15-03-2025

[Dt] Passer de la Mort à la vie 3/12)

Deuteronomy 13:0 par : Père Alain Dumont
Si vous pensez pouvoir nous aider financièrement : https://www.bible-tutoriel.com/index.php?option=com_content&view=article&id=30&Itemid=228

Passer de la Mort à la Vie, du Potentiel au Réel… Tout un combat appelé par la TORâH, que saint Paul, Apôtre du Christ Jésus, met en lumière à chaque ligne de ses lettres.
Transcription du texte de la vidéo 
Tous droits réservés.
Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
______________________________________________________________

Bonjour,

Nous avons vu dans la dernière vidéo en quoi consistait, l’âme de la TORâH, à savoir passer du POTENTIEL au RÉEL ; PASSER de la Mort à la VIE. Vraiment, pour la TORâH, la mort n’est définitivement pas ce qui vient briser la vie, mais bien ce POTENTIEL d’une richesse infinie ; qui, si tu en sors pour advenir au RÉEL t’ouvre à la VIE ; mais qui, si tu y restes, devient ton tombeau… Encore et toujours, c’est Dt 30.

Insistons : le POTENTIEL n’est en aucune manière du néant, puisqu’il ne peut pas y avoir de RÉEL possible sans ce POTENTIEL ! C’est un germe, une graine. C’est ce que le 1er ch. de la Genèse nomme un ToHOu WâVoHOu,

 וָבֹ֔הוּ תֹ֙הוּ֙ ,un tohu-bohu, c’est-à-dire ce qui est encore informe et vide, mais plein de promesses néanmoins… Donc le OTENTIEL, ça n’est pas « rien ».

Maintenant, il est non moins vrai que ce qui est POTENTIEL n’advient pas “mécaniquement” au RÉEL. Ce passage est l’objet d’un DÉFI lancé à toute la création, et en particulier à ‘ÂDâM ; un DÉFI qui consiste à abandonner volontairement la jouissance illusoire du pur POTENTIEL, pour goûter à la jouissance RÉELLE que promet ce POTENTIEL ; la jouissance du VIVANT ; la jouissance de ce qui est véritablement PARLANT !

Quelques exemples pour être concret : passer son temps sur les écrans, c’est apparemment jouissif, mais pendant ce temps, rien de mon POTENTIEL ne s’oriente vers la VIE… Il est tout entier orienté sur MOI ! La paresse : ne faire que ce dont j’ai envie, c’est jouissif ! Sauf que mon POTENTIEL n’est tourné encore une fois que vers MOI et mon plaisir !

On pourrait multiplier les exemples, mais quel qu’il soit, refuser le DÉFI, refuser de passer au RÉEL, ne se délecter que du POTENTIEL reste une jouissance morbide ; une pure satisfaction de convoitises, un ENFER-mement sur soi qui retient dans le POTENTIEL et cherche à nous avaler à la manière de sables mouvants.

Maintenant, qu’est-ce qui motive un tel refus de PASSER du POTENTIEL au RÉEL ? Tout simplement la peur, nous dit la TORâH… La peur, non pas tant de mourir que de VIVRE ! Parce que VIVRE, c’est un COMBAT, c’est une LUTTE ; une AGONIE qui consiste à se dégager librement, volontairement du POTENTIEL qui est en nous, faute de quoi, aussi luxuriant en promesses qu’il soit, ce POTENTIEL nous engloutit dans le vide et dans le mutisme, et nous transforme en sépulcre !

Ce n’est pas pour rien que le substantif HÉBREU, “iVeRî, עִבְרִי, procède de la racine “âVaR, עָבַר, qui signifie : PASSER ! En vérité, l’HÉBREU, c’est « celui qui PASSE » ; un PASSAGE qui est inscrit au plus intime de sa chair ; une chair marquée par l’ENTRE-DEUX avec YHWH qui dès lors la fait PASSER de la MORT à la VIE ! Le plus prégnant de ce point de vue est sans doute el récit de la sortie de MiTseRaYîM ; mais les scribes deutéronomistes inscrivent cette dynamique encore plus en amont, à la RACINE première, à la RACINE PATRIARCALE de ce peuple, à travers la figure de Ya”aQoV-YiSseRâ‘éL.

Pour encore se convaincre du primat que constitue cette trajectoire ascensionnelle, de cette trajectoire de Salut, on va à nouveau écouter les rabbins. On se souvient de la question que pose Pilate à Jésus : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18,38). Eh bien la VÉRITÉ que manifeste Jésus, c’est précisément le PASSAGE de la MORT à la VIE. C’est la réalisation du POTENTIEL de VIE inscrit par ‘ÈLoHîM en ‘ÂDâM depuis la fondation du monde, et qui fait que ‘ÂDâM est créé à l’image et à la ressemblance de ‘ÈLoHîM !

Prenons précisément le mot VÉRITÉ. En hébreu, ça se dit : ‘èMèT, אֱמֶת. Ce mot est composé de trois lettres : ‘ALèPh, א, la première lettre de l’alphabet ; MèM, מ, la lettre médiane ; et TaV, ת, la dernière lettre de l’alphabet. D’une part, ‘ALèPh représente en quelque sorte un concentré de POTENTIEL prêt à déployer à l’infini les promesses dont il est le gage ; alors qu’à l’opposé, le TaV représente le POTENTIEL réalisé, c’est-à-dire le RÉEL. Donc, disent les rabbins, si la VÉRITÉ de l’existence consiste à PASSER du POTENTIEL au RÉEL, alors on peut dire qu’elle consiste à passer du ‘AlèPh au TaV, en PASSANT par le MèM qui représente le point d’équilibre de l’alphabet.

Maintenant, si l’individu refuse de PASSER au RÉEL, ça signifie qu’il ne cherche pas à atteindre le TaV ! Il se contente donc des deux premières lettres que sont ‘ALèPh – MèM, qui composent le mot : MÈRE, ‘éM, אֵם. On comprend par là qu’il reste dans le giron de sa mère, voire au stade fœtal initial, c’est-à-dire au stade de pur POTENTIEL. Et on sait tous à quoi mène le fait de vouloir rester au stade fœtal : à la mort prématurée, encore et toujours.

Si à l’inverse, cet homme ne vit que dans le monde matériel ; s’il se contente de CONSOMMER sans se préoccuper de rendre VIVANT ce matériel par la dynamique du PASSAGE, il nie qu’il a reçu un POTENTIEL, ce qui signifie symboliquement qu’il efface le ‘ALèPh. Il ne vit que sur les deux lettres MèM et Tav qui composent le mot MéT, מֵת, c’est-à-dire la MORT ; la MORT qui guette infailliblement le monde qui se prétend purement matériel…

En revanche, celui qui consent à PASSER du POTENTIEL au RÉEL, lui, échappe à la mort parce qu’il vit dans la VÉRITÉ, il PASSE de la MORT à la VIE. C’est ce qui fera dire à Jésus : « Amen, amen — le mot Amen vient précisément de la racine ‘ÉMèT, la VÉRITÉ —, Je vous parle ainsi : si quelqu’un écoute Ma parole et qui a foi en Celui qui m'a envoyé, il a la vie éternelle ; il ne vient pas jusque dans un jugement — celui du trépas —, mais il est — déjà — passé de la mort à la vie. » (Jn 5,24).

Ou encore, un peu plus loin dans le même évangile : « Je suis le chemin — le PASSAGE —, la ‘ÉMèT,  la vérité — qui fait advenir — la vie — et donc le RÉEL —» (Jn 14,6).

Alors approfondissons précisément un peu ce point pour découvrir que le rapport entre l’Ancien et le Nouveau Testament tient entièrement dans cette dynamique du PASSAGE, en Christ, de la MORT à la VIE.

-

5c. PASSER du Premier au Second Testament

En ce qui concerne le Nouveau Testament, c’est chez saint Paul que la LUTTE avec YHWH est la plus explicite lorsqu’il s’agit de PASSER avec le Christ de la MORT à la VIE, dans le droit fil de la TORâH dont les Évangiles ne sont, dans le fond, qu’un commentaire. Pas n’importe lequel, je vous l’accorde.

Tout d’abord, rapide rappel du contexte historique : Saint Paul est juif. Son nom juif est Shâ‘OuL, שָׁאוּל : il est donc de la tribu de BiNeYâMiN, comme le roi du même nom 1000 ans plus  tôt, le prédécesseur de David.  Shâ‘OuL se présente lui-même comme « Pharisien, fils de Pharisien ». Rappelons-nous que se reconnaître comme « fils » ne désigne pas tant la lignée génitale que l’ENGENDREMENT SPIRITUEL. Le « FILS » est avant tout le DISCIPLE qui, par l’intermédiaire d’un maître qu’il dénomme son « père », consent à recevoir l’HÉRITAGE de YHWH, à le faire fructifier à sa manière et à le transmettre à ceux qu’il reconnaît  comme « fils ».

En ce sens, celui dont Paul se reçoit comme « fils » n’est autre que le RaBaN GaMeLî‘éL HaZZâQéN, רַבַּן גַּמְלִיאֵל הַזָּקֵן, RaBi Gamaliel l’Ancien, contemporain de Jésus. GaMeLî‘éL était un enseignant renommé de la TORâH, autant que NiQeDaYMON, נִקְדַימון, Nicodème. L’un et l’autre étaient reconnus de leur vivant comme des hommes JUSTES ; par ailleurs, aucun des deux ne suivra les décisions du Sanhédrin en ce qui concerne Jésus. GaMeLî‘éL sera même d’une clairvoyance prophétique concernant la pérennité de l’Église :

« Se redressant alors, quelqu’un dans le Sanhédrine, un pharisien du nom de GaMeLî‘éL, un enseignant de la TORâH reconnu de valeur par tout le peuple, ordonna de faire sortir [les apôtres] un instant. Et il leur parla ainsi :

“Hommes Israélites, portez votre attachement sur ces individus. Que vous apprêtez-vous à commettre ? Avant ces jours-ci s’est levé Theudas, se disant être quelqu’un et à qui se sont ralliés environ quatre cents individus ; il s’est fait supprimer et tous ceux qui s’étaient laissés persuader se sont séparés de lui ; ils ne sont parvenus à rien. Après lui, aux jours du recensement, s’est levé YeHOuDâH le Galiléen qui a attiré le peuple derrière lui. Celui-là est allé à sa perte et tous ceux qui s’étaient laissés persuader ont été dispersés. Et maintenant, je vous parle ainsi : tenez-vous éloignés de ces individus et laissez-les. Car si ce dessein ou cette œuvre vient des individus, elle sera renversée. Mais si elle vient de ‘ÈLoHîM, vous n’aurez pas la puissance de les renverser. Aussi ne vous trouvez pas en querelle contre ‘ÈLoHîM.” Ils se laissèrent convaincre par lui. Ayant rappelé les Apôtres et les ayant fait rosser, ils leur ont enjoint de ne pas se référer au nom de Jésus, puis ils les ont relâchés. Loin de la comparution devant le Sanhédrine, ceux-ci se réjouissaient d’avoir été trouvés dignes d’être outragés pour le nom de Jésus. Aussi bien, tous les jours dans le Temple et à la maison, ils ne cessaient pas, enseignant et portant l’Évangile du Christ Jésus. » (Ac 5,34-42). Voilà pour le RaBaN GaMeLî‘éL, le « père » de Shâ‘OuL.

-

Maintenant, concernant la conversion de Shâ‘OuL, quels changements a-t-elle produit ? Il suffit de l’écouter :

« Circoncis le huitième jour, de la souche de YiSseRâ‘éL, de la tribu de BiNeYâMiN, Hébreu [fils] d’Hébreux — dans le style “homme du PASSAGE”, on peut difficilement faire mieux ! —. Quant à la TORâH : pharisien ; quant au zèle :      persécuteur de l’Église ; quant à la justice qui est dans la TORâH : irréprochable. Mais ces choses, qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées, à cause du Christ, comme une perte — écoutez bien : Paul ne dit pas qu’il a abandonné la TORâH ! Il dit qu’à la lumière du Christ Jésus, il découvre que ce patrimoine qui motivait sa ferveur n’était pas encore ce RÉEL auquel il aspirait. Alors certes, la TORâH montre le PASSAGE du POTENTIEL au RÉEL et convoque à s’y engager ; mais en elle-même, Paul saisit qu’Elle n’est pas le chemin.

Pour comprendre, il suffit de s’appuyer sur la racine du substantif TORâH, תּוֹרָה : à savoir le verbe YâRâH, יָרָה, qui, au Hiphil, הוֺרָה, signifie : MONTRER, INDIQUER, et par là INSTRUIRE. Donc la TORâH est bien l’INSTRUCTION qui MONTRE le chemin, ce qui est particulièrement explicite en Dt 30.

Maintenant, si la TORâH n’est pas en elle-même le chemin qui mène à la plénitude de la VIE, elle reste néanmoins bel et bien un échelon indéfectible de la dynamique du PASSAGE qui mène au Christ qui, lui, est « le chemin, la vérité et la vie ». Quand on y fait attention, il est impressionnant de voir à quel point saint Paul et saint Jean tiennent le même azimut !

Ceci dit, JAMAIS Paul ne dira que la TORâH est obsolète ! Et surtout pas en Hé 8,13 qui ne concerne pas l’Alliance en tant que telle, mais le sacerdoce qui lui est lié, au regard du sacerdoce plus grand du Christ qui, lui, est nouveau ! Partout on traduit : « En parlant d’Alliance Nouvelle, il rend vieille la première ; or ce qui est vieux et vétuste est près de disparaître. » (Hb 8,13). Sauf que le mot ALLIANCE n’est pas dans le texte, et pour cause ! Ce sont les traductions qui le rajoutent par commodité de sens. Alors ce n’est pas complètement faux, mais dit comme ça, ça porte carrément à caution !

Littéralement, le texte dit : « En parlant de “neuf”, il — c’est-à-dire le prophète YiReMeYaHOu dont l’auteur de l’épître aux Hébreux reprend le ch. 31,31-34 ; un texte-clef s’il en est ! « En parlant de neuf », donc — il a rendu vieux le premier — le premier sacerdoce ! — ; or ce qui est vieux et vétuste est proche de la disparition ! » Tous les ch. 7 à 9 ne parlent que du Grand Prêtre qu’est le Christ, selon l’ordre du Roi MaLeKhiTsèDèQ ! Ce qui disparaît n’est donc pas l’Alliance scellée avec Moïse, mais le sacerdoce POTENTIEL sur lequel elle s’appuie. L’auteur de l’épître aux Hébreux affirme donc que c’est le Christ Jésus qui fait passer la Première ALLIANCE, POTENTIELLE, au RÉEL. Mais si, par malheur, cette première Alliance disparaissait, la seconde s’évaporerait ipso facto ! Bref.

Toujours est-il que, à la lumière de sa rencontre avec le Christ, Paul interprète la TORâH sous une autre lumière. Il L’aime toujours, mais désormais comme cet échelon incontournable qu’il désignera dans l’épître aux Galates du nom de « PÉDAGOGUE »  qui conduit au MâShîaH., au Christ ; ce qui, au demeurant, est vrai en soi, dans la mesure où, en tant que PÉDAGOGUE, la TORâH motive jusqu’à aujourd’hui encore l’espérance messianique de tout Juif. En revanche, ce qui est nouveau pour Paul, c’est que la TORâH conduit à CE Christ ; à CE Grand-Prêtre d’un nouvel ordre qu’est Jésus ressuscité, et là évidemment, ça coince pour les Rabbins.

Disons les choses autrement : en bon Pharisien, Shâ‘OuL interprétait la TORâH à la fois écrite — la TORâH SheViKheTaW, תּוֹרָה שֶׁבִּכְתָב — et orale — la TORâH SheBè“âL PèH, תּוֹרָה שֶׁבְּעַל־פֶּה — comme le reflet indépassable de la TORâH éternelle et incréée qui demeure à jamais, selon la tradition pharisienne, auprès de YHWH.

C’est cette interprétation-là que « perd » Paul, mais pas la TORâH en elle-même qu’il RETROUVE tout au contraire RENOUVELÉE à la LUMIÈRE de VIE qu’il reçoit désormais du Christ Jésus : — Mais vraiment, je considère que tout est une perte en raison de la souveraineté de la connaissance de Jésus Christ, mon Seigneur. C’est en raison de Lui que, toutes ces choses — le fait que je sois Hébreu, Pharisien, zélé défenseur de la TORâH et de la justice de YHWH —, j’ai voulu les perdre et les considérer comme des rebuts, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en Lui, non pas avec ma propre justice issue de la TORâH, mais avec la justice qui advient de par la foi en Christ ; la justice issue de YHWH, une justice de par la foi afin de Le connaître, Lui et la puissance de Sa résurrection et la communion à ses souffrances ; étant conformé à son trépas pour si possible parvenir à la résurrection d’entre les morts. Non que j’aie déjà obtenu [cette justice] ou que j’aie déjà été mené à la perfection, mais c’est cela que je poursuis si je parviens à m’en saisir, moi qui ai été saisi par le Christ Jésus. » (Phi 3, 5-12) C’est grandiose !

Voyez : Paul ne renie définitivement en rien la TORâH de ses pères, mais il l’interprète d’une manière renouvelée ; Paul investit la dynamique que porte la TORâH : en tant  qu’ “HÉBREU”, appelé jusqu’au plus intime de sa chair à PASSER de la MORT à la VIE, c’est en Christ Jésus que s’accomplit ACTIVEMENT sa vocation de Fils de YiSseRâ‘éL, et c’est évidemment de LUTTE, d’AGONIE avec le Christ Jésus qu’il est question !

Dans ce même sens, Paul écrit dans la seconde épître à Timothée : « J’ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m'est réservée ; YHWH, le juste Juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. » (2Tim 4,7-8).

Ailleurs encore, il dira aux saints qui sont à Éphèse : « Reprenez l’armure de ‘ÈLoHîM — c’est-à-dire : « combattez avec Lui » — afin d’être rendus puissants et résister au mauvais penchant, mettant tout en œuvre pour tenir. Oui, tenez ! Ayant ceint vos reins de la vérité, revêtu la cuirasse de la justice et chaussé vos pieds en vue de l’Évangile de la paix ; ayant en tout — à tout instant —, repris le bouclier de la foi par lequel vous aurez la puissance — avec YHWH — d’éteindre toutes les flèches enflammées du mauvais penchant. Recevez le casque du salut et le glaive de l’Esprit qu’est le langage de ‘ÈLoHîM. » (Éph 6,13-17).

J’espère vraiment qu’on voit à quel point saint Paul interprète la vie chrétienne en la greffant, à la suite du Christ, sur le combat de Ya”aQoV avec YHWH ! Autrement dit : “Laissez-vous initier par le Christ qui, seul, sait vous faire PASSER du POTENTIEL au RÉEL ; de la MORT à la VIE éternelle, de la MALÉDICTION à la BÉNÉDICTION, selon la trajectoire de la TORâH !

La greffe, c’est le BAPTÊME qui agrège l’Église au Christ en AGONIE / en LUTTE contre toute convoitise en s’alliant à la volonté divine : « Non pas ma volonté, Père, mais la tienne ! » (Lc 22,42). Or là, comprenons bien que c’est d’AMOUR qu’il est question ; d’AMOUR VRAI, qui n’a rien à voir avec le « grand amour » romantique de la littérature courtoise, mais avec l’AMOUR qui procède de la VOLONTÉ de refuser absolument de convoiter l’autre, le prochain ; ni lui, ni ses biens. Ce que Jésus nomme la CHARITÉ.

Allez relire un évangile en gardant par-devers vous que, mis à part saint Jean qui introduit quelques subtilités en jouant entre Charité et l’amour d’amitié ; chaque fois que Jésus parle d’AIMER, c’est de CHARITÉ qu’il est question ; c’est-à-dire d’un amour d’autant plus puissant qu’il est divin ; d’autant plus LIBRE qu’il est SANS CONVOITISE : « C’est une MiTseWâH renouvelée que Je vous donne — elle n’est pas neuve en elle-même, puisqu’elle est énoncée littéralement dans le livre du Lévitique au ch. 19, v. 18 ! en revanche, Jésus la RENOUVELLE en s’offrant comme la FIGURE à imiter en la matière. C’est une MiTseWâH renouvelée que Je vous donne, donc, — afin de vous aimer de charité les uns les autres — comme le demande la TORâH — : Selon que Je vous ai aimés de charité — sans aucune convoitise et librement, en me faisant votre serviteur et non en faisant de vous mes serviteurs / Selon, donc, que Je vous ai aimés de charité — vous aussi, aimez-vous de charité les uns les autres — en vous faisant les serviteurs de vos frères, en vous subordonnant les uns aux autres, et non en convoitant quoi que ce soit vous concernant. — » (Jn 13,34). N’oublions pas que c’est dans ce ch. 13 qu’a lieu le lavement des pieds ; et là encore, saint Jean est en consonnance parfaite avec Paul dans l’épître aux Éphésiens : « Soyez subordonnés les uns aux autres dans la Charité du Christ — là, je traduis selon la tradition araméenne —. » (Éph 5,21).

Toujours est-il qu’AVEC le Christ, nous voici initiés à cette dynamique de LUTTE avec YHWH portée en POTENTIEL par TOUT YiSseRâ‘éL. Du coup, par le baptême, nous voici habilités à être revêtus d’un Nom d’initiation : le nom de CHRÉTIEN ; un nom qui reflète notre greffe, par le Christ, sur la souche de TOUT YiSseRâ‘éL, et qui fait spirituellement de nous des HÉBREUX, selon le mot du pape Pie xi qui , le 6 septembre 1938 devant un groupe de pèlerins belges rassemblés au Vatican, affirmait sans ambages que les chrétiens sont « spirituellement sémites ». C’est l’idée.

Au demeurant, que Jésus ait consenti à vivre cette INITIATION pour Lui-même recevoir du Père un Nom nouveau — celui de CHRIST, de MâShîaH. —, c’est écrit en toutes lettres dans l’hymne de l’épître aux Philippiens :

« Discernez, entre vous, ceci, qui est dans le Christ Jésus : Lui, s’avérant de condition divine — Il est le Verbe fait chair, dit saint Jean —, n’a pas considéré comme un rapt d’être égal à  ‘ÈLoHîM — en tant que Verbe —. Mais Il s’est vidé Lui-même — de sa condition divine —, prenant la condition d’esclave — là c’est un peu compliqué : il entre dans la condition de pécheur, alors même qu’il est sans péché —,  devenant identique aux hommes — il entre dans le domaine du POTENTIEL caractéristique de la nature humaine dès l’instant où elle est créée ; et ce POTENTIEL, rappelons-nous, c’est d’être épousé par la nature divine ! —. Ayant été trouvé par son comportement comme un homme, Il s’est humilié Lui-même, devenant obéissant jusqu’au trépas, et un trépas de croix. — voilà l’INITIATION qui consiste à traverser les ténèbres par son AGONIE, son COMBAT qu’il mène AVEC le Père au fil de sa Passion —. C’est pourquoi  ‘ÈLoHîM L’a souverainement hissé et L’a gratifié du Nom qui est souverainement au-dessus de tout nom — voilà le changement de nom : en tant que MâShîaH., en tant que Christ, dans sa chair est manifesté  Le NOM, YHWH ; non pas qu’Il “devienne” Dieu, mais en sa chair, Il manifeste la réconciliation de la nature divine avec la nature humaine pour que leurs Noces (les fameuses noces de l’Agneau de saint Jean) passent enfin du POTENTIEL au RÉEL, ce que traduit magistralement son PASSAGE de la MORT à la VIE —, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse aux ciels, sur la terre et jusqu’au fond du Shéol, et que toute langue confesse publiquement que YHWH est Jésus Christ, à la gloire de ‘ÈLoHîM, le Père — voilà le RÉEL —. » (Ph 2,5-11).

À travers tout ça, je voulais qu’on voie mieux combien le ministère de Jésus accomplit en plénitude la figure de Ya”aQoV recevant le nom nouveau de YiSseRâ‘éL ; selon une trajectoire qui s’avère porter en elle-même ce POTENTIEL que les scribes deutéronomistes ont mis en scène dans leur récit ; et d’autre part que Jésus, en digne Fils de YiSseRâ‘éL, fait passer au RÉEL, à la plénitude ; au « plérôme », dit saint Paul. En Lui, c’est toute la nature humaine assumée, épousée par le Verbe fait CHAIR qui est rendue capable désormais de PASSER du POTENTIEL au RÉEL, de la MORT à la VIE.

Le Christ Jésus révèle ainsi, par sa résurrection, que l’essence humaine, et rien de moins, contient potentiellement cette capacité à s’unir à la nature divine. Il nous révèle que si ‘ADâM est créé par ‘ÈLoHîM à Son image et à Sa ressemblance, c’est pour déployer jusque dans la CHAIR adamique ce POTENTIEL qui l’appelle à épouser YHWH, à travers la LUTTE librement consentie contre toute convoitise ; l’AGONIE qui fera enfin passer ‘ADâM de la MORT à la VIE, selon le dessein de Salut éternel voulu par YHWH depuis la fondation du monde.

La prochaine fois, nous reviendrons à nouveau sur le combat de Ya”aQoV qui a encore bien des choses, bien des PAROLES à nous livrer.

Je vous remercie.

______________________________________________________________