• Notes et documentsTranscription du texte de la vidéo : Tous droits réservés.Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article______________________________________________________________Bonjour,
À partir du v. 18 du ch. 16 de la TORâH, nous abordons une série de préceptes très différents des précédents, concernant cette fois les autorités qui, d’une manière ou d’une autre, sont amenées à diriger TOUT YiSs
eRâ‘éL.
La première partie du chapitre instituait les fêtes qui allaient fédérer le peuple et façonner son unité ; à présent, il s’agit de structurer ce même peuple à travers différentes instances, à commencer par les “JUGES”, les ShoPh
eTîM,
שֹׁפְטִ֣ים, pluriel de ShâPhaT,
שָׁפַט, de même racine que MiSh
ePâT,
מִשְׁפָּט, littéralement : « Ce qui vient du ShâPhaT » et qu’on traduit donc par « jugement ».
1. L’institution des ShoPh
eTîM
Qui sont les ShoPh
eTîM ? Nos versets ne disent pas grand-chose concernant leur fonction, ce qui semble signifier que le scribe la considère comme établie. En soi en effet, ça n’est pas une invention : on retrouve ce genre de magistrat en MiTs
eRaYîM comme en Mésopotamie dès le xiv
e siècle avant J.-C., avec les mêmes devoirs d’impartialité.
Avant l’Exil, il semble que l’autorité traditionnelle des cités ait été celle des “Anciens” : une sorte de collège des chefs de clans qui rendaient une justice communale, pour ainsi dire ; les cas religieux étant traités par les LéWîYYiM. Du coup, qui sont ces ShoPh
eTîM assistés par des scribes ? Sans doute une sorte de juridiction royale placée à côté de la juridiction communale, qui représentaient le roi de son office de juge suprême, mais qui permettait surtout d’éviter que les autorités locales ne s’arrogent des prérogatives seigneuriales.
Comme telle, il semble que cette institution remonte à Y
eHOShâPhâT, Josaphat, qui fut roi du Royaume de Y
eHOuDâH entre 870 et 848 avt. J.-C. On retrouve d’ailleurs le mot ShâPhaT dans son nom, Y
eHOShâPhâT, qui signifie : « YHWH est juge ». Je vous renvoie ici au second Livre des Chroniques, au ch. 19 dont les tonalités sont très semblables à celles de notre passage du Deutéronome.
Les ShoPh
eTîM n’ont pas simplement pour tâche de régler les litiges. Le v. 20 insiste sur l’ESPRIT de cette institution. Là, on retrouve l’inspiration des écrits de sagesse, et avant eux celle des prophètes : le ShâPhaT a d’abord pour mission de servir la Ts
eDâQâH,
צְדָקָה, c’est-à-dire la JUSTICE qui consiste, précise le v. 21, à ne pas aller servir les idoles ! HaShèM seul est le ROI de JUSTICE que les ShoPh
eTîM doivent servir.
Beaucoup plus profondément — fut-ce à travers des décisions de justice ordinaire —, ils ont pour mission de veiller à ce que le CORPS entier de TOUT YiSs
eRâ‘éL choisisse le chemin de la Vie et non celui de la Mort ; le chemin de la BÉNÉDICTION et non celui de la MALÉDICTION, selon la trame qui traverse tout le Deutéronome. Les ShoPh
eTîM sont donc institués en REMPARTS de l’ALLIANCE face aux petits arrangements quotidiens avec la mesquinerie, pour que ne se perde pas l’ÉLAN VITAL qui anime TOUT YiSs
eRâ‘éL.
Les ShoPh
eTîM sont donc une institution régulatrice que nos scribes placent très judicieusement sous l’autorité de Moïse, c’est-à-dire AVANT
l’entrée en KeNa“aN. Manière de dire que cette institution ne supporte aucune contestation puisqu’elle relève du gouvernement de HaShèM comme ROI, comme instance régulatrice de la justice dans l’ALLIANCE.
C’est dans le livre de l’Exode qu’est racontée leur institution. Sur les conseils de son beau-père, dit le récit, Moïse institue des ShoPh
eTîM pour l’aider à rendre justice. Manière pour les scribes deutéronomistes de rendre légitime, selon la TORâH, l’institution fondée par Y
eHOShâPhâT au ix
e siècle.
Par ailleurs, cette institution sera exaltée dans le Livre des ShoPh
eTîM à travers des figures marquantes comme
דְּבוֹרָה, D
eVORâH/Déborah,
גִּדְעוֹן, GiD
e“ON/Gédéon,
שִׁמְשׁוֹן, ShiM
eShON/Samson et tous les autres. Ces personnages ne sont pas des agents royaux, puisque la royauté n’est pas censée être en place. Mais il y a tout de même le désir de les présenter, dès le début de l’histoire des Hébreux sur le Sol de K
eNa“aN, comme les premiers REMPARTS de l’ALLIANCE en face de clans qui se laissent trop facilement entraîner au gré de séductions idolâtres dont parlent nos versets.
À ce propos, le v. 21 s’attaque particulièrement à la coutume idolâtre de
« planter une ‘AShéRâH près de l’autel de YHWH » (Dt 16,21). Cette ‘AShéRâH n’était rien de moins, jusqu’au viii
e siècle, que la parèdre féminine de HaShèM qui avait sa place dans les nombreux sanctuaires en toile répartis sur le territoire.
L’archéologie en a débusqué des représentations sur d’antiques stèles, celles-là mêmes que dénonce le v. 22. Avec le temps cette vision idolâtre du Bâ“aL HaShèM et de sa parèdre s’épurera, mais pour ça, il fallait qu’un cadre soit clairement posé, ce qui n’est pas là le moindre rôle de la TORâH.
Ceci posé, le ch. 17 prend le relai, moins sous la forme de principes désormais que sous l’angle d’une toujours possible TRANSGRESSION de l’ALLIANCE.
2. Attention aux transgressions contre l’ALLIANCE
Tout d’abord la question des sacrifices malhonnêtes, au v. 1 : Quand on a l’esprit tordu — et il y en a dans le peuple comme partout ailleurs qui font passer leurs intérêts propres au-dessus de ceux du peuple auquel ils appartiennent — ; quand on a l’esprit tordu donc, on est toujours tenté de se dire que si l’offrande n’a qu’un défaut à peine visible, HaShèM ne verra rien ; ou pire : autant offrir une bête dévalorisée plutôt que de sacrifier parmi les plus beaux spécimens du troupeau… sauf que les suites dépassent largement le jeu de magouille : “pas vu, pas pris”… Les conséquences débordent sur le CORPS ; et c’est de ça dont traitent nos versets.
Se détourner de l’esprit des sacrifices relève en définitive d’un mépris de HaShèM et de Son ALLIANCE ; et c’est la porte ouverte pour aller visiter d’autres divinités, en particulier les astres, si fascinants et semble-t-il si propices quand on sait les observer.
C’est ce problème que traitent les v. 2 à 7 du ch. 17, très proches de Dt 13,2-19, à quoi je vous renvoie. Rappelons-nous simplement qu’au viii
e siècle, le grand péché du roi M
eNaShèH, fils de .HiZ
eQiYYâHOu / Ézéchias, fut précisément d’avoir favorisé pendant un demi-siècle le culte astral assyrien, sur le toit même du Temple de YHWH ! On touche là à un grand traumatisme qui grève l’histoire de TOUT YiSs
eRâ‘éL.
M
eNaShèH fut objectivement un grand roi qui, pendant un demi-siècle, a apporté la paix à son peuple qui en avait bien besoin et qui l’a politiquement reconstruit. Mais les scribes deutéronomistes, qui rédigeaient en secret la TORâH à l’abri du Temple, ne lui pardonneront jamais ses TRANSGRESSIONS :
« MeNaShèH fit ce qui est mal aux yeux de YHWH, selon les abominations des nations que le Seigneur avait dépossédées devant les fils de YiSseRâ‘éL . Il rebâtit les lieux qu’avait fait disparaître .HiZeQiYYâHOu , son père, et il fit élever des autels à Bâ“aL. Il fit un poteau sacré, comme l’avait fait ‘A.He‘âV, roi de YiSseRâ‘éL. Il se prosterna devant tout le Rassemblement des ciels et les servit.Il bâtit des autels dans la Maison de YHWH, dont YHWH avait dit : “C’est dans Jérusalem que Je mettrai Mon nom.” MeNaShèH bâtit aussi des autels pour tout le Rassemblement des ciels, dans les deux cours de la Maison de YHWH. Il fit passer son fils par le feu ; astrologie, incantation, institua nécromants et devins. Il multiplia ce qui est mal aux yeux de YHWH pour L’irriter.Il mit la statue de ‘AShéRâH qu’il avait faite dans la Maison dont YHWH avait dit à DâWiD et à SheLoMoH son fils : “Dans cette Maison, et dans YeROuShâLaYiM que J’ai élue parmi toutes les tribus de YiSseRâ‘éL, Je mettrai Mon nom à jamais. » (2R 21,2-7).
On reconnaît bien le style de l’école deutéronomiste qui a aussi rédigé les Livres des Rois.
Donc : qu’est-ce qui est “mal” ? La TRANSGRESSION de l’ALLIANCE :
« S’il se trouve en ton sein, dans l’une de tes Portes que YHWH, ton ‘ÈLoHîM te donne, un homme ou une femme qui fasse le mal aux yeux de YHWH, ton ‘ÈLoHîM, pour transgresser Son Alliance ; qui aille servir d’autres dieux et se prosterner devant eux, devant le soleil, devant la lune ou devant tout le rassemblement des cieux ; ce que je n’ai pas ordonné… » (Dt 17,2-3). L’enjeu reste l’unité du CORPS qui ne peut être ‘è.HâD que s’il puise à la même source vivante de ‘ÈLoHîM ‘è.HâD ! C’est cet ENTRE-DEUX vital que brise la TRANSGRESSION.
Ceci dit, comme au ch. 13, l’accusation est tellement grave qu’on ne saurait laisser se répandre une rumeur de TRANSGRESSION sans faire une enquête sérieuse :
« À bouche de deux témoins, ou trois témoins, pour être mis à mort, il sera mis à mort ! Il ne sera pas mis à mort à bouche d’un seul témoin. » (Dt 17,6). L’intervention des témoins est essentielle : j’ai personnellement compris ça au Burundi où la justice traditionnelle était basée sur l’écoute des témoins : étant entendus une première fois, ils étaient convoqués le lendemain pour redonner leur témoignage. Si celui-ci n’avait pas changé, et s’ils étaient deux à pouvoir produire un témoignage concordant sans rien en changer d’un jour à l’autre, alors leur témoignage était considéré comme VRAI, au sens d’ÉPROUVÉ.
Et de fait : si on fait un faux témoignage, il est rare que le récit soit le même d’un jour sur l’autre, et encore moins qu’il puisse se recouper avec un autre faux témoignage ! Le faux témoin n’a aucun appui objectif, tout est dans la tête : la fidélité du récit est donc difficile à maintenir. En revanche, quand on rapporte ce qu’on a véritablement vu ou entendu, le témoignage s’appuie sur des faits qui ne changent pas au gré de l’humeur. Ces mêmes faits peuvent être relatés par d’autres, avec des aspects différents, mais la trame est la même : alors, le ShâPhaTpeut être assuré que les témoignages sont VRAIS.
On retrouve ce processus jusque dans les Évangiles : s’il est une faute qui est reprochée à Jésus, c’est bien de TRANSGRESSER la TORâH de Moïse ! Face à quoi le Sanhédrin se trouve dans l’obligation de rechercher des témoins pour le procès de Jésus : les témoignages étaient faux : ils ne se recoupaient pas ; jusqu’au moment où… :
« Les KoHaNîM HaGeDoLîM — les grands prêtres —
et le Sanhédrin entier cherchaient un témoignage de mensonge contre Jésus pour le mettre à mort. Ils n’en trouvèrent pas, bien que beaucoup de témoins de mensonge soient venus vers eux. Finalement, deux vinrent vers eux, qui dirent : “Celui-là a dit : ‘J’ai la puissance de démettre le Sanctuaire de ‘ÈL, et en trois jours, d’édifier la Maison.’ ” » (Mt 26,59-61).
Leur témoignage concordait car de fait, Jésus a bien dit ça, donc, selon la TORâH, le témoignage était juridiquement recevable comme VRAI. De son côté, Jésus se savait pleinement condamnable dans le cadre juridique de la TORâH ! S’il n’est pas lapidé, selon la sentence des versets qui suivent dans notre chapitre, c’est juste parce que sous l’occupation romaine, le Sanhédrin n’avait pas le droit d’exécuter de sentence capitale.
Alors comme on vient de l’évoquer, la TRANSGRESSION étant avérée, la sentence est sans appel : il s’agit toujours, comme au v. 7, de
« brûler le mal du sein de YiSseRâ‘éL. » (Dt 17,7). Et pour la TORâH, c’est la peine de mort par LAPIDATION.
3. La sentence de lapidation
En elle-même, la LAPIDATION n’est jamais qu’une forme comme une autre de peine de mort qui n’est pas pire que la guillotine ou que la chaise électrique ! C’est la mise à mort pratiquée communément dans les pays pierreux. Raison pour laquelle on en trouve de rares cas dans la Mésopotamie luxuriante du xviii
e siècle avant J.-C., alors que c’est la mise à mort commune dans la Grèce Antique à partir du viii
e siècle.
On peut être pour ou contre la peine de mort, la question n’est pas là. La sentence n’est pas énoncée pour instaurer un régime de terreur. L’objectif de la TORâH est de poser la POSSIBILITÉ de cette peine de mort pour pousser à la réflexion : quel CORPS veux-tu servir ? La TORâH présente donc la sentence comme PRÉVENTIVE, et non sordidement punitive. Elle pose le CADRE nécessaire pour la VIE du CORPS, sans quoi, séduit par les sirènes de la convoitise qui anime toutes les nations, il se dissocie et s’autodétruit.
Vu sous un autre angle : la sentence de mort par LAPIDATION, après jugement officiel, est à interpréter comme la conséquence d’une situation de mort qu’a programmée LE FAUTIF LUI-MÊME contre l’ALLIANCE : puisque sa TRANSGRESSION met en cause l’ENTRE-DEUX VIVANT qui relie le CORPS de TOUT YiSs
eRâ‘éL à HaShèM, le FAUTIF menace de renvoyer avec lui le peuple entier dans la MORT, dans le ToHOu WâVoHOu !
C’est grave dans la mesure où, suite à cette TRANSGRESSION, c’est tout le CORPS qui se trouve coupé de l’ENTRE-DEUX avec HaShèM ! Du coup, devenu une nation comme les autres ; étant la plus petite d’entre elles, rappelait le ch. 7, inévitablement, TOUT YiSs
eRâ‘éL se fera happer et avec elle, la mission de VIE qui la constitue disparaîtra ! Donc : le fautif a voulu la mort de l’ALLIANCE de VIE ? Il a voulu la MORT du CORPS auquel il appartient ? Eh bien : que cette mort retombe sur lui. Qu’il retourne seul au ToHOu WâVoHOu dans lequel il voulait entraîner les siens !
Il y a donc un CHOIX à faire, auquel chacun est rendu en connaissance de cause : quel CORPS, donc en vue de quelle MISSION est-ce que je veux servir ? À chacun de se déterminer, et pour ça de répondre à l’appel dont le Dt 30 se fera l’écho de la part de HaShèM :
« Vois, Je mets devant toi la Vie et la Mort, la Bénédiction et la Malédiction : choisis la VIE ! » (Dt 30,11-15). Tout nous amène peu à peu à entendre cette injonction à la LIBERTÉ par laquelle se conclut le Deutéronome, et avec lui toute la TORâH. Celle-ci n’est pas une “loi” comme les nations en produisent, purement extérieure. La TORâH travaille TOUT YiSs
eRâ‘éL de l’INTÉRIEUR.
Regardons à ce propos du côté de la TORâH Orale de Jésus : la sentence capitale de LAPIDATION se trouve cadrée par la mise en place d’un processus qui permet de comprendre l’épisode de la femme adultère : amenant cette femme à Jésus, les scribes et les pharisiens lui accordent le statut de ShaPhaT. Dès lors, l’enquête menée à sa manière amène à un énoncé de sa sentence qui va les obliger, selon les termes mêmes de la TORâH :
« Agis selon l’énoncé de la parole qu’ils t’auront fait connaître, depuis ce Lieu — HaMMâQOM ‘HaZZèH —
que YHWH aura choisi. Garde, pour agir, tout ce qu’ils t’enseigneront. Tu agiras selon l’énoncé de la TORâH qu’ils t’enseigneront — la TORâH Orale —
, et le MiShePâT — le jugement —
qu’ils prononceront vers toi. Tu ne t’écarteras ni à droite, ni à gauche de l’énoncé qu’ils te feront connaître. » (Dt 17,10-11)Le ShaPhaT a parlé, tu obéis ! Et peu à peu, sur ce chemin, se dessine un culte véritable — maintenant, on comprend mieux de quoi relève le “vrai” qui va pouvoir s’ouvrir à tous, toujours associé à la JUSTICE de HaShèM. Mais là, c’est une autre histoire.
Ceci dit, étant donné la gravité de l’enjeu, la TORâH ne laisse pas les ShoPh
eTîM seuls sur ce front décisif : les v. 8 à 13 leur associent les KoHaNîM-LéWîYYiM, les « prêtres lévites », pour traiter des cas particulièrement épineux à trancher. Une sorte de Cour d’Appel, si vous voulez, dont la sentence est définitive. Gare à celui qui y contrevient !
L’expression KoHéN-LéWî, « prêtre-lévite », est propre au Deutéronome. Elle est un peu étrange dans la mesure où, selon la TORâH de Moïse, un prêtre, un KoHéN, ne peut être QUE Fils de LéWî. Mais l’expression laisse entendre qu’il subsistait des prêtres qui n’étaient pas de la lignée des Fils de LéWî, donc qui ne servaient pas HaShèM, mais auprès desquels, tout en étant Fils de YiSs
eRâ‘éL, les transgresseurs cherchaient des appuis. Et là, la réponse de la TORâH est sans appel : en ce qui concerne la TRANSGRESSION de l’ALLIANCE, un Fils de YiSs
eRâ‘éL ne peut pas demander à comparaître devant une instance étrangère au CORPS auquel il appartient tout en ayant choisi de le TRANSGRESSER !
4. Le peuple de l’ALLIANCE en travail sur lui-même
Notre passage se clôt par une reprise de l’injonction du v. 7 :
« Tu brûleras le mal du milieu de toi. Tout le peuple entendra et sera saisi de crainte. Il ne sera plus arrogant. » (Dt 17,12-13). On a vraiment là l’objectif premier qui relève pour TOUT YiSs
eRâ‘éL d’un travail d’écoute de HaShèM, d’un travail INTÉRIEUR, SPIRITUEL sur lui-même !
La crainte que suscite cette injonction ne vise pas à effrayer : elle est salutaire chez un peuple qui se sait pécheur ! Dans la mesure où la sentence est claire pour qui contrevient à la justice rendue sous l’égide de Moïse par les KoHaNîM-LéWîYYiM et les ShoPh
eTîM, ça fait toujours trembler le magouilleur, parce qu’il n’y a pas d’échappatoire ! Mais c’est pourtant une forme de sagesse qui permet d’éviter les élans un peu trop téméraires. En définitive, cette notion de crainte n’est pas propre à la TORâH : toute autorité véritable joue sur ce registre. Il faudrait aller lire Max Weber à ce propos, ou le livre paru en 2025 de Martin Steffens :
Ce qui nous fait humains.
Quoi qu’il en soit, cette crainte rappelle que la justice, si tranchante soit elle à l’occasion, a pour objectif de permettre de vivre autrement qu’en cherchant à flouer HaShèM et le CORPS de l’ALLIANCE où Il se dévoile.
La justice, et la crainte qu’elle inspire, ouvre au POSSIBLE trop souvent négligé d’une COMMUNION. Elle fait adorer HaShèM dont on perçoit qu’au milieu des affres de l’histoire, Il SAUVE bel et bien son peuple du mal qui le menace de toute part ; non par coercition — ce qui est le propre du totalitarisme —, mais en le guidant patiemment sur le chemin INTÉRIEUR, SPIRITUEL, de la BÉNÉDICTION.
Voilà pour notre passage du Deutéronome. Cet ensemble qui va du ch. 16, v. 18 au ch. 17, v. 13 présente donc le cadre d’une JUSTE JUSTICE, pourrait-on dire, pour prévenir d’une part toute tentation de TRANSGRESSION, et d’autre part toute tentation de vindicte populaire. Dans le cadre de l’ALLIANCE, la justice concerne toutes les dimensions de la vie du CORPS, religieuse autant que sociale, mais dans un ordre précis : c’est dans la mesure où, sous le regard de HaShèM dont les ShoPh
eTîM sont les lieutenants, soutenus KoHaNîM-LéWîYYiM ; c’est dans la mesure où le culte est vécu en toute honnêteté que la VIE du CORPS peut-être envisagée et se révéler comme une BÉNÉDICTION.
La suite nous parlera d’une autre institution, très discutée celle-là : celle de la royauté, mais nous verrons ça la prochaine fois. D’ici là, je vous souhaite une bonne et une féconde lecture des versets que nous venons de scruter.
Je vous remercie.
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