiconque aura été mordu et le regardera vivra. » (Nb 21,8) Et donc Moïse fabrique un serpent en cuivre, un N
eH.aSh N
eH.oShèT — deux mots de même racine, et de fait, le cuivre, avec ses reflets à la fois roses et verdâtres quand il s’oxyde fait penser à une peau de serpent — ; un N
eH.aSh N
eH.oShèT donc qu’il campe sur un mât pour que les Fils d’Israël mordus puissent le regarder et vivre. Pourquoi ? Mais pour enfin reconnaître de quel danger YHWH protège son peuple chaque jour, chaque heure, chaque minute du temps qui passe ! Et dans le fond, les traditions juives et chrétiennes retiendront la leçon : c’est en méditant les affres de la mort qu’on n’en apprécie que mieux la vie, qu’on la choisit et qu’on la savoure. Faute de quoi, pour qui se divertit sempiternellement dans l’insouciance, celui-ci aura vite fait de tourner YHWH en dérision et de se croire tout-puissant, de se croire capable de mener sa vie comme il l’entend alors même qu’il se laissera capturer sans le savoir par un vortex descensionnel dont il sera juste incapable de se dégager ! Voilà donc la leçon : garde en mémoire que dès que tu refuseras de MONTER en empruntant le chemin que DIEU te montrera, c’est-à-dire le chemin de la sagesse, TOUS les autres chemins — ceux de la folie — ne te feront que DESCENDRE aux profondeurs du séjour des morts. Pour reprendre les termes mêmes du livre des Proverbes :
« Dans son trouble, [l’homme]
suit [la folie]
comme un bœuf qu’on mène à l’abattoir, comme un cerf qui se prend au lacet jusqu’à ce qu’une flèche lui transperce le foie, comme un oiseau se hâte vers le piège sans savoir qu’il y va de sa vie. Et maintenant, fils, écoute-moi et sois attentif aux paroles de ma bouche : que ton cœur ne se détourne pas vers ses chemins, n’erre pas dans ses routes car nombreuses sont les victimes qu’elle a fait tomber : ils étaient forts, tous ceux qu’elle a tués ; sa maison est le chemin du Shéol — le séjour des morts
— qui descend jusqu’aux chambres de la mort ! » (Pr 7,22-27).
Il faut donc regarder le serpent, c’est-à-dire celui qui cherche à descendre l’homme et non à l’élever, pour lui dire résolument : « non », comme Jésus résistera à Satan en le regardant droit dans les yeux ! Et dans le fond, c’est ce que nous propose l’Église en nous invitant à nous confesser, à regarder en face notre péché pour pouvoir lui dire : « non » et conscient de ce chemin de mort, refaire, encore et toujours, le choix de la vie pour reprendre le chemin d’élévation qui seul promet la joie de la rencontre nuptiale avec YHWH ! Et mille ans plus tard, Jésus s’assimilera à ce serpent de cuivre, car la contemplation de sa mort sur la croix sera pour les chrétiens comme celle des Fils d’Israël devant le serpent de Moïse dans le désert : nous regardons celui que notre péché a cloué sur la hampe de la croix, et ce faisant, prenant conscience de la protection et du projet du Père, nous faisons le choix de suivre le Christ ressuscité pour notre salut.
Comme quoi cet épisode aura bien fait son travail : il sera transmis de génération en génération jusqu’à Jésus pour nous permettre, à nous qui sommes, bien que GoYîM, les enfants d’Abraham par la foi en Jésus Christ, de choisir de garder les yeux fixés sur le Lui pour entrer dans son combat et dans sa victoire sur la mort. Alors je vous laisse lire ces 9 premiers versets dont on n’a certes pas épuisé le sens mais qui nous paraît déjà, du moins je l’espère, un peu moins hermétique. Je vous souhaite une bonne lecture. Nous verrons la suite la prochaine fois. Je vous remercie.
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