Pourquoi nous laissons-nous saisir par le mal ? Quel en est le mécanisme qui agit comme un vortex impitoyable ?
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PLAN :
– Le vortex du mal
– DIEU sans idée du mal
– Le chemin de la Rédemption
– Le pardon libérateur
Tous droits réservés.Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,
Nous avons vu dans la dernière vidéo principalement l’histoire du sacrement de la Miséricorde et ses fondements légitimes dans la dynamique du Baptême. Je me suis dit que c’était peut-être l’occasion ici de réfléchir, toujours à la lumière du Christ, sur le mécanisme, et même le “vortex” * du mal. Ça nous permettra sans doute de mieux comprendre comment s’ouvre le chemin de la Rédemption.
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LE VORTEX DU MAL
Pour comprendre le vortex du mal, partons d’un cas imaginaire : un jeune homme bien bâti, un chrétien de surcroît entre dans l’armée — appelons-le Alexandre. Comme il est entreprenant, qu’il semble n’avoir peur de rien, ses chefs l’envoient au front et on va même le faire entrer dans les forces spéciales. Pas facile ! Surtout qu’à un moment, voilà qu’on va le mettre en situation de faire parler un ennemi pour la raison que si cet ennemi révèle ce qu’il sait, on pourra sauver des milliers d’innocents ! Quel dilemme ! Jusque-là, Alexandre en bon chrétien s’est donné par générosité, par foi, par fougue… mais voilà qu’à présent, il ne s’agit plus de ça ! Il s’agit de tirer des renseignements de la part d’un homme qu’il va sans doute falloir pour ça torturer ! Alors Alexandre au début dit non ! Sauf que la pression monte : « Si tu ne le fais pas, des milliers de gens vont mourir ! Alors débrouille-toi comme tu veux, mais fais-le parler ! » Vous imaginez ? Là je ne dis pas que c’est simple : moi, je suis tranquillement assis en train d’expliquer un cas moral devant une caméra, mais qu’est-ce que je ferais à sa place ? Je n’en sais strictement RIEN, donc je me garde bien de juger Alexandre dont l’estomac est en train de se tordre à ce moment précis.
Comprenons bien ce qui va se passer dans un instant. C’est exactement comme dans les laboratoires d’expérimentation biochimiques protégés par des sas de dépression. Le sas s’ouvre, mais l’air ne peut que rentrer dans le laboratoire grâce à la dépression qui a été créée à l’intérieur. Jamais l’air ne peut ressortir, ce qui est censé prévenir tout risque de contamination à l’extérieur du laboratoire. Eh bien pour le mal, c’est le même processus : je commets un mal, je franchis le sas, mais une fois franchi, je ne peux pas le passer dans l’autre sens. On aimerait parfois revenir en arrière comme si rien ne s’était passé, mais non : ÇA S’EST PASSÉ, et on ne peut pas revenir en arrière !
Ceci dit, revenons à Alexandre. L’ennemi refuse toujours de parler ! Alexandre commence alors à crier sur lui, sans plus de résultat ! Alexandre n’en peut plus, il pense à tous les innocents qui vont mourir, il transpire, il s’énerve et soudain le coup part ! Il fracasse la figure de son ennemi ! Il regarde ses mains et il s’aperçoit qu’elles sont maculées de sang… Il a franchi le sas, et c’est INSUPPORTABLE pour Alexandre !
Eh oui, c’est insupportable ! FAIRE LE MAL EST INSUPPORTABLE À L’HOMME — et c’est sans doute ce qui subsiste de cette ressemblance avec DIEU que le péché n’a pas pu faire disparaître. Ici, la règle est universelle : PERSONNE, ni vous ni moi, ne peut “faire le mal pour le mal”. Regardez : si je vous dis : « Craquez maintenant une allumette et mettez le feu à votre maison, comme ça, pour rien, librement ! » Vous ne le ferez évidemment pas. Maintenant, si vous avez un gros problème d’argent et que toucher l’assurance sauverait votre situation, voire votre famille… sans doute ne le ferez-vous pas non plus, mais au moins pendant 1/10° de seconde vous aurez dû peser le pour et le contre. Pourquoi ? parce que derrière ce mal s’est présenté un bien validant la possibilité d’un acte mauvais — un « moindre mal » comme on dit, ou plus perfidement encore, un « dommage collatéral ».
Dit autrement, pour que le mal paraisse, il faut que je vise un “bien” et que je me coule dans l’adage qui veut que « la fin justifie les moyens » — Ah oui ? Depuis quand ? Eh bien depuis que l’homme est pécheur et qu’il s’autorise à commettre le mal quand c’est en vue d’un soi-disant “bien” qu’il convoite.
Alors revenons maintenant à notre Alexandre qui vient de frapper son ennemi. Impossible de vivre avec ce sang sur les mains sans raison ! Du coup, le seul moyen qui se présente à Alexandre pour s’en tirer, c’est de se dire : « Un bien va en sortir : on peut sauver des milliers de gens ! » Et hop : les portes du sas se referment sur lui ; la violence a trouvé sa légitimation, Alexandre peut dormir plus ou moins en paix.
Sauf que ça n’est pas fini, parce que l’ennemi ne parle toujours pas. Néanmoins Alexandre, lui, a franchi le sas : il a déterminé quel bien il visait et donc il hésitera beaucoup moins à donner le deuxième coup, puis le troisième, voire à passer à des choses encore moins avouables, au nom du “bien” qui consiste à sauver des populations. Et là, que va devenir Alexandre ? Sans doute se dira-t-il toute sa vie qu’il a accompli son DEVOIR ; qu’il a sauvé son pays, ses compatriotes ingénus qu’il autorise ainsi à vivre en pensant que la paix dans laquelle ils baignent est juste naturelle… Mais surtout, il s’interdira autant que faire se peut de se rappeler les visages de ceux qu’il aura suppliciés ; il se « blindera » comme on dit.
Là encore une fois, je ne dis pas que j’ai la solution, mais comprenez bien que nous sommes TOUS, à des degrés divers, embrigadés dans ce même VORTEX du mal dont nul ne peut plus s’extirper par ses seules forces. On se laisse TOUS prendre au piège : on convoite un bien, et on est prêt à tout pour l’avoir. Au début, c’est pas grave, pense-t-on ; sauf qu’en franchissant insensiblement les sas, l’un après l’autre, sans jamais se le dire, en en perdant même la conscience au bout d’un moment, le vortex s’installe, comme une petite tornade qui, au début, s’amuse gentiment à faire tourbillonner des buissons secs — tous ces petits agacements qui deviennent de plus en plus nombreux, les jurons, puis les insultes et enfin le meurtre, sous quelque forme que ce soit — ; une petite tornade donc qui va nécessairement grossir jusqu’à finir par tout emporter sur son passage.
Eh bien, pour éviter que le vortex du mal ne se transforme en cyclone, le sacrement de la Miséricorde reçu régulièrement sert précisément à désarmer le vortex tant qu’il ne s’est pas encore transformé en tornade ! Et là, seul Celui pour qui l’idée même du mal est INCONCEVABLE, c’est-à-dire le vrai DIEU révélé CHARNELLEMENT en Jésus Christ, peut nous en donner les moyens. Car oui : DIEU n’a même pas idée du “mal“ !
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DIEU SANS IDÉE DU MAL
Redisons-le : l’homme est pécheur, mais il garde en lui l’Image de DIEU pour qui l’idée même du mal est inconcevable. Le père Jean-Miguel Garrigue a écrit en 1982 un petit livre absolument remarquable sur la question — régulièrement réédité d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui :
Dieu sans idée du mal. Le problème, c’est que le péché a rendu « concevable » en l’homme le mal. Ce que le ch. 3 de la Genèse cible remarquablement :
« Ne mange pas du fruit de l’arbre de la Connaissance du Bien ET du Mal » ; or en hébreu, ce
ET a valeur de lien. Il ne s’agit pas de l’arbre de la Connaissance du Bien
ou du Mal, mais du Bien ET du Mal, c’est-à-dire du Bien PAR le Mal, du Mal légitimé par un Bien, enfin tournez-le comme vous voulez, mais le résultat, c’est la MORT ! Alors comment s’en sortir ? En suivant celui qui nous a révélé CHARNELLEMENT le DIEU sans idée du mal, à savoir Jésus. Intellectuellement, ça n’aurait servi à RIEN ! Il l’a révélé CHARNELLEMENT, c’est-à-dire dans sa Passion et dans sa Résurrection. Il a rouvert le chemin du Bien SANS le Mal : il en a payé le prix — il nous a racheté en tant que notre frère et notre Go‘èL ; il est notre RÉDEMPTEUR —, mais il n’a même pas « conçu » le mal ; il a refusé de rendre le mal pour le mal ; d’ajouter du mal au mal ! Résultat ? Lui qui est entré dans le mal qui fait mal, le mal meurtrier ; Lui qui est entré résolument et librement dans la mort causée par le mal de l’injustice ; Lui qui n’a néanmoins jamais donné prise à cette mort dans la mesure où Il a toujours REFUSÉ d’accomplir le mal ; eh bien : la mort n’a pas su le garder. Et ce faisant, comme l’écrit Saint Pierre, Il nous a montré le chemin :
« C’est une grâce de supporter, par motif de conscience devant Dieu, des tristesses que l’on souffre injustement. En effet, si vous supportez des coups pour avoir commis une faute, quel honneur en attendre ? Mais si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, Lui aussi, a souffert — c’est-à-dire a choisi de transformer Sa douleur en souffrance offerte à son Père plutôt qu’en violence contre les pécheurs ; une violence dont Il n’aurait rien pu offrir au Père puisqu’Il se serait Lui-même fait justice en ajoutant du mal au mal ! — ; Il vous a laissé un modèle afin que vous marchiez sur ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans Sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, Il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, Il ne menaçait pas, mais Il se livrait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans Son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par Ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez comme des brebis égarées ; mais maintenant, vous êtes retournés vers votre Berger, le Gardien de vos âmes. » (1P 2,19-25) Alors c’est sûr qu’un tel discours, hors d’une pensée référée au Christ, est choquant, mais il n’empêche : le chemin est LÀ, et c’est un chemin de RÉSURRECTION avec le Christ. Du coup, à nous de choisir — ou non — de suivre le Christ qui est
« le chemin, la vérité et la VIE » (Jn 14,6). À nous de suivre — ou non — le Christ qui est le chemin de la Vérité parce que ce chemin mène CHARNELLEMENT à la VIE éternelle, à la VIE de DIEU qui, Lui, est sans idée du mal. Dit encore autrement : à nous de choisir si nous voulons ou non passer de
l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal — l’arbre qui légitime le mal au nom d’un bien qu’on convoite ; l’arbre de « la fin qui justifie les moyens » — ; à nous donc de passer de cet arbre de mort à
l’Arbre de VIE dans le jardin primordial dont parle le ch. 2 du livre de la Genèse ; l’Arbre de Vie qui refusera toujours de légitimer un mal pour quelque bien attendu que ce soit ! Et là, c’est sûr qu’on change de société — qu’on change la société en la faisant passer de la loi du plus fort à la loi de la Charité !
Alors maintenant, concrètement, comment fait-on ? Eh bien on écoute l’enseignement du Christ, évidemment.
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LE CHEMIN DE LA RÉDEMPTION
En fait, d’une certaine manière, Jésus n’invente rien. Il s’inscrit dans la logique rabbinique de son temps, qui peut paraître un peu déconcertante à première vue mais qui mérite d’être entendue. Écoutons-Le un instant :
« Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. » (Mt 5,21-22) Étrange, non ? Moins c’est grave, plus la sanction est forte… et pourtant ce propos est habité d’une sagesse redoutable !
Ce que dit Jésus, c’est tout simplement que pour ne pas commettre de meurtre, il faut se préserver du chemin qui y mène. C’est ce que les rabbins appellent les « couronnes, ou des haies de protection ». Le danger, c’est que nous sommes pécheurs, donc tous meurtriers en puissance ! Or ce qui constitue l’étape LA PLUS GRAVE de ce chemin, c’est le PREMIER PAS qui y mène et auquel on n’a pas veillé, qui consiste tout simplement à traiter l’autre de fou !!! On considère que ce n’est pas grave, sauf qu’on passe déjà un premier sas, qui prépare le second ; mais en soi, le second est moins coupable puisque le vortex a déjà commencé à se former — c’est comme l’ordinateur si vous voulez : ce n’est pas quand il est allumé qu’il faut se dire : il vaudrait mieux que je ne joue pas. C’est AVANT de l’allumer qu’il faut réfléchir, parce que l’acte le plus grave, dès lors, n’est pas tant de jouer que d’avoir allumé son ordinateur ! — Eh bien là c’est la même chose : on commence par traiter l’autre de fou, puis on en vient à l’insulter, puis à ne plus le supporter et à légitimer sa colère contre lui, et une fois que la colère est devenue de la fureur, le meurtre n’est pas loin ! Non pas qu’on le veuille forcément, mais dans un coup de sang, si un instrument se trouve à ma portée, rien ne dit que je ne vais pas m’en servir comme d’une arme ! Or d’où est-ce que tout est parti ? Du manque de vigilance AU TOUT DÉBUT où j’ai traité mon frère ou ma sœur de « fou » ; et puis j’ai commencé à laisser sortir des jurons — « Pas si grave », se dit-on ! Et puis et puis et puis…
Et c’est très concret ! Pourquoi est-ce qu’on apprend aux enfants à ne pas jurer ? Simplement parce que ce n’est « pas poli » ? Non : parce que dans leur sagesse, nos anciens ont compris que là était le premier pas vers le meurtre, sous quelque forme que ce soit — l’homme laissé à ses pulsions est un loup pour l’homme, ne l’oublions pas.
Toujours est-il que nous avons beau tenter de nous protéger de ce vortex par les haies qu’on pourrait appeler les haies de la charité, il serait présomptueux de croire qu’on ne les franchira jamais. Toute la question devient alors, comme pour Alexandre, vous vous souvenez, qui un jour ou l’autre devra bien libérer dans sa mémoire les figures de ceux qu’il aura torturés… Toute la question devient donc : COMMENT RÉPARER ? Comment réparer un MAL COMMIS ? Et c’est là qu’intervient la MISÉRICORDE à laquelle on ne peut puiser qu’en DIEU. La société, elle, ne peut que juger les actes, soit en considérant qu’il y a un « secret-défense », un « intérêt supérieur de la nation » qui légitime la loi du secret ; soit en condamnant le bourreau à la prison à vie, voire en le condamnant à mort. Mais comme on l’a déjà dit, on demande à un juge d’être JUSTE, mais non d’être miséricordieux ! Et c’est là que DIEU, précisément, ouvre un chemin que nul homme ne sait ouvrir pour lui-même et par lui-même, à savoir le chemin du PARDON par lequel paraît la MISÉRICORDE.
Imaginons qu’Alexandre, au nom de sa foi en Christ, se réveille un jour assailli par les visages de tous ceux qu’il a suppliciés… Toujours tenu au secret d’État absolu, comment va-t-il faire ? Là, soit il devient fou parce que le mal qu’il a commis est insupportable, on l’a dit ; soit le chemin du pardon s’ouvre à lui, qui n’a rien de complaisant mais qui, pourtant, ouvre la porte d’un avenir là où les lois humaines, elles, ne peuvent que la lui fermer.
Pour ne pas grever l’avenir donc, le PARDON est nécessaire, à commencer par le pardon de tous ceux que notre mal a touchés. Sauf que dans le cas d’Alexandre, la chose est impossible parce que ses victimes sont mortes et son obligation au secret empêche même de demander pardon à leurs familles… Alors ? Alors le Christ se présente. Vous vous souvenez ? Dans son refus absolu de rendre le mal pour le mal, il a fait, plus que n’importe qui dans l’histoire des hommes, l’expérience de la douleur infinie du mal qui fait mal. Mieux : il PORTE la douleur de toutes les victimes de l’injustice pécheresse et meurtrière des sociétés qui légitiment les pires moyens pour atteindre leurs fins. Raison pour laquelle Jésus se présente comme celui vers qui Alexandre peut se tourner pour qu’un chemin de vie s’ouvre néanmoins pour lui. Quitte à œuvrer désormais et jusqu’au bout en faveur de la vie, au nom du Christ miséricordieux, dans le seul élan qui puisse nous extirper du vortex du mal : l’élan de la Gratitude, l’élan de l’Eucharistie que Jésus offre librement aux pécheurs qui nous sommes tous, vous et moi.
Ce faisant, Jésus nous signifie que nous avons, redisons-le, toujours et nécessairement besoin d’un AUTRE pour sortir du vortex du mal meurtrier ; pour ne pas rester prisonnier de cette dynamique du mal qui nous tire inexorablement vers le bas dès qu’on en a franchi le sas. Et comment dès lors permettre au Christ de nous ouvrir la porte de la vie ? En Lui DEMANDANT PARDON. Ce qui n’est pas si simple que d’aucuns présomptueux le disent. Demander pardon — et non pas « s’excuser », parce qu’une fois qu’on s’est excusé, l’autre n’a plus rien à faire puisqu’on s’est soi-même dédouané… — Demander pardon donc n’est pas si simple parce que c’est RECONNAÎTRE QU’ON A FAUTÉ ; non seulement le reconnaître, mais L’AVOUER en ayant le ferme propos, comme on dit, de CHANGER DE VIE ; de vivre dans la lumière : celle de la VIE à laquelle il va s’agir, par gratitude, de se mettre au service ABSOLU, de manière NON NÉGOCIABLE !
Et là, voyez, nous sommes tous concernés. Sans aller jusqu’à l’horreur qu’a traversée Alexandre, quand je me surprends par exemple à considérer un collègue avec mépris, ou ma femme, mon mari, mes enfants, que sais-je ? Si j’ai compris le mouvement, je n’attends pas d’en être arrivé à la tentation de meurtre pour me CONFESSER. J’avoue NOMMÉMENT — je nomme la personne incriminée — ; j’avoue donc NOMMÉMENT ma faiblesse dès ses premiers signes, et je m’aperçois dès lors que le sacrement est efficace : quand je croise à nouveau la personne que j’ai nommée dans le secret du sacrement de la Miséricorde ; que j’ai présentée à Jésus comme ma victime potentielle ; quand, après cette confession donc, je la croise à nouveau, je ne la regarde plus de la même manière. Le Christ est passé par là, et je vis à nouveau de l’Esprit Saint que j’ai reçu au baptême. Au lieu de me laisser aller à donner la mort, je CHOISIS de donner la VIE, de donner MA VIE, d’aimer de CHARITÉ. Et s’ouvre alors un chemin que, seul, je ne serais jamais parvenu à envisager.
Tout ça grâce à quelques minutes consacrées à se laisser toucher par la Miséricorde et avoir entendu des mots que nul ne peut se dire à soi-même et qu’il ne suffit même pas d’imaginer que Dieu nous dise intérieurement… Nous avons BESOIN de les ENTENDRE, CHARNELLEMENT : « AU NOM DU PÈRE, DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT, JE TE PARDONNE TOUS TES PÉCHÉS ! » L’AVEU + LE PARDON : voilà l’arme contre le péché que les sociétés athées ne pourront jamais se procurer, ni se fabriquer.
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LE PARDON LIBÉRATEUR
Alors je sais bien que des magazines de psychologie encouragent aussi au pardon, mais vous savez pourquoi ? Non pas pour l’autre, non pas pour donner la vie ou sa vie, non ! Il faut pardonner, disent ces journaux, parce qu’après, « VOUS IREZ MIEUX ! » Vous ne pardonnez pas pour l’autre mais POUR VOUS ! Et là, on est au comble de la perversion : tout est ramené à MOI ;
Parlez-moi d’moi, y’a qu’ça qui m’intéresse, chantait Guy Béart — je vous mets un lien vers la chanson dans la fiche
Pour aller plus loin — C’est exactement ça ! Sauf que ce pardon-là n’est pas la Miséricorde parce qu’il est stérile, il ne donne pas la vie : il la prend au contraire ; j’utilise ce pardon et l’AUTRE comme de purs INSTRUMENTS, des MOYENS pour MOI d’aller mieux ! C’est terrifiant ! Alors ceci dit, que le fait d’être miséricordieux comme d’être dans une gratitude constante permette à notre santé d’être plus forte et à notre vie de se prolonger dans de meilleures conditions, c’est un fait qu’établissent bien des études aujourd’hui, je ne vais pas le nier. Mais ÇA N’EST PAS POUR ÇA que les chrétiens sont miséricordieux et exercent la gratitude !
Quand DIEU pardonne ; quand Il pardonne PAR LE CHRIST VIVANT, c’est-à-dire le Christ qui DONNE SA VIE, il ne nous utilise pas comme des moyens pour aller mieux ! Il nous a sauvés en nous attachant à Lui par le Baptême et Il sait mieux que n’importe qui que le combat demeure. Certes, au fil du temps, l’Occident et l’Orient chrétiens ont plus ou moins intégré les 10 commandements comme cadre et les Béatitudes comme charte de vie chrétienne ; donc les confessions sont plus subtiles aujourd’hui qu’elles ne l’étaient il y a encore un siècle. Mais attention ! On l’a vu, dans un monde oublieux du Christ comme le nôtre depuis la dernière guerre mondiale, oublieux donc des 10 commandements et des Béatitudes, le péché revient en force : adultère, on l’a dit ; mais aussi convoitise de la première femme ou du premier homme qui passe, meurtre légalisé des enfants qui ont le malheur de vouloir naître alors qu’ils ne sont pas désirés, meurtre organisé des malades qu’on considère comme incurables — ou tout simplement trop vieux — sous la bannière de la compassion… Vous vous rendez compte ? On « tue par compassion » ? Mais c’est quoi ce délire ? Je vous mets dans la fiche
Pour aller plus loin la réponse très belle d’une jeune fille atteinte de trisomie 21 à un haut fonctionnaire de l’ONU qui, sans fausse honte, prône l’OBLIGATION légale d’avorter aux femmes porteuses de tels enfants, obligation évidemment à imposer à tous les pays du globe. Or ne vous méprenez pas : la raison est uniquement financière ! L’argent seul est devenu le déterminant du “bien” et du “mal”, ce que Jean-Paul II dénonçait en parlant de la STRUCTURE DE PÉCHÉ sur laquelle s’est édifié le monde de l’après-guerre. Or dans cette structure, ce sont les forts qui s’en sortent et les plus faibles qui trinquent, du moins les plus forts en sont-ils persuadés. Sauf qu’une société qui ne se bâtit que sur la loi du plus fort est une société qui se déshumanise et creuse sa propre tombe. Dans le fond, la force des forts, c’est leur bassesse là où la force des faibles restera leur honneur resté sauf.
Là encore, voyez, est manifesté en pleine lumière la perversité qui déclare être “bien” ce qui OBJECTIVEMENT est un “mal”. Pourquoi ? Toujours pour la même raison : personne ne sait faire le mal pour le mal. Pour faire un mal, il faut TOUJOURS déterminer le bien qui tente de le légitimer fallacieusement. Alors, peut-être que je suis en train de vous choquer parce que vous êtes tellement assaillis par le martellement médiatique et commercial du moment que cette mise à mort organisée d’êtres humains vous paraît finalement être un “bien”, un dommage collatéral malgré tout “nécessaire”. Mais revenez au Christ et à ses paroles ! Revenez aux milliers de saints qui se sont distingués précisément parce qu’au nom du Christ, ils n’ont pas voulu laisser se répandre la perversité du péché dans un monde qui a tellement besoin de Miséricorde. Grâce à leur vigilance, ces milliers de saints souvent anonymes ont sauvé des millions de vies promises à l’extermination par les élites bien-pensantes.
En fait voilà le nœud. Il ne s’agit pas d’un simple débat d’idées. Si ce monde a besoin de la Miséricorde, celle-ci ne peut transparaître qu’à travers des hommes et des femmes — chrétiens en l’occurrence — qui vivent eux-mêmes de cette Miséricorde, concrètement, CHARNELLEMENT. Le chrétien ne se considère pas comme au-dessus des autres. Le premier, il se perçoit comme PÉCHEUR, conscient plus que tout autre que s’il atténue sa garde, il plongera tête baissée dans la perversité des structures de péchés. Eh bien : la CONFESSION, ou le SACREMENT DE LA MISÉRICORDE — appelez-le comme vous voulez — est l’arme très efficace offerte par l’Église pour que les chrétiens restent vigilants, et donc fidèles à la grâce reçue à leur baptême. Et pas simplement une fois par an — relisez saint François de Sales à ce sujet dans la fiche
Pour aller plus Loin de la première partie de cet entretien
. Recevoir la Miséricorde, se plonger dedans en mémoire du baptême, régulièrement — on va dire une fois par mois en moyenne, selon le process que je vous donne dans la vidéo consacrée à cette question. Et là vous sentirez la puissance de la foi, de l’espérance et de la charité agir en vous doublement : d’une part pour trouver l’énergie de combattre le mal jusqu’à la victoire ; et d’autre part pour donner la VIE au nom du Christ — pour donner VOTRE VIE au nom du Christ et découvrir, par ce DON, la JOIE à laquelle seule conduit la CHARITÉ.
Donc quand on est chrétien, c’est-à-dire appelé à être miséricordieux —
« Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36), il faut donc avant tout vivre soi-même de cette Miséricorde. Les deux mouvements sont entremêlés, ce que dit lumineusement le Notre Père :
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » ne signifie pas que DIEU nous pardonne “à la condition” que nous pardonnions, mais que le Père ne peut nous pardonner QUE SI nous TRANSMETTONS ce pardon. La Miséricorde, c’est comme la manne que les Hébreux ont reçue pour traverser le désert : ils ne pouvaient pas l’entreposer et la garder pour eux, elle pourrissait aussitôt. La Miséricorde, c’est la même chose : je ne sais que le Père me fait miséricorde que si je la transmets dans l’enfilade ! Dit autrement, si je suis moi-même miséricordieux — attention : au moment où je n’en ai pas spécialement envie, sinon c’est trop facile ! — Si donc je suis moi-même miséricordieux en tout temps, voilà le signe que la miséricorde du Père agit en moi. Voilà ce que signifie cette demande du Notre Père.
En définitive : ceux qui se confessent régulièrement doivent peu à peu devenir les plus miséricordieux de tous les hommes, les plus humbles ! Mais paradoxalement, cette miséricorde et cette humilité partagées au nom du Christ les rendent plus puissants que jamais pour faire surgir la VIE, pour faire surgir la résurrection dans un monde que seule préside la loi du plus fort — notamment avec l’argent diabolique, c’est-à-dire l’argent que, précisément, ces forts refusent de partager. L’abbé Pierre avait cette magnifique formule :
« Le contraire de la misère n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage. » Eh bien DIEU, par le Christ, nous sauve de notre misère en nous partageant la richesse de sa Miséricorde pour qu’à notre tour, en nous rendant disponibles explicitement à cette Miséricorde à travers la pratique régulière du Sacrement de confession, nous partagions à notre tour cette richesse inépuisable.
Quant à ceux qui pensent que c’est « trop facile » — on entend souvent cet argument : « Trop facile : on fait du mal et ensuite on va demander pardon ! » —, eh bien précisément : qu’ils expérimentent ce sacrement, puisque c’est « facile », et ils verront bien !
Enfin voilà. La prochaine fois, nous verrons un autre sacrement essentiel : le mariage, mais d’ici là, il me semble que vous avez déjà pas mal de grain à moudre avec votre accompagnateur.
Que le Christ Jésus vous garde en sa bénédiction.
Je vous remercie.
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