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Bonjour,
Nous poursuivons notre exploration du Deutéronome en ouvrant le ch. 18 qui conclut la première section du Code Deutéronomique commencé au ch. 12.
1. Le statut des KoHaNîM-LéWîYYiM
Le ch. 18 continue les préceptes statutaires, en s’attardant, du v. 1 au v. 8, sur les fameux KoHaNîM LéWîYYiM
, לְוִיִּֽם כֹּהֲנִ֖ים, les prêtres-lévites évoqués dans la première partie du ch. 17. Ces versets traitent de leurs revenus.
Le texte est assez simple. Il se contente d’affirmer que tout fils de LéWî qui vient au Sanctuaire central a droit d’officier et à tirer des revenus de son office. C’est forcément une législation ancienne, parce que cet office est réduit à la seule offrande des sacrifices. Or la suite de l’histoire montrera que les choses ne se sont pas passées ainsi.
Cette question des KoHaNîM LéWîYYiM remonte en fait au roi .HiZ
eQiYYâHOu /Ézéchias qui voit fondre sur Y
eROuShâLaYiM, à la fin du viii
e siècle, des milliers d’adorateurs de YHWH descendu du Royaume du Nord dévasté par les Assyriens, dont une foule de Fils de LéWî qui étaient tous KoHaNîM dans leurs sanctuaires de toiles, qui à DâN, qui à ShîLoH, qui à ShoM
eRON, etc. Et quand ils se pointent au Sanctuaire de Y
eROuShâLaYiM pour exercer leur sacerdoce, les KoHaNîM LéWîYYiM jérusalémites leur disent : « pas question ! »
À partir de ce moment s’opère la distinction entre d’une part les LéWîYYiM du Temple de Y
eROuShâLaYiM qui revendiquent pour eux seuls le statut de KoHéN ; et d’autre part les LéWîYYiM des Hauts-lieux en toile autrefois répartis sur le territoire.
Et le prophète Y
e.HèZ
eQé’èL/Ézéchiel d’enfoncer le clou ! Lui-même aura des mots durs à leur égard : c’est à la fin de son livre, les ch. 44 à 48. Son raisonnement est assez simple : si les LéWîYYiM du Nord ont vu leurs sanctuaires détruits, c’est qu’ils étaient idolâtres aux yeux de YHWH ; qu’ils soient démis de leur qualité de KoHaNîM est donc justice !
Désormais, ils seront rivés aux tâches subalternes : gardes aux portes du Temple, assistants des Fils de YiSs
eRâ‘éL — toujours dans le Temple. N
e.HèM
eYâH redorera quelque peu leur blason au v
e siècle, mais en attendant, dit Y
e.HèZ
eQé’èL, eux et leurs descendants porteront à jamais leur iniquité, pendant que les Fils de TsâDOQ,
צָדוֹק, c’est-à-dire les LéWîYYiM qui ont officié fidèlement dans le Temple depuis sa construction par les rois DâWiD et Sh
eLoMoH ; eux seuls, donc, auront désormais droit au titre de KoHéN.
TsâDOQ,
צָדוֹק, nous raconte les livres des Rois, a été LE KoHéN HaGgâDOL attaché à DâWiD et de Sh
eLoMoH, fidèle d’entre les fidèles — c’est lui qui aurait supervisé, nous dit-on, la construction du premier Temple de Y
eROuShâLaYiM, au x
e siècle avant J.-C.
Sauf que ne rattacher l’institution des KoHaNîM LéWîYYiM qu’à la royauté est dangereux ! Parce que si la royauté disparaît — ce qui est le cas avec l’Exil, les scribes le savent mieux que quiconque — ; si donc la Royauté disparaît, si de plus le Temple est détruit, le sacerdoce disparaît avec eux !
Il est donc absolument nécessaire d’ancrer ce sacerdoce jérusalémite dans la TORâH ! Rappelons-nous : à partir du v
e siècle, alors que la prophétie s’est tue, c’est dorénavant la TORâH qui devient le socle, la fondation ultime de la Maison de YiSs
eRâ‘éL.
C’est alors qu’apparaît la figure de ‘AHaRoN comme ancêtre de TsâDOQ — un ‘AHaRoN que le Deutéronome, rédigé bien avant, ne connaît quasiment pas, si ce n’est une fois en Dt 9,20 quand il manque de subir la fureur de YHWH contre lui ; et une autre fois en Dt 10,6 quand il meurt. C’est tout, et ça n’a rien de glorieux… De plus, il n’est jamais affublé du titre de KoHéN !
Dans la ligne de Y
e.HèZ
eQé’èL/Ézéchiel, les scribes de l’école sacerdotale — l’autre grande école de scribes à côté de l’école deutéronomiste — vont imposer la figure de ‘AHaRoN qui appartient sans doute à une tradition ancienne, mais qui, à partir de la seconde moitié du vi
e siècle, est mis en avant comme frère de Moïse, et ancêtre de la lignée sacerdotale à laquelle appartenait TsâDOQ.
Cette école sacerdotale va présenter ‘AHaRoN comme HaKoHéN HaGgâDOL, le fameux “Grand-Prêtre”, institué par Moïse en personne, de sorte que l’institution sacerdotale se trouve, par ‘AHaRoN, enracinée dans la TORâH ! Du coup, quand bien même le Temple est détruit et la royauté désavouée, l’institution sacerdotale tire son épingle du jeu ! À cette époque est élaboré le livre du Lévitique et sont rédigés plusieurs passages des livres de la Genèse, de l’Exode et des Nombres par les scribes de l’École Sacerdotale dont le prophète Y
e.HèZ
eQé’èL est l’inspirateur et dont la figure de proue sera le prêtre scribe “ÈZ
eRâ‘, au v
e siècle. Voilà pour l’histoire.
En ce qui concerne nos versets, on n’en est pas encore là. À n’en point douter, les KoHaNîM LéWîYYiM, d’où qu’ils viennent, sont habilités à officier à Y
eROuShâLaYiM. On est donc posiblement au vii
e siècle, à l’époque du roi Yo’ShiYYâHOu/Josias, donc de la première édition du Deutéronome ; mais plus vraisemblablement à la fin du vi
e siècle avant J.-C., c’est-à-dire à l’époque Perse.
À la question de leur moyen de subsistance s’ajoute en effet la supériorité de leur statut sur toutes les pratiques de voyance, de magie, d’astrologie, de spiritisme et autres techniques de divination : ce sont les v. 9 à 14. Or c’est justement la proximité de ce thème avec la culture Perse qui oriente une datation de ces versets au vi
e siècle.
2. Sacrifices d’enfants, magie, astrologie, spiritisme et autres divinations
On a remarqué, depuis le ch. 12, qu’on n’entendait plus trop de récit… et surtout pas de récit mettant Moïse en scène au moment de sortir du désert pour entrer sur le Sol promis. Or voilà que depuis le v. 14 du ch. 17, on a renoué avec le récit :
« Quand tu seras entré vers le sol que YHWH, ton ‘ÈLoHîM, te donne… » (Dt 17,14), incise qu’on retrouve au v. 9 de notre ch. 18 qui ne peut dater, on vient de le dire, que de l’époque Perse. Donc on sort ici du noyau initial du Deutéronome dans lequel on était entré depuis le ch. 12. On le retrouvera un peu plus loin.
En attendant, suit toute une série d’interdits concernant les sacrifices d’enfants, la divination, l’astrologie, la magie, la sorcellerie et ce qu’on appellerait aujourd’hui le spiritisme. Autant d’injonctions qu’on trouve, à l’époque de la domination Perse Achéménide, au pouvoir entre 550 et 330 avant J.-C. avant de laisser la place à Alexandre le Grand
La première civilisation qui se trouve en effet avoir fait la guerre à cette pratique abominable de passer son fils par le feu — c’était assez exceptionnel, et quasiment toujours le fait de rois mis en situation extrême, mais bon, tout de même ! On rapporte que le roi M
eNaShèH y est tombé ! — ; la civilisation qui a donc fait la guerre à la magie, à la sorcellerie, à la nécromancie et même à l’astrologie, fut la dynastie Achéménide.
Il s’agit là d’un bouleversement culturel sans précédent dans la mesure où ces pratiques remontaient à l’aube de toutes les grandes civilisations, depuis le iv
e millénaire avec les Sumériens, et s’observaient depuis lors de manière constante sur l’ensemble de la Mésopotamie !
Alors prenons le temps de regarder, fut-ce à grands traits, la religion attachée à cette dynastie Perse, parce qu’elle va s’avérer très éclairante concernant, entre autres, l’histoire de la composition de la TORâH.
3. La religion de la cour royale Achéménide : le Mazdéisme
Les rois Achéménides sont des adorateurs du dieu Ahura Mazda — le Seigneur Sage, source de toute lumière, le dieu incréé éternel. Ce sont donc des “Mazdéens” au sens premier du terme. Cette divinité est en particulier celle de Darius i
er, la figure de proue de cette dynastie. On ne sait pas grand-chose de la religion populaire, et de fait, ce mazdéisme achéménide était avant tout la religion du Roi, donc de la cour.
Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas eu d’impact sur les religions des différentes régions de l’empire, mais contrairement aux Assyriens et aux Babyloniens, la cour Achéménide n’a pas cherché à éradiquer les pratiques des peuples qui lui étaient soumis. Elle les a soutenues, non cependant sans les influencer pour qu’elles se purifient des attaches superstitieuses résumées dans nos versets 9 à 14 ! Et ça a marché pour une bonne part ! La religion juive en est une preuve parmi d’autres. Mais restons sur ce mazdéisme pour entrevoir les points d’influence qui l’ont caractérisé.
Précisons d’abord que le Mazdéisme est très proche du Zoroastrisme qui donnera, cinq cents ans plus tard, le Manichéisme. Ceci dit, Ahura Mazda, si universel soit-il, n’est pas considéré comme un dieu unique. Il est plutôt la source de toutes les divinités du panthéon Perse, qu’il transcende et dont il assume chacun des attributs respectifs.
Le Mazdéisme est un DUALISME religieux, pour qui une entité du bien — le “Bon Esprit”, l’Esprit Saint, Spenta Mainyu, symbolisé par une flamme divine, protectrice de la Création — s’oppose à une entité du mal — le “Mauvais Esprit”, Ahra Mainyu, qui, lui, cherche à détruire la Création. Il est représenté par un lézard ou un serpent, on l’a déjà évoqué par ailleurs —. Ces deux entités ont été créées par le Grand Dieu universel, Ahura Mazda. Voilà un premier thème qu’on retrouvera dans la TORâH, assumé selon la prescription Achéménide, mais transformé comme il se doit selon les traditions juives qui l’inspirent par ailleurs.
C’est dans la religion Mazdéenne qu’on trouve pour la première fois la notion de “mensonge” comme acte de trahison opposé à la “vérité” et à la “justice” conçues comme des actes de fidélité vis-à-vis du “Plus grand des dieux” Ahura Mazda, et vis-à-vis de son représentant, le “Grand Roi sur la terre”, comme Darius i
er aimait se faire appeler. Voilà un deuxième thème qu’on retrouvera aménagé dans la TORâH.
Par ailleurs, si les Achéménides encouragent les religions populaires, ce n’est pas sans faire la chasse aux cultes voués aux “faux dieux”, c’est-à-dire qui font fi de Ahura Mazda. Voilà un troisième thème relayé par la TORâH vis-à-vis de YHWH.
Incréé lui-même, Ahura Mazda est la divinité créatrice de la Lumière porteuse de vie, de la Terre et du Ciel, du feu et de l’eau, du monde végétal et animal. Il est le créateur de l’homme à qui il accorde le libre arbitre et indique la seule voie conduisant au bonheur : celle de la DROITURE qui consiste à cultiver l’humilité et à rejeter toute forme d’esclavage. Autre thème cher à la TORâH, en particulier à l’école Deutéronomiste.
En outre, le Mazdéisme interdit de vénérer des statues de Ahura Mazda, comme de lui construire des édifices sacrés en pierre. Cette divinité est conçue comme un être purement spirituel, quasi métaphysique, donc absolument invisible et irréductible à quelque représentation que ce soit. On ne lui offre pas de sacrifice, raison pour laquelle on n’a aucune trace archéologique de quelque temple que ce soit qui lui soit consacré.
Enfin, Ahura Mazda demeure dans le cœur du roi, sans pour autant que ce dernier soit lui-même considéré comme un dieu. On est aux antipodes de la religion égyptienne pour qui la pierre est tout au contraire sacralisée et symbole d’éternité, et pour laquelle le roi, le fameux PaR
e“oH,
פַּרְעֹה, est la quasi-incarnation de AMoN, le divin chef du Panthéon égyptien dont le nom signifie le « dieu caché », invisible.
Ça ne veut pas dire pour autant que les Mazdéens n’offraient pas de sacrifices à leurs autres dieux : nombre d’archives royales mentionnent des sacrifices de chevaux, de moutons ou de taureaux, de grain, de bière et de vin. Mais à tout le moins, du point de vue royal, Ahura Mazda transcendait l’ensemble de ces pratiques.
Relevons un dernier trait typique du Mazdéisme vécu à la cour Achéménide : lors des grandes fêtes, ces sacrifices étaient suivis de banquets impérativement JOYEUX, en l’honneur du roi, et à travers lui en l’honneur du Grand Dieu Ahura Mazda. La JOIE était une caractéristique de cette religion. Il était en ce sens impératif de ne jamais être triste en présence du roi, sous peine de mort ! Rien que ça aura une incidence insoupçonnée sur l’histoire biblique ! Ça vaut le coup qu’on s’y attarde.4. La JOIE au cœur du Mazdéisme achéménide
La JOIE mazdéenne n’est pas le fait d’un sentiment. C’est un COMMANDEMENT ! Or c’est précisément par ce biais que Ne.HèMeYâH, Grand Échanson, c’est-à-dire ministre de Artaxèrxès à l’époque, se fait remarquer par le roi« .HaNâNî, un de mes frères, est venu avec quelques hommes de YeHOuDâH. Je les ai interrogés sur les Juifs, les rescapés qui sont restés de la captivité et sur YeROuShâLaYiM. Ils m’ont dit : « Ceux qui restent, qui sont restés de la captivité là, dans la province, sont en grande misère et outragés ; le rempart de YeROuShâLaYiM est en brèche, et ses portes ont été brûlées par le feu.” En entendant ces paroles, je me suis assis, j’ai pleuré et fait un deuil de plusieurs jours, jeûnant et priant devant le ‘ÈLoHîM des ciels. » (Ne 1,2-4).Quelques jours après Ne.HèMeYâH se trouve en présence du roi pour effectuer son office. « J’étais échanson du roi. Or, au mois de Nisan, en l’an 20 du roi Artaxerxès — le petit-fils de Darius Ier —, chargé du vin devant lui, j’ai pris le vin, et je l’ai donné au roi. Jamais je n’avais été malheureux en face de lui — selon l’étiquette de la cour perse —. Le roi me dit : “Pourquoi cette face de malheur ? Tu n’es pourtant pas malade. Ce ne peut être qu’un malheur du cœur, — c’est-à-dire intérieur — et je fus saisi de frayeur ! — on comprend pourquoi, puisque ne pas être joyeux signifiait qu’on mettait en doute la compétence du roi ; c’était donc puni de mort ! — » (Ne 2,1-2). Il n’empêche : Ne.HèMeYâH va pouvoir plaider la cause de son peuple, et le roi va l’autoriser à partir rebâtir YeROuShâLaYiM sous le titre de Gouverneur de YeHOuDâH/Judée. Nous sommes en 445 avant J.-C.Ça peut paraître un fait divers, mais c’est loin d’être d’anodin puisque cette JOIE impérative à la cour royale va imprégner la culture juive, et se présenter ni plus ni moins que comme l’horizon du chemin de la BÉNÉDICTION si cher aux scribes deutéronomistes. Ce chemin, c’est celui des Psaumes qui tracent précisément, du premier au dernier, un superbe itinéraire qui mène le Juste, fidèle à la TORâH, à la JOIE en présence de YHWH.De ce point de vue, il n’est pas sans intérêt de remarquer que celui qui a réorganisé la liturgie du Temple et qui a finalisé le livre des Psaumes fut précisément Ne.HèMeYâH qui visait d’orienter toute la vie spirituelle du peuple vers la perspective de cette JOIE.Et là, comprenons bien : si l’enseignement mazdéen sur la JOIE a été relayés par la TORâH, c’est que les scribes y ont reconnu la main de YHWH ! Ce n’est en rien une JOIE de façade ; ce n’est en rien une émotion ; c’est de JOIE SPIRITUELLE, de JOIE INTÉRIEURE qu’il s’agit, le meilleur rempart contre toute désespérance. Et cette JOIE, il ne pas chercher à la ressentir… Il faut la CHOISIR, parce qu’elle est la marque de la véritable communion avec la JOIE de YHWH, la JOIE de l’ÊTRE qui se réjouit d’appeler à ÊTRE.C’est ainsi que lorsque “ÈZeRâ‘, qui vient de proclamer publiquement la TORâH devant le peuple en émoi, lance cet appel : « “Ce jour est saint pour YHWH, votre ÈLoHîM ! Ne soyez pas dans le deuil ! Ne pleurez pas !” — car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la TORâH. Il leur dit encore : “Allez, mangez des viandes grasses, buvez des boissons douces et envoyez une part à celui qui n’a rien apprêté pour lui. Car ce jour est sacré à notre ‘ADôN ! Ne vous affligez pas : la joie de YHWH est votre rempart !” » (Ne 8,10).Et comme par hasard, ce thème sera relayé et porté à son sommet par la TORâH Orale de Jésus : « Réjouissez-vous et exultez, car votre salaire est considérable dans les ciels ! » (Mt 5,12) ; « Réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent gravés dans les ciels. » (Lc 10,20) ; « Je vous ai adressé cela pour que Ma joie soit en vous, et que votre joie soit en plénitude. » (Jn 15,11) ; « Maintenant, Je viens vers Toi, J’adresse [ma TORâH Orale] dans le monde afin qu’ils aient Ma joie, celle qui est plénitude, en eux. » (Jn 17,13) ; Pour ne rien dire de saint Paul : « Réjouissez-vous en tout temps, priez sans interruption ! » (1Th 5,16) ; « Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ! Je le dis à nouveau : réjouissez-vous ! » (Ph 4,4) ; et j’en passe… Tout ça trouve sa source dans cette JOIE requise par l’étiquette de la cour royale Perse, en signe de gratitude pour la protection que le roi assurait à ses sujets au nom de Ahura Mazda.5.Les Perses autorisent le retour des Juifs en Judée
Notons pour finir que Ahura Mazda n'a jamais été vénéré qu’en Perse ou par des Perses résidant hors de l'Empire. Leur tolérance envers les divinités propres des peuples vassaux est avérée dans tout l’empire, mais, on l’a dit, elle n’était pas sans condition : ces religions éparses ne devaient pas aller à l’encontre de la religion royale ! On peut donc conjecturer qu’elles ont été sommées de se conformer à ce principe pour recevoir l’aval du roi et renaître de leurs cendres, à commencer par la religion juive.
Dès lors, quand, dans le dernier tiers du vi
e siècle, arrivent à Y
eROuShâLaYiM les premiers groupes de Juifs avec la nouvelle TORâH sous le bras ; au nom du Grand Roi, d’une part, mais surtout, transcendant le principe royal, au nom de YHWH, les voilà tenus de s’opposer à toutes ces pratiques de magie et autres sorcelleries encore en vogue chez ceux qui avaient échappé à l’Exil et étaient restés sur place !
Inutile de dire que les polémiques allaient être vives avec les frères que l’Exil a épargnés et qui, tout en restant de fervents adorateurs de YHWH “à l’ancienne”, pourrait-on dire, continuaient de faire perdurer ces pratiques que la diaspora mésopotamienne, elle, considérait désormais comme contraires à la volonté de YHWH !
Mais nous verrons ça la prochaine fois.
Je vous remercie.
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