21-12-2023

[Dt] Que TOUT YiSseRâ‘éL ne fasse qu’UN SEUL CORPS !

Deuteronomy 12:5-31 par : Père Alain Dumont
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Que YiSseRâ‘éL ne célèbre désormais ses fêtes et n’offre ses sacrifices QUE dans le sanctuaire de YeROuShâLaYiM ! Quant à ceux qui habitent trop loin et qui ont besoin de manger de la viande, qu’ils ne négligent pas de faire faire l’abattage par les Fils de LéWî ! Le sang n’appartient qu’à YHWH et doit Lui être rendu en toute justice.
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Nous poursuivons notre lecture du Deutéronome en passant maintenant un peu la vitesse supérieure, puisqu’en une seule vidéo, nous allons cette fois aller jusqu’au bout de notre chapitre 12, à partir du v. 6.

Les v. 6 et 7 nous présentent la première mention des SACRIFICES dans le Deutéronome ; et là, on voit assez nettement la différence avec l’autre grande école de rédaction de la TORâH : l’école SACERDOTALE. On a deux traditions majeures qui président à la rédaction de la TORâH : l’école DEUTÉRONOMISTE d’une part qui s’appuie essentiellement sur la tradition des sanctuaires du Nord ; et l’école SACERDOTALE qui s’appuie essentiellement, elle, sur la tradition des prêtres de YeROuShâLaYiM. Aussi distinctes qu’elles soient, chacune à sa manière se donne pour but de donner à YiSseRâ’éL les moyens de durer dans l’histoire.

Pour se faire une idée : en gros, pour l’école SACERDOTALE, si les sacrifices sont bien ordonnés, ils témoignent par eux-mêmes de l’ENTRE-DEUX, de l’ALLIANCE qui attache YHWH à son peuple. Cela seul suffit pour qu’en toute justice, au moment venu, la paix soit accordée par YHWH à son peuple — pour ceux qui pratiquent Freud, c’est pour ainsi dire le côté “névrose obsessionnelle” de la rédaction de la TORâH.

Pour l’école DEUTÉRONOMISTE en revanche, c’est l’inverse : la justice de YHWH a partie liée avec son amour pour son peuple. Souvenons-nous : « YHWH s’est épris de toi… » au ch. 7 par exemple. « C’est parce que HWH vous aime et qu’Il garde le serment juré à vos pères que YHWH vous a fait sortir à main forte et qu’il t’a libéré de la Maison des esclaves, de la main de PaRe“oH, roi de MiTseRaYîM » (Dt 7,7.8). Au point que c’est cet amour de YHWH pour son peuple qui préside qui donne leur sens aux sacrifices du Temple : pour les scribes deutéronomistes, ces sacrifices sont la RÉPONSE de YiSseRâ’éL à l’amour premier de YHWH qui se présente comme sa BÉNÉDICTION . Et en langage freudien, on pourrait parler du côté “névrose hystérique” de la rédaction de la TORâH.

Alors attention : utiliser des catégories freudiennes n’est qu’une manière de mieux mettre en lumière la distinction entre ces deux écoles de scribes. En résumé : l’obsessionnel, c’est celui qui dit : « Faisons ce qu’il y a à faire, observons le process et le fruit viendra nécessairement par après. » ; l’hystérique, lui, voit les choses différemment : « Faisons les choses par amour et avec joie, et ce qui doit être fait le sera ! »

Aucun jugement ici : les névroses ne sont pas en elles-mêmes des pathologies. Vous et moi oscillons tous plus ou moins entre ces deux névroses qui ont toutes les deux leurs richesses et leurs limites pour nous permettre d’interpréter nos existences. Il s’agit là encore d’un ENTRE-DEUX qui, dans le cadre de la TORâH, tient sa place de garde-fous : il empêche l’une comme l’autre école de dire : « C’est moi seule qui ai raison ! » Ces deux pôles “névrotiques” sont en fait nécessaires pour ne pas transformer la TORâH en idéologie, et YHWH en idole ! Par ailleurs, l’identification de ces deux tendances névrotiques dans l’une et l’autre école de rédaction de la Bible, permet de mieux gérer les contradictions d’un précepte à l’autre dans l’ensemble de la TORâH. Et puis, ça nous permet de voir combien l’inspiration divine est subtile, toujours profondément incarnée, jusqu’à savoir jouer avec les névroses humaines. Pour ceux qui font un peu de théologie, ça s’appelle le jeu — l’ENTRE-DEUX entre la Nature et la Grâce.

Alors pour vous faire sentir cette différence, lisons un texte du Lévitique à propos de la Montée — la “oLâH, עֹלָה, ou l’holocauste si vous préférez : « Parle aux Fils de YiSseRâ‘éL. tu leur diras : Quand l’un de vous offrira une offrande à YHWH, si c’est du bétail, ce sera du gros et du petit bétail que vous offrirez en offrande. Si son offrande est une Montée de gros bétail, il offrira un mâle sans défaut ; il l’offrira à l’entrée de la Tente du Rendez-Vous pour qu’il soit agréé face à YHWH. Il appuiera sa main sur la tête de la victime afin qu’elle soit agréée en sa faveur pour lui servir d’expiation. Il immolera le taureau face à YHWH et les fils de ‘AHaRoN, les prêtres, offriront le sang ; ils aspergeront de ce sang, tout autour, l’autel qui est à l’entrée de la Tente du Rendez-Vous. Il écorchera la victime et la dépècera par quartiers. Les Fils de ‘AHaRoN, les prêtres — Voyez : on insiste bien sur le rôle essentiel des prêtres — placeront du feu sur l’autel et disposeront du bois sur le feu… » (Lv 1,2-7), etc. -

Maintenant écoutons l’école deutéronomiste dans notre chapitre, sur le même sujet : « Vous amènerez ici — c’est-à-dire dans le lieu choisi par YHWH — vos Montées — vos holocaustes — et vos sacrifices, vos dîmes et ce que votre main aura prélevé, vos offrandes votives et vos offrandes volontaires, les premiers-nés de votre gros et de votre petit bétail. Ici, vous mangerez devant YHWH, votre ÈLoHîM ; vous vous réjouirez, vous et vos maisonnées, de tout ce qu’aura acquis votre main, ce dont t’aura béni YHWH, ton ‘ÈLoHîM ! » (Dt 12, 6-7).

Vous entendez ? L'atmosphère est complètement différente entre la rédaction sacerdotale qui s’attache aux process ; et la rédaction deutéronomiste pour laquelle il est d’abord question de gratitude et de joie. On a vraiment d’un côté un discours à tendance obsessionnelle marquée : « Voilà ce qu’il faut faire pour obtenir la justice ! » ; et de l’autre une tendance hystérique : « C’est dans la joie et les chants qu’il faut répondre à l’amour premier de YHWH pour son peuple ! »…

Alors maintenant, si on se souvient que la rédaction de la TORâH commence avec nos versets sous l’égide deutéronomiste — on est au viie siècle sous le roi H.iZeQiYYâHOu / Ézéchias —, on comprend bien que la question essentielle est moins celle des rituels sacrificiels en eux-mêmes que celle du LIEU où les offrir ; et de l’ESPRIT dans lequel les offrir. Jusqu’à ce que les Assyriens ne fondent sur le Royaume de YiSseRâ‘éL, au Nord, les tribus n’étaient pas encore unies ! Chaque clan vivait sa vénération de YHWH selon ses propres traditions. Or c’est précisément cet éclatement qu’il ne faut pas reproduire alors que TOUT YiSseRâ‘éL est désormais regroupé autour de YeROuShâLaYiM ! Pour les scribes deutéronomistes, à partir de maintenant, chaque clan de TOUT YiSseRâ’éL est appelé à offrir ses sacrifices de manière UNIFIÉE AVEC TOUS LES AUTRES. D’où la mise en exergue du LIEU UNIQUE, c’est-à-dire YeROuShâLaYiM. De cette manière-là, et pour toutes les générations à venir, le peuple échappera à la parcellisation, au dispersement qui était la norme jusqu’au viie siècle. Sans quoi, si après le déferlement assyrien qui a eu pour effet inattendu le rassemblement de TOUT YiSseRâ‘éL autour de YeROuShâLaYiM ; si donc après cet événement, chaque clan reste recroquevillé sur sa seule tradition, sur son petit clocher, l’éclatement de YiSseRâ’éL sera désormais définitif et lui sera fatal –

Vraiment, pour l’école deutéronomiste, l’idée maîtresse, c’est l’UNITÉ DU PEUPLE qui se révèle comme la condition première de sa liberté. C’est parce que le peuple est UN ; c’est parce qu’il travaille cette unité par la célébration de ses fêtes comme un seul CORPS et dans un même LIEU, qu’il pourra répondre à l’appel de YHWH à vivre avec Lui dans l’Alliance, dans l’ENTRE-DEUX comme la source, génération après génération, de la BÉNÉDICTION offerte à TOUT YiSseRâ‘éL.

Et si le scribe positionne savamment cette problématique de l’UNITÉ de TOUT YiSseRâ‘éL très en amont, dès l’époque de Moïse, c’est pour montrer qu’elle fait partie du projet de YHWH depuis le tout début, DÈS LA PREMIÈRE GÉNÉRATION ; et même dès les patriarches dont la saga montre précisément le lien charnel, filial et fraternel qui unit tous les clans adorateurs de YHWH, comme les membres d’un seul CORPS.

On a donc dans ce rassemblement du peuple dans CE LIEU-CI une véritable RESSOURCE qui constitue l’HÉRITAGE de YHWH en faveur du peuple qu’Il a élu. Maintenant, RECEVOIR l’héritage ne consiste pas uniquement à bénéficier de YeROuShâLaYiM par simple effet du droit. Comme le disent très bien les v. 9 à 12, YeROuShâLaYiM, il faut CONSTAMMENT la CHERCHER, génération après génération, comme le LIEU de la rencontre avec YHWH où se façonne le CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL. De ce point de vue, l’appel : « L’an prochain à  YeROuShâLaYiM ! », LeShâNâ HaBâ‘âH BiYeROuShâLaYiM , לְשָׁנָה הַבָּאָה בִּירוּשָׁלַיִם lancé à SouKOT n’a rien d’anodin ! C’est ça, la marque de TOUT YiSseRâ‘éL ; la marque du peuple Juif. Oublier cette quête, c’est perdre son âme, et c’est perdre l’âme de TOUT YiSseRâ‘éL ; c’est le rabaisser au rang des nations ; c’est entrer dans le jeu de leurs compétitions pour le pouvoir avec le risque d’être chassé de son SOL par les plus puissantes d’entre elles ! L’Exil à Babylone en sera la douloureuse démonstration.

Alors là encore : il ne s’agit pas de CHERCHER ce LIEU pour y demeurer sous cloche ! Il s’agit de le chercher en priorité pour ne jamais oublier le fondement CHARNEL que ce LIEU constitue, où le peuple se ressource en son UNITÉ ; se perçoit comme UN SEUL CORPS pour pouvoir, fort de cette BÉNÉDICTION, repartir pour témoigner au milieu des nations de l’appel à l’ÉLÉVATION lancé par YHWH à toute la Création. Voilà : il est là le REPOS promis par YHWH : dans la conscience de ne faire qu’UN, d’être BÉNI en se sentant charnellement appartenir à ce CORPS dont YHWH s’est épris et qui, du cœur de cet ENTRE-DEUX, l’attire à Lui.

Or les chrétiens ne s’inscrivent pas dans une autre recherche : « Recherchez d’abord le Règne et la justice de YHWH — c’est-à-dire recherchez là où YHWH vous donne rendez-vous ; recherchez son Sanctuaire unique, à savoir le Christ — ; et le reste vous sera donné en plus. » (Mt 6,33). Pour les chrétiens, Jésus en sa personne, est LE sanctuaire où le CORPS de l’Église trouve son UNITÉ et son REPOS. C’est ça, l’appel chrétien : rassemblons-nous autour de ce sacrifice de paix et de miséricorde agréé par le Père ; goûtons à la joie d’appartenir à ce CORPS qu’est l’Église et dont le Christ est le fondement ! Et par là, goûtons le REPOS promis à l’Église pour relayer l’appel du Christ dans le monde : « Venez à Moi, vous qui peinez et levez un fardeau pesant — c’est-à-dire l’interprétation laborieuse de la TORâH associée à une jurisprudence pharisienne inaccessible pour des gens normaux — ; et Moi, Je vous donnerai le REPOS. Levez sur vous Mon joug — adoptez MON interprétation de la TORâH — et apprenez de Moi que Je suis doux et humble de cœur et vous trouverez LE REPOS pour vos âmes, car Mon joug — c’est-à-dire mon interprétation de la TORâH — est un baume bienfaisant — là je me base sur l’araméen — et Mon fardeau est léger. » (Mt 11,29). Or voyez : Jésus ne peut affirmer cela QUE dans la dynamique de la RECHERCHE du LIEU DE REPOS qui appartient à la TORâH. Cette recherche fait partie de l’âme juive sur laquelle, nous chrétiens, restons greffés à jamais ; quand bien même Jésus infléchit cette recherche sur sa propre personne en tant qu’il est le SANCTUAIRE ou se reçoit le REPOS promis ; dans la conscience de ne faire qu’UN, d’être BÉNI en se sentant charnellement appartenir à ce CORPS que YHWH attire à Lui dans l’amour.

Alors on l’a compris : parlant ici de REPOS, le v. 9 ne parle pas de l’interdit de travailler le jour de ShâBaT. MeNOuH.âH, מְנוּחָה, c’est le REPOS au sens de la tranquillité qui émane de ce sentiment d’appartenir à un CORPS contre lequel les ennemis ne pourront jamais rien ! Le sentiment d’être intérieurement dans la PAIX, et donc pleinement LIBRE, dans ce CORPS. C’est dans cette ligne que Jésus pourra dire : « Je vous laisse la paix, Je vous donne Ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. » (Jn 14,27) ; et c’est dans cette ligne que les chrétiens échangent la paix dans les traditions eucharistiques les plus vénérables. Ce signe est celui du REPOS donné par le Christ à ses disciples qui se savent frères et sœurs, unis en Christ au point d’appartenir à une seule et même famille et de ne former qu’un seul CORPS qui est l’Église.

Pour résumer : offrir un sacrifice, et notamment une MONTÉE, dans l’UNIQUE LIEU élu par YHWH, c’est s’amarrer à un point d’appui essentiel à partir duquel se déploie en chaque membre cette faculté de tisser les ENTRE-DEUX qui permettent à TOUT YiSseRâ‘éL d’interpréter son existence, encore une fois comme un seul CORPS, toutes générations confondues. Grâce au récit qui tisse ces LIENS de père en Fils et de frère à frère ; grâce à ce récit qui ENGENDRE le CORPS, voilà que l’énergie vitale est cadrée et qu’elle peut faire surgir la vie partout où la mort se fait menaçante ! C’est l’exultation de Paul : « Ô Mort, où est ta victoire ? Où est ton aiguillon ? » (1Co 15,55). Alors que sans ce récit, sans cette conscience d’appartenir à un seul CORPS, cette même énergie est laissée à elle-même, sans appuis, sans lieu de repos ; elle devient anarchique et reste vouée à tous les débordements de violence mortifères !

Bien. Ceci dit, revenons au texte. Notons que le v. 12 reprend dans le même sens le v. 7 : « Vous vous réjouirez en face de YHWH, votre ‘ÈLoHîM ! » (Dt 12,12). Toujours cette pâte hystérique qu’on ne voit jamais dans aucune écriture des scribes sacerdotaux. On a donc dans ces versets un appel à la joie associée à la promesse du REPOS que vont développer les v. 13 à 19 ; en appelant du coup  à offrir des sacrifices honnêtes, marqués par la gratitude.

On retrouve par ailleurs dans ces versets les principes de l’UNITÉ du lieu de culte qui compose vraiment le gros du chapitre, sous l’angle de la problématique singulière de l’ABATTAGE : « Selon tout désir de ton âme, abats et mange de la viande en toutes tes Portes selon la bénédiction que YHWH, ton ‘ÈLoHîM te donne. » (Dt 12,15). Que veut dire : « selon tout désir de ton âme » ?

Le substantif ‘aWWâH, אַוָּה, — du verbe ‘âWâH, אָוָה, désirer —, ce n’est pas la convoitise. C’est le désir pulsionnel irrépressible — la pulsion de faim en l’occurrence. Autrement dit, puisque ta pulsion te porte vers la viande, alors mange. Mais, que tu sois pur ou non, souviens-toi que le sang appartient  exclusivement à YHWH. Donc lui, ne le mange pas : à défaut de le verser sur l’autel — soit que tu sois à la chasse, par exemple ; ou tout simplement trop loin du sanctuaire —, tu le rends à la terre — manière symbolique de le rendre à YHWH à qui toute la terre appartient.

Ceci dit, ajoute le v. 19 : quand bien même cet abattage ne constitue pas une offrande, « Garde-toi de négliger le Lévite tous les jours, sur ta terre. » (Dt 12,19). Alors à nouveau, revenons à l’histoire : avant le déferlement assyrien au viiie siècle, les Fils de LéWî étaient tous prêtres, attachés à la vie des sanctuaires répartis un peu partout sur le territoire ; ils n’avaient donc pas d’activité d’agriculteur, ni de chasseur puisque leurs revenus venaient de leur activité cultuelle. Mais ils étaient à n’en point douter de véritables professionnels de l’abattage ; ils exerçaient la fonction de ShOH.éT, שׁוֹחֵט,c’est-à-dire de boucher, au sens noble du terme.

Mais voilà que les Assyriens, obligeant les Fils de LéWî à se réfugier, avec tous les clans voués à YHWH, sous la protection du roi de YeROuShâLaYiM ! Eux aussi ont dû migrer ; ils ont dû abandonner les hauts-lieux dont ils étaient les prêtres ! Mais voilà que ceux de YeROuShâLaYiM leur disent : attention ! Vous étiez peut-être prêtres dans vos sanctuaires, mais ici, à YeROuShâLaYiM, c’est terminé ! Seul subsiste YeROuShâLaYiM comme le seul sanctuaire agréé ; donc il NOUS a choisis, nous, les Fils de LéWî attachés à CE sanctuaire, comme le SEUL SACERDOCE agréé ! C’est à partir du là qu’on va, avec le temps, développer tout une tradition autour de la descendance de ‘AHaRoN pour légitimer cette position. Mais quoi qu’il en soit, du coup, les Fils de LéWî qui ne sont pas attachés au Sanctuaire central, vivent de rien ; si ce n’est de leur compétence de ShoH.éT, de bouchers habilités à abattre rituellement les animaux, fut-ce hors du Sanctuaire de YeROuShâLaYiM. De sorte qu’il me semble que l’injonction du v. 19 vise précisément le fait que pour un abattage hors YeROuShâLaYiM, il faut faire appel à leur compétence et ne pas s’improviser trop vite boucher. Ne serait-ce que pour répandre correctement le sang, et sans atteindre à la dignité de l’animal : « Garde-toi de négliger le Lévite ! ».

Alors les v. 20 à 28 vont renforcer la prescription des v. 15-16 dans cette ligne, en les plaçant dans le cadre des bénédictions conditionnelles de l’Alliance tellement essentielle pour l’auteur deutéronomiste : « Garde et écoute toutes ces paroles que Je te commande aujourd’hui, pour ton bien et celui de tes fils après toi à jamais. » (Dt 12,28). Les mesures de ces versets sont très pratiques, mais elles n’en sont pas moins divines au sens où l’homme s’élève à mesure qu’il sait discerner la dimension sacrée inhérente à chacun de ses actes. Manière de dire que l’élection des Fils de YiSseRâ’éL ne fait pas d’eux des êtres “divin” au sens où ils pourraient s’autoriser d’eux-mêmes à tuer un animal n'importe comment sous le seul prétexte qu’il en aurait la pulsion ! C’est une manière de se distinguer des nations ! Cette discipline de l’abattage opérée sous le regard de YHWH dit clairement, en substance : « Si tu dois suivre le désir pulsionnel de ton âme, que ce ne soit pas en t’instituant pour toi-même ton propre maître ; que ce ne soit pas en te détachant du CORPS dont tu es le membre ! Si tu abats un animal, ne néglige pas le Fils de LéWî ! Fais-le dans le cadre de la TORâH du CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL. Alors tu seras béni. En revanche, si tu t’extrais de la TORâH, si tu méprises le Corps dont tu es un membre ; si tu considères que tu peux faire tout ce que t’inspire ta pulsion sous prétexte que tu es seul dépositaire de ta vie, alors ta pulsion l’emportera sur toi — là, il faut aller relire le récit de QaYîN et HâVèL —. Et là, ton choix te portera — et TOUT YiSseRâ‘éL avec toi — à vivre l’expérience douloureuse de la malédiction ! »

Alors le chapitre se conclut avec les v. 29 à 31. En reprenant le thème des v. 1 à 3, ils posent une inclusion littéraire explicite qui délimite bien le cadre du chapitre. Mais surtout, ces derniers versets signent le ch. 12 en  interdisant toute compromission avec les pratiques païennes mal régulées qui conduisent — là c’est l’abomination de l’abomination — à sacrifier au Bâ“aL jusqu’aux enfants !

Voilà pour ce ch. 12 qui, je vous le rappelle, contient parmi les lignes les plus anciennes de la TORâH écrite. Je vous en souhaite une bonne lecture. Nous verrons la suite la prochaine fois.

Ceci dit, merci de penser à nous aider pour poursuivre cette découverte de la TORâH ! Tout ça demande un investissement conséquent : écrire les scénarios, les enregistrer, faire les montages, les mettre en ligne, etc. Sans oublier les lectures que ça demande, parfois de livres assez techniques qui coûtent cher du fait de leur édition en petit nombre, destinée aux universitaires… Tout ça au milieu de ma tâche de curé…

Bref, vous l’avez compris : si les vidéos sont gratuites, et si je vous offre bien volontiers mon temps et mes modestes compétences, elles n’en ont pas moins un coût matériel. L’association Va vers toi est accréditée à fournir des reçus fiscaux pour ceux que ça intéresse : vous faites un don, mettons, de 300 €, et cela ne vous coûte en réalité que 100 € dans la mesure où vous dégrevez 200 € de vos impôts, si vous en payez évidemment. Enfin bref, c’est en bas à gauche de la page d’accueil.

Je vous remercie.
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