01-06-2026

[Dt] Points concrets de Justice en YiSseRâ‘éL (3)

Deuteronomy 23:0 par : Père Alain Dumont
Si vous pensez pouvoir nous aider financièrement : https://www.bible-tutoriel.com/index.php?option=com_content&view=article&id=30&Itemid=228

Plusieurs règles éparses, mais qui ont toutes trait à la BÉNÉDICTION de l’Alliance :
– ne pas prendre la place du père,
– ne pas accueillir n’importe qui dans l’Assemblée,
– maintenir pur le camp de guerre,
– ne pas rendre à son maître un esclave fugitif étranger,
– ne pas faire de vœu inconsidéré,
– ne pas s’approprier à soi seul les fruits des cultures… Autant de points d’attention concrets qui font advenir le JUSTE en YiSseRâ‘éL.
• Notes et documents
Transcription du texte de la vidéo : 
Tous droits réservés.
Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
______________________________________________________________

Bonjour,

Nous ouvrons le ch. 23 du Deutéronome qui poursuit dans la même veine que le précédent la série de règles inhérentes à la vie dans l’ALLIANCE afin de garder les Fils de TOUT YiSseRâ‘éL sur le chemin de la BÉNÉDICTION.

1. Coucher avec “l’épouse de son père” ?

« Un homme ne prendra pas l’épouse de son père et ne découvrira pas le flanc de son père. » (Dt 23,1). Souvent, on rattache ce v. 1 à la fin du ch. précédant, mais c’est à tort. En fait, il ne s’agit pas ici d’un abus autour du mariage. C’est très subtil. Il ne s’agit même pas d’inceste au sens strict, puisqu’on ne parle pas de coucher avec sa propre mère, mais avec « l’épouse de son père », ce qui est possible dans une société polygame. Sauf que ça a une signification très précise, à savoir : PRENDRE LA PLACE DE SON PÈRE ! Prendre la place de celui à qui cette femme, contractuellement parlant, revient de droit !

Quand, par exemple, ‘ADoNîYâHOu/Adonias, un des frères du roi SheLoMoH/Salomon, demande à prendre ‘AVîShaG pour épouse, SheLoMoH répond : « Et pourquoi ne pas lui donner aussi la royauté ? » Eh oui, parce que ‘AVîShaG a été la dernière femme de DâWiD ! Ou au moins sa dernière concubine, pour réchauffer ses vieux jours, comme on dit. Or réclamer cette « épouse de son père », c’est réclamer la place de son père ! D’où la colère de SheLoMoH, parce que par cette revendication, ‘ADoNîYâHOu n’envisage rien de moins qu’un coup d’État contre celui que DâWiD a désigné comme son successeur attitré ! Donc en définitive, le v. 1 de notre chapitre dit : « Tu ne tueras pas ton père pour prendre sa place ! » On n’est pas loin de la psychanalyse…

La seconde partie du verset renforce la première : « découvrir le flanc de son père » ne signifie pas “voir” sa nudité, ni encore moins coucher avec lui, mais prendre la place du père à côté de son épouse ! On a là une injonction négative qui illustre concrètement le cinquième commandement du Décalogue : « Glorifie ton père. » (Dt 5,16). Donc, encore une fois : ne prend pas sa place ! Maîtrise ton Œdipe !! Renonce à cette abomination ! Pourquoi ? Pour une simple raison morale ? « Ne fais pas à ton père ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » ? Allons donc !

L’enjeu, pour la TORâH, est bien plus vaste ! Tu appartiens à un CORPS qui est ton peuple et sans lequel tu es juste mort ! Un Juif — comme un chrétien du reste — ne vit QU’en étant membre du CORPS qui le structure et le nourrit. Donc de la même manière qu’une main qui fait le mal entraîne tout le corps à faire le mal, tout ce que tu fais dans ton coin en tant que membre de TOUT YiSseRâ‘éL impacte ce CORPS ! De sorte que si tu fais le MAL, tu entraînes le CORPS entier sur le chemin de la MALÉDICTION ; si tu fais le BIEN, tu entraînes le CORPS entier sur le chemin de la BÉNÉDICTION avec toi.

Donc l’ordonnance du v. 1 de notre chapitre, le .HoQ qui constitue ce verset, a une vision MAGNANIME qu’il ne faut pas éluder, sauf à rendre la TORâH ennuyeuse au possible. Ce v. 1 a pour visée rien de moins que la BÉNÉDICTION de l’ALLIANCE pour toutes les générations du peuple ! L’enjeu est double : maintenir un rapport juste, d’une part de la GÉNÉRATION DES FILS à la GÉNÉRATION DES PÈRES ; et d’autre part, analogiquement, des Fils de YiSseRâ‘éL à ‘ÈLoHîM comme Père ! « N’en viens pas à prendre la place de ‘ÈLoHîM !!! » Abomination de l’abomination qui est au cœur de ce que la TORâH désigne du nom de PÉCHÉ — qui commence avec le péché de ‘ÂDâM et, il faut bien l’avouer, se poursuit jusqu’à aujourd’hui avec la société contemporaine —, ce PÉCHÉ qui est le porche d’entrée du chemin de la MALÉDICTION dont l’horizon est le retour dans le ToHOu WâVoHOu.

2. Les parias de la Communauté

Les v. 2 à 9 parlent à présent des personnes exclues de « l’assemblée de YHWH », du QâHâL YHWH. QâHâL, קָהַל,est un mot qu’on a déjà rencontré et que le Deutéronome affectionne particulièrement dans la mesure où ce QâHâL représente le CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL, y compris la diaspora, toutes générations confondues. En d’autres termes, le QâHâL est la manifestation visible de la ‘ÉDâH invisible, c’est-à-dire de la COMMUNAUTÉ DE TÉMOIGNAGE que constitue le CORPS UN, le CORPS ‘è.HâD de TOUT YiSseRâ‘éL.

Le v. 2 commence par exclure les eunuques, très en vogue dans les cultes païens. Un homme, en particulier s’il appartient à l’ALLIANCE, est fait pour engendrer. Donc cette pratique de mutilation génitale est contradictoire avec la VIE et la BÉNÉDICTION au service desquelles est appelé TOUT YiSseRâ‘éL ! Encore une fois, l’objectif de la TORâH est de consumer le mal, c’est-à-dire ce qui meurtrit le mouvement de la vie. Donc cette règle a toute sa place ici.

Le v. 3 traite du MaMeZéR, מַמְזֵר, un mot très rare qui vient de la racine MâZaR, c’est-à-dire mêler, mélanger. Il désigne ce qu’on appelle, en général de manière condescendante, un « bâtard », l’enfant né d’un inceste ou d’un adultère. Or point n’est là le propos de la TORâH. Elle met en mots une RÉALITÉ choquante qu’elle tente de PRÉVENIR : à travers l’inceste ou l’adultère, tu inscris dans la CHAIR de l’enfant qui en émane un poids dont il est innocent, et qui lui sera insupportable à porter !

Dit autrement : tout innocent qu’il soit, cet enfant porte dans sa CHAIR la faute de ses pères, et manifeste à quel point l’inceste comme l’adultère sont des pratiques qui affectent charnellement la VIE DU CORPS tout entier, encore une fois ; ce CORPS dont la raison d’être est d’être cette ‘ÉDâH, cette COMMUNAUTÉ DE TÉMOIGNAGE SANS TACHE que YHWH veut épouser ! Le propos n’est donc méprisant en aucune manière : il est audacieux ! Tu connais l’effet de l’inceste et de l’adultère, DONC : ne le fais pas ! Alors, YiSseRâ‘éL, si tu consumes le mal de chez toi, ‘ÈLoHîM pourra aller jusqu’au bout de son projet créateur : t’épouser, entrer dans la CRÉATION et la faire passer, avec toi, du POTENTIEL AU RÉEL.

On retrouvera exactement le même impératif dans la foi chrétienne : « Époux, aimez de charité vos épouses — mettez-vous à leur service — comme le Christ a aimé de charité l’Église — la ‘ÉDâH, chrétienne, la COMMUNAUTÉ qui TÉMOIGNE de la Résurrection du Christ — et s’est livré pour Elle — le service porté à la plénitude —, afin de La consacrer en La purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne — un bain d’eau rendu PARLANT, donc VIVIFIANT — ; afin de se La présenter à Lui-même, [cette Église] glorieuse — qui a du poids dans l’histoire du projet divin —, sans tache — sans adultère et sans inceste vers les idoles qui fasse porter à la descendance la faute de ses pères —, sans ride — éternelle — ni rien de tel, mais consacrée et sans reproche — dans la vérité tout entière, c’est-à-dire capable de rendre témoignage de la VOIX divine en Elle, du VERBE divin qui pénètre par elle dans la CRÉATION, la rend PARLANTE et donc VIVANTE, et l’entraîne ainsi à Sa suite sur le chemin de la BÉNÉDICTION —. » (Éph 5,25-27).

Donc ce v. 3 ne vise définitivement pas à réprouver une descendance bancale par la faute des pères, mais à PRÉVENIR tout acte compulsif dont les conséquences dépassent infiniment la génération qui les pose, en obligeant la DESCENDANCE à en porter charnellement les conséquences !

Souvenons-nous du mot de Bossuet : « Dieu se rit des prières qu'on luy fait pour détourner les malheurs publics, quand on ne s'oppose pas à ce qui se fait pour les attirer. » J.-B. Bossuet, Histoire des Variations des Églises protestantes, vol. I, livre IV, éd. Vivès (1688), p. 149. On résume souvent cette citation en glosant avec Jules Lemaître : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » « Jouir sans entraves, qu’ils disaient en se revendiquant libre de faire ce qu’ils voulaient… On voit aujourd’hui les conséquences que portent leurs descendants, tout innocents qu’ils soient. On est au cœur de l’histoire de ‘ÂDâM et de .HaWWâH/Ève…

3. Les peuples bâtards

Les v. 4 à 7 sont liés au v. 3 au sens où la tradition juive enseigne que les “AMMoNîM et les MO‘âVîM sont des descendants incestueux de Lot avec ses filles — on raconte ça en Gn 19,30-38 —.

Quoi qu’il en soit, voici deux peuples que les prophètes maudissent à l’envie dans la mesure où ils s’opposent régulièrement à YiSseRâ‘éL. Une opposition ancestrale qui a commencé, dit la TORâH, dès l’époque de Moïse : d’après Dt 2, au lieu d’offrir l’eau et le pain en signe d’accueil au passage des Hébreux sur leur sol, les “AMMoNîM et les MO‘âVîM les leur ont VENDUS ! Mauvais présage !

Si on ajoute à ça une tradition selon laquelle, alors que les Hébreux traversaient les steppes à l’Est de la Mer de Sel, le roi de MO‘âV avait convoqué le prophète BiLe“âM pour maudire ce peuple, définitivement, ça ne passe pas. Quand bien même YHWH a obligé BiLe“âM à bénir son peuple, l’intention première demeure ! Donc méfiance !

Plus indulgent est le v. 8 à propos du ‘ADoMî/Édomite. Il ne se trouve d’ailleurs pas dans la liste des peuples ennemis des ch. 12 et 14. ‘ÈDOM, c’est “ÉSsâW/Esaü , le frère de Ya”aQoV ; et quand bien même certains rabbins parlent aujourd’hui de “ÉSsâW comme le type même des nations ennemies de YiSseRâ‘éL, le livre des Nombres, au ch. 20,14-21, raconte que les Fils de YiSseRâ‘éL ont refusé de combattre les ‘ADoMîM, malgré leur hostilité. Donc il existe quelque chose, une origine commune, dit notre v. 8, qui travaille ces deux peuples et leur interdit de se porter mutuellement la haine.

4. Le statut singulier de MiTseRaYîM

Surprenante est la tolérance vis-à-vis de MiTseRaYîM où il n’est pas dit que YiSseRâ‘éL a été esclave, mais simplement « résident ». On l’avait déjà entendu au ch. 10 : « Aimez le résident — c’est-à-dire mettez-vous à son service — car vous avez été des résidents sur le sol de MiTseRaYîM. » (Dt 10,19). Ça fait partie de ces indices qui montrent que le récit du séjour en MiTseRaYîM s’est construit peu à peu. Alors oui, il y a eu une villégiature des Hébreux en MiTseRaYîM, ce n’est pas douteux ; encore faudrait-il voir de quelle villégiature il s’agit puisqu’ici, le statut de résident est pris comme un acte de mémoire plutôt positif.

En tout cas, voilà encore un indice qui confirme qu’à l’époque de la rédaction du Deutéronome, le récit patriarcal de la TORâH n’est pas encore en place ; d’autre part, on sait qu’au moment de l’Exil, une part des Fils de YiSseRâ‘éL est partie se réfugier en Égypte — c’est l’autre mouvement exilique : la part la plus importante émigre à Babylone, mais une autre part prend le chemin du Sud, notamment avec le prophète Jérémie. Donc à l’époque de la rédaction de la TORâH, des communautés juives résident en Égypte, non seulement sans être plus réduites à l’esclavage mais en ayant pignon sur rue sans être inquiété.

Le scribe met un peu d’eau dans son vin à propos des mariages inévitablement mêlés dans ces circonstances. Sans oublier ici l’influence prophétique : Isaïe, au ch. 19, dit que YHWH a pour dessein de convertir MiTseRaYîM et de l’unir à son peuple Le servir. Jusqu’à autoriser les descendants de telles unions qui le voudront à entrer dans l’Alliance à la 3e génération ; à quoi fait référence le v. 9.

5. Le parfait soldat

Les v. 10 à 15 composent quant à eux le règlement du parfait soldat — on a presque envie de dire du parfait scout ! —. Alors redisons-le : quand YiSseRâ‘éL part en campagne, ce n’est pas pour étendre son empire mais pour garder ses frontières, à l’instar de tous les peuples alentour.

Mais surtout, même en guerre, TOUT YiSseRâ‘éL ne cesse pas d’être un peuple consacré à YHWH ! Il ne fait pas la guerre « pour YHWH », qui n’a pas de prétention guerrière, au contraire. Dans le cantique de Judith, Il est même appelé le « briseur de guerres », en 9,7 et 16,14. L’objectif de YHWH est décidément de consumer le mal à l’INTÉRIEUR du peuple qu’Il a choisi. Mais il n’empêche : face à l’agression extérieure toujours possible des nations, il faut se tenir prêt à se défendre, et donc envisager les règles qui maintiendront les soldats dans le giron de l’ALLIANCE et de la BÉNÉDICTION qui lui est attenante.

Alors le texte n’a pas peur du concret : le plaisir solitaire nocturne est ciblé dans la mesure où ce sont des choses qui arrivent quand on est loin de sa femme ; or la semence est faite pour donner la vie, pas pour être versée à terre. Raison pour laquelle, en cas d’accident, un rituel de purification est mis en place. La question n’est pas puritaine ! Il s’agit encore et toujours de consumer le mal. Et on sait qu’en temps de guerre, si on n’y prend pas garde, la débauche peut rapidement s’installer en inventant tous les prétextes possibles pour se donner l’apparence de la justification ! Donc autant prévenir que guérir, et ce dès les premiers signes avant-coureurs.          

Il y a aussi la question des excréments qui relèvent aussi d’un signe de mort. Il y a bien sûr la question de l’hygiène, mais là encore : prendre de la hauteur : si YHWH est au milieu du camp, il faut garder dans ce camp la pureté qui sied à la vie ! Donc on couvre les ordures inévitables pour laisser le sol propre. Un soldat de YHWH ne peut pas laisser souiller le camp qui Lui est consacré par le mépris des immondices qu’on laisserait s’accumuler du fait d’une troupe amassée dans le lieu. Inutile d’en dire plus.

6. Se distinguer des nations

Les versets qui suivent reprennent des éléments de distinction absolue des pratiques de TOUT YiSseRâ‘éL d’avec celles des nations.

Les v. 16-17 sont les seuls qui parlent des esclaves fugitifs, en imposant de ne pas les rendre à leur maître. Toutes les lois connues du Moyen-Orient prescrivent l’inverse, quand ce n’est pas de les mettre à mort. Il ne s’agit même pas des esclaves israélites dans la mesure où il leur suffirait de rejoindre leur clan. Il s’agit ici des esclaves étrangers.

Est-ce qu’il y aurait ici, malgré ce qu’on vient de dire, le souvenir d’une libération de la servitude en MiTseRaYîM, en mémoire de quoi TOUT YiSseRâ‘éL se sentirait solidaire des esclaves qui voudraient trouver sur son sol un droit d’asile ? Pourquoi pas ? Quoi qu’il en soit, ça ne manque pas de panache.

Même chose concernant des prostituées sacrées : pas de ça en Israël ! C’est aux v. 18-19.

Autre sujet abordé par les v. 20-21 : le prêt à intérêt à l’intérieur du peuple doit être banni. Alors là, comme toujours lorsque l’argent s’en mêle, ce n’est jamais simple ! Et la Bible s’arrache les cheveux en constatant que malgré des règles comme celle-ci, les prêteurs honnêtes sont rares, et que les pauvres se multiplient en YiSseRâ‘éL .

Jésus, dans ce sens, sera sans complaisance contre les nantis qui ne voient même pas les pauvres qui sont à leur porte, comme dans la parabole du Riche et de Lazare. Ceci dit, l’idée demeure qu’un prêt honnête reste possible : le Ps 15, par exemple, dit explicitement que le JUSTE prête aux pauvres sans intérêts, et que par là, ses entreprises sont BÉNIES.

Au moins, il faut reconnaître au Deutéronome une belle hauteur de vue, et aujourd’hui, dans le monde Juif comme dans le monde chrétien, nombreuses sont les organisations qui pratiquent le « prêt d’honneur », c’est-à-dire le prêt sans intérêt que le bénéficiaire s’engage sur l’honneur à rembourser intégralement. La source de cette œuvre n’est pas ailleurs que dans nos versets. Et tant qu’on aura de telles œuvres de charité, on pourra dire que le Deutéronome n’énonce pas que des utopies.

Là encore, c’est d’ALLIANCE qu’il s’agit par l’évocation de la BÉNÉDICTION ; c’est le sens de la fin du v. 21. Manière de dire que cette règle ne peut être appliquée que par celui qui consent à être illuminé par le dessein d’ALLIANCE que YHWH inscrit dans le cœur de ses JUSTES. Un dessein que Jésus accomplira en plénitude.

7. Pas de radicalité trop  brutale, ni contre toi, ni contre ton frère 

Les v. 22 à 24 rappellent immanquablement le ch. 30 du Livre des Nombres, et confirme ce que nous disions à son propos : la TORâH n’encourage pas les vœux. La vertu du JUSTE consiste donc à ne pas en faire. En revanche, pour celui qui s’y risque, ne pas s’y tenir est une cause d’exclusion de l’ALLIANCE ! Et dans le contexte du Deutéronome, il y a fort à parier qu’il y a là la dénonciation d’une pratique du vœu courante chez les païens. Auquel cas on a là encore un point de distinction qui sépare YiSseRâ‘éL d’avec les nations. On n’en dira pas plus ici.

Les deux derniers versets renvoient, eux, au ch. 19 du livre du Lévitique dont les v. 9 et 10 parlent du droit du pauvre et de l’immigré. Ici, c’est TOUT YiSseRâ‘éL qui est sujet de cette règle dans laquelle on reconnaît le souci de maintenir éveillée la conscience de ce peuple, appelé à se distinguer des nations en mettant en travail les relations des Fils de YiSseRâ‘éL entre eux.

Le Fils de YiSseRâ‘éL qui passe dans la vigne ne doit pas s’en approprier les fruits en faisant une récolte indue, c’est entendu ; mais d’un autre côté, le propriétaire de la vigne ou du champ ne doit pas non plus se considérer comme seul bénéficiaire d’un sol dont TOUT YiSseRâ‘éL est l’HÉRITIER, et non pas seulement quelques nantis privilégiés.

On pourrait résumer en disant : qu’importe que des gens grappillent ton aire. Le sol te donne en surabondance, et dans une certaine mesure, il est normal que certains de tes frères puissent, le cas échéant, se nourrir de ses fruits — on songe ici aux disciples du Christ qui grapillaient le blé sur le bord du chemin, c’est en Mt 12, entre autres —.

Là encore, ça ne manque pas de noblesse, et on aurait tort de penser qu’il ne s’agit là que d’une utopie. Ces versets sont vivants parce que, dans le mouvement de l’ALLIANCE et des BÉNÉDICTIONS qui lui sont attenantes, ils sont PARLANTS, et donc VIVANTS.

Voilà. Je vous laisse lire ce chapitre et y trouver votre nourriture. Nous verrons la suite la prochaine fois.

Je vous remercie.
______________________________________________________________