12-04-2026

[Dt] Monter à YeROuShâLaYiM répondre à l’appel de YHWH

Deuteronomy 16:1-2 par : Père Alain Dumont
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Toute la TORâH est animée SPIRITUELLEMENT, INTÉRIEUREMENT, CHARNELLEMENT, par la quête de YHWH vers TOUT YiSseRâ‘éL et de TOUT YiSseRâ‘éL vers YHWH. Leur rencontre se vit dans le Temple, raison pour laquelle Jésus, en qui s’opère définitivement les Noces entre l’homme et Dieu, présente son CORPS comme Le TEMPLE véritable.
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Transcription du texte de la vidéo :
 
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Nous avons tenté dans la dernière vidéo de nous laisser attirer un tant soit peu dans le mystère de l’ÊTRE, dont la TORâH nous raconte qu’Il n’est pas une idole, qu’il n’est pas un genre de matrice algorithmique aussi universelle qu’impersonnelle, mais bien un SUJET qui APPELLE ! Un SUJET TOUT AUTRE, incréé, dont le dessein est d’entrer en COMMUNION avec un TOUT AUTRE que Lui, créé, c’est-à-dire la CRÉATION dont l’ÊTRE est la trame et à laquelle Il donne d’exister.

Comment l’ÊTRE fait-Il retentir son APPEL dans la CRÉATION ? Par ‘ÂDÂM, qu’Il crée capable d’entendre cet APPEL et surtout de lui répondre LIBREMENT ; non pas simplement en son nom propre, mais au nom de la CRÉATION tout entière ! Ce faisant, cette CRÉATION est comme suspendue à ses lèvres… Si ‘ÂDâM consent à répondre favorablement à l’APPEL divin, il entraînera avec lui toute la CRÉATION dans une rencontre de vie avec son CRÉATEUR ; s’il refuse de répondre à cet APPEL, il ramènera avec lui cette même CRÉATION dans le ToHOu WâVoHOu dont ‘ÈLoHîM veut la faire SORTIR. On connaît la suite.

Or, nous dit la TORâH, malgré la fin de non-recevoir de ‘ÂDâM et la prolifération qui s’ensuit de la MORT dans le monde, l’APPEL de ‘ÈLoHîM ne cesse pas pour autant ! C’est le sens de la phrase de Jésus : « Le Souffle souffle où il veut. Tu en entends le son mais tu ne sais ni d’où Il vient, ni où Il va. Ainsi en est-il de tout ce qui est engendré du Souffle — c’est-à-dire de tout ce qui est créé en plénitude, selon le dessein initial de ‘ÈLoHîM —. » (Jn 3,8).

Et voilà qu’un dénommé ‘AVeRâM entend l’APPEL porté par le Souffle de ‘ÈLoHîM et consent à répondre : « Me voici » (Gn 22,1), de sorte qu’il prend le relai de ‘ÂDâM. Non plus au nom de tous les hommes, puisqu’il semble que la chose soit trop difficile ; mais à tout le moins au nom du peuple de sa descendance qui, de ce fait, devient la lumière des nations en tant qu’il garde ouvert pour elles un toujours possible chemin de VIE. Dès lors naît l’HISTOIRE telle que la TORâH la met en RÉCIT pour se donner les moyens de  la transmettre et façonner un peuple UN, ‘ÈH.âD, toutes générations confondues.

Cela dit, on sait que cette HISTOIRE ne s’est pas mise en place spontanément comme telle — personne n’a couru derrière ‘AVeRâM pour lui demander : Mr. ‘AVeRâM, Mr ‘AVeRâM ! Vous avez été élu par ÈLoHîM ! Quel est votre sentiment ? » Comme toujours, cette HISTOIRE s’est construite humblement, à tâtons au gré des ÉVÉNEMENTS qui l’ont ponctuée mais que personne jusqu’au viiie siècle avant J.-C. n’a perçue ! Il y a bien eu les prophètes dont les scribes ont retenu les prédications, mais eux-mêmes n’ont commencé à prêcher qu’au début du viiie siècle, pas avant.

Il a fallu la secousse de 701 avant J.-C, à YeROuShâLaYiM, donc la toute fin de ce viiie siècle — qui est décidément un siècle crucial —, pour que le peuple Juif qui s’y était réfugié s’ÉVEILLE à cette HISTOIRE qu’il ignorait jusqu’alors. Il a fallu cette fameuse nuit de l’an 701 où YeROuShâLaYiM, ayant retenu sa respiration face à son saccage programmé par Sennachérib, découvrant au petit matin une armée ennemie miraculeusement défaite, s’éveille au Mystère de l’ÉLECTION de YeROuShâLaYiM par YHWH, et par voie de conséquence, à sa propre ÉLECTION en tant que peuple, descendant de ‘AVeRâHâM par YiSseRâ‘éL. Les deux sont intrinsèquement liés.

D’où l’attachement viscéral qui relie TOUT YiSseRâ‘éL à la Ville de YHWH. Raison pour laquelle ce peuple aime tant y monter chaque année pour reprendre à son compte la réponse à l’APPEL de YHWH : « Me voici ! ».

7. Monter à YeROuShâLaYiM dire à l’ÊTRE : « Me voici. »

Cet APPEL DE l’ÊTRE ; cet APPEL D’ÊTRE, cet APPEL À ÊTRE — tout ça représente dans le fond ce que saint Jean nomme le VERBE de ‘ÈLoHîM —, les scribes vont donc le déceler à partir de l’ÉVÉNEMENT de 701 qui voit YeROuShâLaYiM miraculeusement échapper aux griffes du roi Sennachérib.

Mais, dans le fil de ce qu’a tenté d’exprimer la vidéo précédente, qu’est-ce qui peut bien avoir jeté à terre l’armée assyrienne, sinon la PROCLAMATION face à Sennachérib du NOM : « JE SUIS ! » ? Impossible dès lors pour Sennachérib de se saisir de YeROuShâLaYiM comme on prend possession d’un simple OBJET extérieur ! Car pour entrer dans YeROuShâLaYiM, la cité où l’ÊTRE a fait sa Demeure, il eût fallu au roi assyrien se positionner intérieurement face à l’ÊTRE, et lui répondre, non pas : « Je vais te montrer que je suis le plus fort ! », mais comme Moïse : « Me voici ! »…

Faute de quoi, voilà que la VOIX de YHWH, le VERBE de ‘ÈLoHîM, le jette à terre, lui et toute son armée ! On a le même scénario avec Jésus à Gethsémani au moment où les gardes du Temple veulent le saisir : « “Qui cherchez-vous ?” Ils lui répondirent : “Jésus, le Nazaréen !”. Il dit : “JE SUIS !” […] Ils reculèrent et tombèrent à terre. » (Jn 18,4-5.6).

Tout à l’inverse, face à cette même proclamation de l’ÊTRE, le peuple et ses scribes refugiés à YeROuShâLaYiM par fidélité à YHWH, choisissent de répondre : « Me voici » ! Et les voici DEBOUT, accordés INTÉRIEUREMENT à l’ÊTRE ; un MOMENT essentiel que les scribes vont choisir d’ancrer de manière indélébile dans la TORâH, dans le « Me voici » de Moïse au Buisson-Ardent qui devient dès lors LA FIGURE de l’Âme Juive.

Et de fait, entendant intérieurement l’ÊTRE déclarer « JE SUIS », Moïse n’est ni anéanti, ni ne recule, ni ne tombe à terre. Il dit : « Me voici ! » et le voici VIVANT. Dès lors, YHWH, du cœur de l’ENTRE-DEUX auquel consent Moïse ; du cœur de cette COMMUNION, par une force tout intérieure, va pouvoir mettre en œuvre la LIBÉRATION des HÉBREUX en lui ouvrant le PASSAGE de la MORT à la VIE qui le conduira où, sinon à YeROuShâLaYiM ? Là où tout, en définitive, a commencé ?

C’est ce que chante le Psalmiste : « [TsîYYON] — c’est-à-dire YeROuShâLaYiM — est fondé sur les Montagnes du Sanctuaire ! YHWH aime les portes de TsîYYON plus que toutes les demeures de Ya”aQoV — ça, c’est l’affirmation de l’élection de YeROuShâLaYiM comme le Lieu unique où YHWH veut être rencontré — ! […] Il est dit : “Tout homme naît LÀ — ShâM ! Toujours le même jeu de mots : ShèM / ShâM : tout homme naît dans le NOM de YHWH, à YeROuShâLaYiM ! tout homme naît en disant : « Me voici ! » — Le Très-Haut l’a Lui-même établie — c’est-à-dire : l’a ÉLU pour être LE LIEU, HaMMâQOM, du Rendez-Vous —. » (Ps 87(86),1.5).

Toujours est-il que la MÉMOIRE de tout YiSseRâ‘éL se donne avec Moïse une FIGURE commune d’ancrage. Dès lors, la réponse de Moïse à l’APPEL DE L’ÊTRE et la LIBÉRATION qui s’ensuit oriente désormais le regard de tout le peuple, toutes générations confondues, en direction de YeROuShâLaYiM où toute VIE INTÉRIEURE s’avère prendre sa source. Génération après génération, le peuple entend retentir en lui cet APPEL de l’ÊTRE auquel il a à cœur de répondre en montant régulièrement à YeROuShâLaYiM, pour redire à la suite de Moïse : « Me voici », et voir s’ouvrir à lui, comme pour Moïse, la SOURCE DE L’ÊTRE.

Vraiment, la TORâH se trouve entièrement animée SPIRITUELLEMENT, INTÉRIEUREMENT, CHARNELLEMENT, par cette quête réciproque de YHWH vers TOUT YiSseRâ‘éL et de TOUT YiSseRâ‘éL vers YHWH ; dont elle comprend par ailleurs qu’en réalité, cet APPEL de l’ÊTRE à s’accorder à Lui est lancé à TOUT HOMME ! Dès le commencement de la CRÉATION, dit la TORâH, ‘ÈLoHîM est en quête ‘ÂDâM et ‘ÂDâM en quête de ‘ÈLoHîM ! Toute la TORâH est traversée par cette aspiration à la RENCONTRE, à l’ENTRE-DEUX NUPTIAL au sein duquel ‘ÈLoHîM et ‘ÂDâM goûtent une COMMUNION D’ÊTRE, une SYNERGIE par laquelle toute la CRÉATION voit s’ouvrir devant elle le chemin de la BÉNÉDICTION qui la fait passer de la MORT à la VIE.

Du coup, on comprend mieux le sens de cette fameuse TENTE DE LA RENCONTRE où YHWH ne cesse de convoquer Moïse : Moïse n’est Moïse — et avec lui YiSseRâ‘éL n’est YiSseRâ‘éL que par le RENDEZ-VOUS où retentit l’APPEL de YHWH qui suscite un : « Me voici » ! C’est ce qui motive tout l’enthousiasme les Psaumes des Montées que reprend le peuple à chaque grande fête de pèlerinage comme PèSaH., ShâVou“oT ou SouKOT :

« Quelle joie quand on m’a dit : “Allons à la maison de YHWH !” Nos pieds s’arrêtent en tes portes, YeROuShâLaYiM ! YeROuShâLaYiM, bâtie comme une forteresse où tout ensemble — TOUT YiSseRâ‘éL — ne fait qu’UN. Car LÀ montent les tribus, les tribus de YâH,  YHWH ! » (Ps 122 (121),1-4).

Voilà : Pour nos scribes deutéronomistes comme pour notre psalmiste, qui écrivent entre le vie et le ve siècle, toute l’HISTOIRE commence LÀ : au Sanctuaire de YeROuShâLaYiM, LE LIEU élu de YHWH ; là où la TORâH affirme que YHWH fait demeurer son NOM ; là où l’ÊTRE se donne à ÉPOUSER pour désaltérer l’ÂME de TOUT YiSseRâ‘éL, comme un seul CORPS appelé à être la Lumière des nations :

« Comme un Cerf altéré désire l’eau des torrents, oui : mon âme Te désire, ‘ÈLoHîM ! » (Ps 42(41),2) ; « ‘ÈLoHîM, mon ‘ÈL, c’est Toi que je cherche ; mon âme a soif de Toi ; ma chair languit après Toi sur une terre aride, altérée, sans eau. Oui, je Te contemple dans le Sanctuaire pour voir Ta Vigueur et Ta gloire, car Ta miséricorde est meilleure que la vie ; mes lèvres T’exaltent. Oui je Te bénis dans ma vie ; en Ton NOM — ShèM, qui pourrait aussi se lire : “en TON LIEU, LÀ, ShâM —, j’élève mes mains. » (Ps 63(62)2-4).

On monte donc au Lieu où demeure le NOM pour s’y abreuver d’ÊTRE ; pour ÊTRE par Lui ; pour transmettre à TOUT YiSseRâ‘éL la vigueur intérieure de l’ÊTRE jaillissant en ce LIEU comme une eau VIVE, une eau VIVANTE capable d’irriguer toute la CRÉATION, jusqu’en ses confins les plus reculés. Ici, on pense au prophète YeH.èZeQé’èL qui, depuis l’Exil à Babylone, au vies. avt J.-C., a lui-aussi puissamment inspiré les scribes de la TORâH :

« [L’homme] — celui qui, dans le songe du prophète, lui fait visiter le troisième Temple — me fit retourner à l’ouverture de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, des eaux jaillissait vers le Levant, car la porte de la Maison orientée au Levant. Les eaux descendaient sous le côté droit de la Maison, au NèGèV de l’autel.  Il me fit sortir par le chemin de la porte du Nord et me fit faire le tour par le chemin extérieur, jusqu’à la porte extérieure, sur le chemin qui fait face au Levant, et voici : les eaux sourdaient du côté droit — c’est-à-dire côté Sud —.

Quand l’homme fut sorti vers le Levant, le cordeau à la main, il mesura mille coudées — environ 500 mètres — et me fit passer dans les eaux : les eaux étaient aux chevilles. Il en mesura mille et me fit passer dans les eaux : les eaux étaient aux genoux. Il en mesura mille et me fit passer dans les eaux : les eaux étaient aux reins. Il en mesura mille : c’était un torrent que je ne pouvais passer. Oui : les eaux avaient monté, il eût fallu nager : un torrent qui ne se traversait pas.

Il me dit : “As-tu vu, fils d’homme ?”
Il me fit aller et retourner sur le bord du torrent. Quand il m’eut fait retourner, voici : sur le bord du torrent, des arbres nombreux de part et d’autre. Il me dit : « Ces eaux sortent vers le territoire du Levant
— vers la région du Jourdain —, elle descend dans la “ARâVâH — la grande dépression qui forme le lit du Jourdain et qui se prolonge jusqu’au Golfe d’Aqaba —. Elles viennent à la mer — la Mer de Sel — ; sortent jusque dans la mer et les eaux sont guéries.

Tous les êtres vivants y pullulent — voilà la Création qui sort du ToHOu WâVoHOu — ; tout ce qui vient dans les deux torrents vit, et le poisson y est très nombreux. Oui : les eaux sont venues là, et elles sont guéries. Tout ce qui vient là où est le torrent, vit. Les pêcheurs se tiennent depuis “ÉYN GèDî  jusqu’à “ÉYN “ÈGeLaYiM ; les filets sont étendus, leurs espèces de poissons sont très nombreuses, comme le poisson de la Grande Mer — la Méditerranée —. Ses marais et ses bassins, eux, ne guérissent pas , pour donner du sel — en soi, le sel est essentiel à la vie, mais pas quand il imbibe la Mer à auteur de 275g par litre d’eau ! Là, c’est la mort ! Il est désormais cantonné à des salines, de sorte que lui aussi passe de la MORT à la VIE —

 Chaque lunaison — chaque mois —, ils donnent des primeurs. Oui : ces eaux viennent du Sanctuaire. Les fruits sont une nourriture et son feuillage un remède. » (Éz 47,1-12).

Ce Sanctuaire, c’est LE LIEU, HaMMâQOM où réside le NOM, YHWH. Et voyez, s’inspirant du prophète, c’est CE LIEU-ci, HaMMâQOM HaZZèH que visent les scribes deutéronomistes, où sont rouvertes les portes du Jardin des Origines au profit de toutes les nations. C’est ce que reprendra la vision de l’Apocalypse de saint Jean.

Et comprenons bien que c’est à partir de LÀ — ShâM — que Jésus pourra se présenter comme le Temple de CHAIR où venir s’abreuver : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne vers Moi et qu’il boive ! » (Jn 7,37). Ce que saint Jean reliera à sa mort sur la croix : « Arrivé à Jésus, voyant qu’Il était déjà mort, […] l’un des soldats lui perça le côté [droit], et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. » (Jn 19,33.34). Le sang du sacrifice unique de ce Temple nouveau, et l’eau vivifiante qui en jaillit pour la VIE éternelle. Le chemin de la BÉNÉDICTION, par Lui, est définitivement OUVERT.

8. De la Pâque de Dt 16,1 à la Pâque du Christ Jésus

En définitive, la convocation du peuple à célébrer PèSaH. pour YHWH au mois de ‘ÂvîV, au v. 1 du ch. 16 du Deutéronome ; cette convocation contient tout ce qu’on vient de dire. Elle vise à maintenir TOUT YiSseRâ‘éL éveillé pour toujours venir s’abreuver aux eaux vivifiantes de l’ÊTRE SOURCE, de l’ÊTRE RESSOURCE. Cette quête de la rencontre intérieure avec YHWH est vraiment l’ÂME de la TORâH, répondant avec Moïse à l’appel premier de YHWH : — « JE SUIS ! » : — « Me voici » . De sorte que l’appel divin à prendre le chemin de YeROuShâLaYiM n’est autre, en définitive, que l’APPEL à prendre le chemin de la BÉNÉDICTION par lequel se clôturera le Deutéronome au ch. 30.

Or cette vision inspire l’ÂME CHRÉTIENNE dès la naissance de l’Église fondée dans le LIEU — HaMMâQOM — du Christ Jésus, le TEMPLE de CHAIR en qui le Père a choisi de faire demeurer son NOM :  « Philippe, ne crois-tu pas que Je suis dans le Père et que le Père est en Moi ? Les paroles que je vous dis, Je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en Moi — Jésus se désigne comme le HaMMâQOM YHWH, le LIEU du Père, donc le TEMPLE —, c’est Lui qui fait les œuvres. Ayez-foi en Moi : Je suis dans le Père et le Père est en Moi. » (Jn 14,10-11). Et encore quelques versets plus loin : « Encore un peu de temps et le monde ne me voit plus, cependant que vous, vous le voyez parce que Moi, je vis et vous aussi, vous vivrez. En ce jour-là, vous connaîtrez que Moi, Je suis en mon Père et vous en Moi, et Moi en vous. » (Jn 14,19-20).

Alors redisons-le : c’est parce qu’Il commente la TORâH écrite que Jésus, en sa TORâH Orale, peut se présenter comme le véritable Sanctuaire ÉLU de YHWH par qui s’ouvre la SOURCE de l’ÊTRE. “VÉRITABLE” au sens où, dans un premier temps, les multiples sanctuaires de toile où les clans vénéraient YHWH de manière dispersée jusqu’au viiie siècle se sont vus — deuxième temps — rassemblés à YeROuShâLaYiM, LE LIEU ÉLU par YHWH pour y être rencontré : premier PASSAGE, donc, du POTENTIEL au RÉEL.

Or, fort de toute l’HISTOIRE de ce PASSAGE, dans la dynamique de l’AUTRE-TEMPS qui se révèle dans la TORâH, voilà que, par l’Incarnation, YHWH en Personne vient demeurer dans sa CRÉATION ! Et ce ne peut être que dans un TEMPLE ! Un TEMPLE de CHAIR, de sorte que, par Lui, avec Lui et en Lui, ce qui a commencé à être rétabli par l’appel de ‘AVeRâHâM, YiTseRâQ et Ya”aQoV, puis de Moïse, se trouve pleinement accompli dans ce SANCTUAIRE de CHAIR où se trouvent consommées les NOCES tant désirées par ‘ÈLoHîM avec sa CRÉATION depuis la fondation du monde.

Ce désir de ‘ÈLoHîM n’est pas totalitaire ! Ce qu’Il vise, c’est la VIE ! C’est la TRANSMISSION de la VIE dans TOUTE LA CRÉATION pour que se déploie la trajectoire de son accomplissement, du PASSAGE universel et joyeux du POTENTIEL au RÉEL. Voilà l’amour divin que le grec traduit par agapè, ἀγάπη ; que le latin traduit, lui, par caritas, et le français par CHARITÉ, on l’a vu dans la dernière vidéo.

Ce qui caractérise cet amour divin, c’est que c’est un amour LIBRE, si tant est qu’est parfaitement LIBRE celui qui ne se regarde jamais, qui est tout entier AU SERVICE, tout entier POUR un autre que soi — ce qui fait d’ailleurs toute la BEAUTÉ de la vraie LIBERTÉ, celle dont Dostoïevski écrit qu’elle « sauvera le monde ».

Voilà la grandeur, la noblesse de la charité au cœur de la TORâH Orale de Jésus : « Comme le Père m’a aimé-de-charité, Moi aussi Je vous ai aimés-de-charité. Demeurez dans l’amour-de-charité qui est le Mien — qui est au cœur de Ma TORâH Orale —. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans Mon amour-de-charité comme Moi, J’ai gardé les commandements de Mon Père — ‘ÈLoHîM — et demeure dans Son amour-de-charité. Je vous ai dit cela pour que la joie qui est la Mienne soit en vous, et  que votre joie advienne à la plénitude. Tel est le commandement qui est Mien — celui de Ma TORâH Orale — : aimez-vous-de-charité les uns les autres comme Je vous ai  aimés-de-charité. De plus grand amour-de-charité, aucun n’en a, sinon celui qui livre sa vie en faveur de Ses amis — voilà la liberté véritable : je ne me regarde pas, je livre ma vie, pleinement au service,  fidèle à la Torah Orale du Christ —. Vous êtes, vous, mes amis si vous faites ce que Moi, Je vous commande. Je ne vous appelle plus serfs — vous êtes libres du péché qui vous asservit — parce que le serf ne sait pas ce que fait son seigneur ; mais Je vous appelle “amis” parce que tout ce que J’ai entendu d’auprès de Mon Père, Je vous l’ai fait connaitre. » (Jn 15,9-15).

Le péché nous fait croire qu’un tel amour est destructeur, qu’il est essentiel de s’aimer soi-même d’abord pour ne pas risquer de disparaître sous l’effet de la domination d’un plus fort… Autrement dit : si un AUTRE que moi existe, alors moi, j’en suis réduit à être esclave ; ce qui est insupportable, ça n’a aucun sens ! Mais NON ! Ça c’est la dynamique de la loi du plus fort qui institue un rapport coranique de soumission ! Tout au contraire, on a dit que lorsque ‘ÈLoHîM se présente en disant : « JE SUIS », il LIBÈRE de l’emprise de la loi du plus fort. Il ne se présente pas comme une idole totalitaire à adorer : il appelle ceux qui entendent ce NOM à se positionner LIBREMENT dans un ENTRE-DEUX vivifiant en répondant avec Moïse : « Me voici » pour, à l’image de YHWH, mettre entièrement son existence au SERVICE de la VIE. Voilà l’amour-de-charité !

Dès lors, ce que Jésus met en lumière en sa TORâH orale, c’est que l’ÊTRE n’est définitivement QUE CHARITÉ ; une CHARITÉ que révèlera le Sacrifice opéré par Jésus, Grand-Prêtre du SANCTUAIRE divino-humain, CHARNEL, où les noces entre ‘ÈLoHîM et la CRÉATION sont consommées ; un sacrifice opéré sur l’Autel de la Croix où est immolé l’Agneau de ‘ÈLoHîM par qui advient la fameuse RÉMISSION de la dette contractée par les péchés du monde — souvenons-nous de Dt 15 —.

Dit autrement, l’amour-de-charité dont le Père est la source révèle en plénitude l’ÊTRE qui, par l’effet de la communion INTÉRIEURE, SPIRITUELLE, donne d’ÊTRE à ceux qui Le reçoivent ; à ceux qui, par le Baptême, se positionnent intérieurement en répondant à l’APPEL DE L’ÊTRE en disant : « Me voici ».

Suite de quoi ceux-ci n’auront de cesse que de MONTER joyeusement chaque dimanche pour s’abreuver de l’eau et du sang qui jaillissent du côté transpercé du Sanctuaire de CHAIR qui est le Christ. Rappelons-nous : dès l’instant où le Christ Jésus retourne dans la mort — le ToHOu WâVoHOu —, la VIE surgit de Lui, signe qu’Il relance le passage originel qui va de la MORT à la VIe ; et qu’Il a définitivement ouvert à ceux qui ont foi en Lui, le chemin de la BÉNÉDICTION.

En Lui s’opère à jamais le RENDEZ-VOUS, la RENCONTRE, les NOCES à laquelle aspire toute la TORâH, les Prophètes et les Psaumes afin d’accéder au REPOS promis :

« Venez à Moi, vous tous qui ployez sous le fardeau — de vos péchés —, et Moi — par le RENDEZ-VOUS qui s’opère en Moi entre le Père et vous — Je vous procurerai le REPOS. » (Mt 11,28). Entendons par là : vous serez les HOMMES tels que ‘ÈLoHîM a toujours voulu que vous soyez et que vous aspirez à être. En répondant librement  à l’APPEL D’ÊTRE « ‘ÂDâM, où es-tu ? — Me voici ! » ; recevant ainsi de Lui l’ÉLAN VITAL comme une SOURCE, c’est-à-dire la CHARITÉ qui rend LIBRE de tout esprit de convoitise, ‘ÂDâM peut enfin travailler à la LIBÉRATION INTÉRIEURE de la CRÉATION. Et  ça, ça relève de l’éternité.

Bien. Alors maintenant qu’on comprend un peu mieux l’esprit qui anime le ch. 16 du Deutéronome, on peut en poursuivre la lecture, mais ce sera pour la prochaine fois.

Je vous remercie.
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