01-06-2026

[Dt] Efface le Doute !

Deuteronomy 25:0 par : Père Alain Dumont
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Où l’on découvre le sens caché des règles de la TORâH qui nous ouvrent à l’importance de la FOI pour effacer le DOUTE du cœur de l’homme vis-à-vis de l’ÉLECTION.
– Cela demande à ce que la JUSTICE soit rendue JUSTEMENT et sans abus.
– Cela demande de ne pas laisser les mains porter des coups bas.
– Cela demande de savoir effacer la mémoire de “AMâLéQ dont le rêve, depuis le commencement, est de génocider le peuple de YHWH.
• Notes et documents
Transcription du texte de la vidéo : 
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Citation : mentionner : © Père Alain Dumont, La Bible en Tutoriel, http://www.bible-tutoriel.com/ + titre de l'article
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Bonjour,

Nous avançons dans la lecture du Deutéronome en ouvrant le ch. 25. On sent que se met en place de plus en plus la conscience d’une ALLIANCE DE VIE qui, si on consent à en suivre les règles, libère véritablement le peuple de l’esclavage de cette convoitise par lequel le péché nous entraîne sur chemin de la MALÉDICTION.

Ceci dit, s’il est bon d’être fidèle aux prescriptions de la TORâH, un danger peut-être inattendu se profile, à savoir les ABUS possibles de la règle. Et ce sera donc JUSTICE de leur faire la guerre, avec pour arme l’ÉTUDE de la TORâH de Moïse !

1. Veiller à rendre justice avec justice (v. 1-4)

Les v. 1 à 3 commencent en considérant la question des JUGES — les fameux ShoPheTîM —, chargés d’éviter l’inflation des litiges crapuleux au sein du peuple de TOUT YiSseRâ‘éL.

D’abord, rappel de la fonction : « Ils justifieront le juste — c’est-à-dire ils le reconnaîtront JUSTE — et ils incrimineront le criminel. » (Dt 25,1) ; ok. D’accord sur le principe, mais il s’agit aussi de veiller à ce qu’une fois la sentence prononcée, l’APPLICATION de la sanction ne déborde pas ! La TORâH connaît bien cette fascination qu’exerce le mal sur l’humain ; elle connaît cette propension à s’enivrer de violence quand on a dépassé la dose prescrite, à se délecter des décharges d’ocytocine qui aveuglent le comportement et le font virer au sadisme…

Donc la TORâH, dans sa sagesse, anticipe : si le criminel est condamné à la bastonnade, qu’il soit battu pour sa faute, mais PAS PLUS ! Car aussi JUSTE que soit la sanction, elle en deviendrait IN-JUSTE, en particulier aux yeux de YHWH.

Pour la petite histoire, les « quarante coups » qu’évoquent nos versets sont précisément ceux que recevra Saint Paul par cinq fois, comme il le raconte en 2Co 11,24. « Quarante coups moins un », dira-t-il, ce qui correspond à la préconisation de la TORâH Orale juive, précisément pour prévenir tout débordement, toute IN-JUSTICE.

Puis vient le v. 4, surprenant, mais qui a son importance. Il se pouvait en effet qu’on musèle le bœuf au moment du foulage pour qu’il n’en broute pas le grain. Cela n’est pas JUSTE, dit la TORâH ! Et saint Paul, en bon rabbin qu’il est, de donner l’interprétation classique de ce verset à son époque :

« Dans la TORâH de Moïse, il est écrit : “Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain”. ‘ÈLoHîM aurait-Il souci des bœufs ?  Ou n’est-ce pas absolument à cause de nous qu’Il parle ? C’est bien à cause de nous qu’il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance ; et celui qui foule le grain, avec l’espérance d’avoir sa part. » (1Co 9,9-10). Autrement dit : « L’ouvrier est digne de son salaire » (1Tm 5,18).

C’est super bien vu : en fait, celui qui commence par museler son bœuf aura tôt fait de museler ses propres ouvriers ! La TORâH est vraiment experte pour anticiper les assauts du YéTsèR HaRa“, du Mauvais Penchant auquel n’échappe pas le Fils de YiSseRâ‘éL. Elle lui fournit donc les éléments de discernement pour qu’il travaille à combattre INTÉRIEUREMENT ce YéTsèR HaRa“ et offrir la victoire au YéTsèR HaToV ! De cette guerre INTÉRIEURE, il sera précisément question dans la dernière partie du chapitre. Ces deux passages composent donc une inclusion qui positionne cette guerre INTÉRIEURE comme la trame de tous les cas particulier que traite le ch. 25.

2. Le Lévirat (v. 5-10)

Les v. 5 à 10 traitent de ce qu’on appelle l’ « Ordonnance du Lévirat ». Le mot Lévirat vient du latin [lēvĭr, iri] qui signifie : beau-frère, YeVOuM, יְבוּם, en hébreu.

L’ordonnance est la suivante : Lorsqu’un homme marié meurt sans enfant, la TORâH met son frère dans l’obligation d’épouser sa veuve. Le fils aîné issu de cette union avec le beau-frère est dès lors considéré comme le descendant légal du premier époux, de sorte que son nom ne soit pas effacé du CORPS de TOUT YiSseRâ‘éL, et que son héritage ne soit pas perdu.

En soi, la TORâH n’invente rien : cette pratique remonte au 2e millénaire avant J.-C. chez les Hittites et les Hourrites, au Nord-Ouest de la Mésopotamie ; par là elle remonte même en Asie. On la retrouve dans les cultures égyptienne, phénicienne, Assyrienne, etc. Donc rien d’étonnant à ce qu’elle passe chez les Fils de YiSseRâ‘éL.

Souvenons-nous : c’est à propos de cette ordonnance que les sadducéens viennent un jour interpeler Jésus : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si le frère de quelqu’un meurt en abandonnant une femme sans lui avoir laissé d’enfant, qu’il prenne la femme et suscite une semence à son frère. Ils étaient sept frères ; le premier a pris femme, et est mort sans laisser de semence. Le deuxième l’a prise, et est mort sans laisser de semence. Le troisième pareillement. Et aucun des sept n’a laissé de semence. Et en dernier de tous, la femme aussi est morte. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, puisque les sept l’ont eue pour femme ? » (Mc 12,19-22).

Alors on entend bien le piège tendu à Jésus, mais en attendant, l’occasion est précisément cette fameuse ordonnance du Lévirat. Appliquée avec justice, outre le fait qu’elle permet à la veuve de continuer à bénéficier de la protection du clan qu’elle a rallié par son mariage ; outre le fait qu’elle maintient le nom et le patrimoine du défunt dans sa famille ; cette ordonnance se greffe sur les fondements mêmes de la TORâH de Moïse, selon un principe simple : c’est dans sa descendance qu’un homme se trouve BÉNI, et à travers lui, TOUT YiSseRâ‘éL auquel il appartient évidemment.

Ceci dit, le Deutéronome admet qu’on puisse échapper à cette ordonnance par la cérémonie publique de la .HaLîTsâH, חַלִיצָה, Quand le YeVOuM refuse le mariage contraint, la veuve se libère de cette obligation en crachant, soit au visage de son beau-frère, soit en crachant au sol devant lui, avant de lui ôter une chaussure — manière de signifier une sorte de trahison du sol, du patrimoine —. Du coup, la maison du frère devenait cette « maison du déchaussé » qu’évoque le v. 10. La procédure est encore la norme aujourd’hui dans la plupart des communautés juives.

Ce qui importe par ailleurs au scribe, c’est que cette cérémonie soit présidée par les Anciens, toujours dans l’idée de prévenir les abus. La suite est assez triviale.

3. Pas touche aux gonades ! (v. 11-12)

Comme on vient de le dire, les v. 11-12 sont assez triviaux. On imagine la scène… deux hommes se battent, quand tout à coup l’épouse de l’un surgit pour voler au secours de son homme en saisissant son adversaire par les burnes ! Wouaille !

La question n’est pas ici qu’il s’agisse d’un coup bas ; la question est qu’en faisant ça, la femme, dont le corps tout entier est fait pour porter la vie, porte atteinte à la faculté d’engendrement de l’homme ; donc elle porte atteinte à la VIE ! On est donc au comble du paradoxe : celle qui est au service de la vie s’attaque aux organes mêmes de la vie ! Voilà l’ALLIANCE touchée en plein cœur, et tout YiSseRâ‘éL avec Elle ! Imaginons que cet homme ait été choisi pour engendrer le Messie et qu’il s’en trouve empêché par la furie malsaine de cette femme ?

Du coup, la peine retombe sur la femme comme un boomerang : qu’on lui coupe la main, sans miséricorde est-il précisé ! Pourquoi ? Parce que, dans l’ALLIANCE, la main est faite pour élever, pas pour écraser ; pour donner la vie, non pour donner la mort.

Alors ça peut surprendre, mais Jésus, à sa manière, intègre  la sentence : « Si ta main droite te fait chuter, tranche-la et jette-la loin de toi ; car il est plus opportun pour toi que périsse un seul de tes membres plutôt que tout ton corps ne s’en aille dans la Géhenne. » (Mt 5,30).

Ce sont les deux seules mentions d’une telle sentence dans toute la Bible, de sorte que le Christ est légitime pour faire entendre l’intention PRÉVENTIVE, et non pas exécutoire, de la sentence Deutéronomique : et de fait, on n’entendra jamais dire nulle part dans la Bible que cette prescription ait été appliquée ; signe que la menace est efficace. Reste que le propos de Jésus est sérieux ! Gare à la Géhenne ! Ne perdez pas la main, au sens propre ! Ne contrevenez pas à la JUSTICE de ‘ÈLoHîM !

4. Deux poids, deux mesures (v. 13-16)

Alors, parlant de JUSTICE, observons les v. 13 à 16 le système des poids et des mesures qui avait tendance à glisser facilement à la malversation ! Cette règle vient des dénonciations qui remontent au tout début de la prophétie en YiSseRâ‘éL, dès le viiie siècle avec “ÂMOS : « Écoutez ceci, vous qui écrasez l’indigent pour faire disparaître les humbles du Sol ! Vous dites : “Quand donc sera passée la néoménie pour que nous vendions le grain, et le ShaBâT, que nous écoulions le froment ? Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons le shekel, nous fausserons les balances pour tromper ! Nous achèterons les faibles avec de l’argent et l’indigent pour une paire de sandales ; et nous vendrons les déchets du froment !” » (Am 8,4-6).

Bien plus tard, au ve siècle, le livre des Proverbes y reviendra, signe que la tendance à la malhonnêteté est de tous les temps : « Les balances trompeuses sont une abomination pour YHWH, cependant que le poids exact a Sa faveur. Que vienne l’arrogance et vient l’ignominie ; mais avec les humbles est la sagesse. L’intégrité des droits les guide, mais l’iniquité des traitres les dévaste. La fortune ne sert de rien au jour de la colère, mais la justice délivre de la mort. La justice de l’homme accompli aplanit son chemin, mais le méchant tombe par sa méchanceté. La justice des droits les délivre, mais les traitres sont pris par leur avidité. » (Pr 11,1-6).

Concrètement : l’‘ÉPhâH, c’est une mesure de capacité pour les grains ou la farine, qui avoisine les 36 litres. Facile à trafiquer.L’idée, c’est que si en termes commerciaux, prendre de la marge fait partie de l’équation ; laissée à son propre jeu, cette pratique glisse à tous les coups sur des excès de majoration ! Toujours ! Et le monde de l’argent-roi justifiera à chaque fois ces excès, on l ‘a évoqué dans la dernière vidéo.

Prendre ce chemin, dit la TORâH, fait inexorablement tomber dans ce que la Bible appelle le COMBLE de la faute : je me mets à tellement la justifier que la faute devient mon mode de fonctionnement, sans que la malhonnêteté ne me pose plus aucun cas de conscience ! « Puisque ça marche », comme on dit. On est au COMBLE du péché parce qu’on commence à l’aimer ! On aime sa fraude qu’on considère, tout bien pesé — c’est le cas de le dire —, « normale ». Rappelons-nous le père Rapin, au xviie siècle : « Si c’est un mal d’être aveugle, c’est le comble du mal que d’aimer son aveuglement. » (René Rapin (s.j.), Œuvres du Père Rapin, vol. iii (1725), p. 251).

Eh bien : la TORâH est donnée pour montrer le chemin de la VIE et de la BÉNÉDICTION et sortir de l’aveuglement : dans ta manière de faire de manipuler ton ‘éPHÂH, sers-tu la VIE ou la MORT ? Es-tu vivant ou es-tu mort ? Souvenons-nous : si un MAL est nécessaire à l’obtention d’un BIEN, alors ce BIEN est un MAL ! Le choisir, c’est marcher sur le chemin de la MALÉDICTION et revenir au ToHOu WâVoHOu !

Donc : BÉNÉDICTION et MALÉDICTION sont remis devant toi, et c’est une grâce que YHWH t’accorde de te le révéler pour que tu choisisses de te libérer de la malveillance de la convoitise ; elle te permettra, certes,  de vivre dans le confort, mais un confort qui aura une odeur fétide… la tienne : « Car quiconque fait cela, quiconque pratique l’iniquité est en abomination à YHWH, ton ‘ÈLoHîM ! » (Dt 25,16).

Alors maintenant, quel rapport de tout ça avec les derniers versets du chapitre qui commandent d’éradiquer “AMâLéQ, l’ennemi héréditaire de YiSseRâ‘éL ? C’est ce qui nous reste à étudier.

5. “AMâLéQ, l’ennemi intérieur (v. 17-19)

“AMâLéQ est l’ennemi personnifié de TOUT YiSseRâ‘éL dans la TORâH et dans toute la Bible. D’après Gn 36,12, “AMâLéQ est à la tête d’une tribu nomade du NèGèV ; il est l’un des petits-fils de “ÉSsâW, le frère de Ya”aQoV et dont le deuxième nom est ‘ÈDOM — raison pour laquelle ses descendants sont les Édomites, on l’a vu au ch. 23 qui établissait un lien particulier entre les Fils de ‘ÉDOM et les fils de YiSseRâ‘éL : « Tu n’auras pas l’Édomite en abomination car il est ton frère. » (Dt 23,7).

Seulement voilà : tout descendant de “ÉSsâW qu’il soit, Le prophète SheMOu‘éL enverra le roi Shâ‘OuL exterminer les Amalécites ! Et puis, et puis, à l’époque Perse, il y aura le fameux HâMâN, הָמָן, descendant de ‘AGaG, אֲגַג, roi des Amalécites, qui envisagera sérieusement le génocide de tous les juifs de l’empire !

C’est un peu comme si, en “ÉSsâW, il y avait deux facettes : celle de ‘ÈDOM, la face fraternelle qui se réconcilie avec Ya”aQoV ; et puis la face “AMâLéQ, qui est l’ennemi héréditaire qui jure la perte de Ya”aQoV et de sa descendance. Encore que ce ne soit pas si simple, parce qu’au milieu du ve siècle, quand Ne.HèMeYâH relance la liturgie du Temple, c’est à des Amalécites, connus pour la qualité de leur chant, qu’il va faire appel ! Donc politiquement parlant, il ne faut pas trop non plus forcer l’opposition !

Alors une fois n’est pas coutume : on va aller voir du côté de la kabbale, et plus particulièrement de la GUÉMATRIE, c’est-à-dire la science des nombres associés aux mots hébreux dans la Bible.

En tant que tel, “AMâLéQ, עֲמָלֵ֔ק, apparaît au ch. 17 de l’Exode. Au début du chapitre, on a l’épisode de RePhîDîM où le peuple, qui a soif, met YHWH à l’épreuve jusqu’à douter de sa présence. Pour rappel, YHWH ordonne à Moïse de frapper le rocher pour qu’en jaillisse de l’eau, mais ce qu’on retient de cet épisode, c’est vraiment que le peuple a douté : « [Moïse] appela le lieu du nom de MaSSaH et MeRîVâH — Lieu d’Épreuve et de Procès — à propos du procès des fils de YiSseRâ‘éL et parce qu’ils ont éprouvé YHWH en disant : “YHWH est-Il au sein de nous, ou non ?” » (Ex 17,7). C’est donc l’épisode du DOUTE, SâPhéQ, טָפֵק, en hébreu ; suite de quoi paraît “AMâLéQ !

L’épisode est connu : « Vint “AMâLéQ qui mena la guerre contre YiSseRâ‘éL à RePhîDîM. Moïse dit alors à YeHOShOu“a : “Choisis pour nous des hommes, et sors mener la guerre à “AMâLéQ. Moi, demain, je me tiendrai sur le haut de la colline, le bâton de ‘ÈLoHîM en ma main.”

YeHOShOu“a fit selon ce que Moïse avait dit pour mener la guerre contre “AMâLéQ. Moïse, ‘AHaRoN et .HOuR montèrent sur le haut de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, YiSseRâ‘éL gagnait. Et quand il la reposait sa main, “AMâLéQ gagnait. Or les mains de Moïse s’alourdissaient… Ils prirent une pierre, la placèrent sous lui et il s’y assit. ‘AHaRoN et .HOuR lui soutenaient les mains, d’un côté l’un, d’un côté l’autre. Et les mains [de Moïse] restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et YeHOShOu“a écrasa “AMâLéQ au fil de l’épée. » (Ex 17,8-13)

Donc “AMâLéQ profite du DOUTE de YiSseRâ‘éL pour attaquer ! Et les kabbalistes de remarquer qu’entre le DOUTE, SâPhéQ, et “AMâLéQ, la valeur numérique régulière est la même — la kabbale a cinq autres systèmes numériques, mais on les laisse de côté — :
טָפֵקס:60 + פ:80 + ק:100 = 240
עֲמָלֵ֔קע:70 + מ:40 + ל:30 + ק:100 = 240

Il y a donc une analogie entre les deux. Du coup, l’épisode peut s’interpréter de la manière suivante : quand Moïse a les mains levées, le DOUTE disparaît, la foi des Hébreux se ravive et ils l’emportent sur “AMâLéQ. En revanche, quand les mains de Moïse, s’alourdissent, le DOUTE reparaît, YiSseRâ‘éL se retrouve affaibli et c’est  “AMâLéQ qui l’emporte. D’où l’injonction d’Ex 17,14 reprise par notre chapitre : « Pour effacer, J’effacerai la mémoire de “AMâLéQ de dessous les ciels ! » (Ex 17,14) ; « Efface la mémoire de “AMâLéQ de dessous les ciels ! » (Dt 25,19). Qu’est-ce que ça veut dire ?

« Efface la mémoire de “AMâLéQ » se dit : TiMe.HèH ‘èT ZéKhèR “AMâLéQ, עֲמָלֵ֔ק זֵ֣כֶר אֶת־ תִּמְחֶה֙, La valeur numérique de ZeKhaR est 227. Il faut donc entendre : efface le ZeKhaR — 227 — de “AMâLéQ — 240 ! 240 - 227, ça donne 13, qui est la valeur numérique de ‘è.HâD, c’est-à-dire UN ; comme on dit de YHWH qu’il est le DIEU ‘è.HâD : « SheMa“ YiSseRâ‘éL, YHWH ‘ÈLoHéYNOu, YHWH ‘è.HâD ! » (Dt 6,4) ; ou encore que TOUT YiSseRâ‘éL, en tant que peuple de YHWH, est ‘è.HâD. Alors, ayant effacé la MÉMOIRE de “AMâLéQ, le peuple est fort de la force de YHWH ‘è.HâD !

Maintenant, comment effacer la mémoire de “AMâLéQ ? Eh bien en effaçant le SâPhéQ, en effaçant le DOUTE  — puisque SâPhéQ et “AMâLéQ ont la même valeur numérique, effacer l’un, c’est analogiquement effacer l’autre ; ! Pour la kabbale, mener la guerre contre “AMâLéQ ne consiste pas à mener une guerre extérieure, mais à soutenir la FOI en YHWH, en particulier quand on est tenté de se révolter parce que le contexte est en bute contre nous.

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Il faut pour cela maintenir les mains de Moïse élevée, c’est-à-dire scruter la TORâH, l’étudier sans relâche et s’attacher à YHWHW de tout son cœur, de tout son être et de toute sa force ! On efface ainsi la MÉMOIRE de “AMâLéQ, ne serait-ce qu’en récitant autant que nécessaire le SheMa“ YiSseRâ‘éL : « SheMa“ YiSseRâ‘éL, YHWH ‘ÈLoHéYNOu, YHWH ‘è.HâD ! Tu aimeras YHWH, ton ‘ÈLoHîM, de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta vigueur. Ces paroles que moi, je vous donne en MiTseWâH aujourd’hui, seront sur ton cœur. Inculque-les à tes fils, rends-les parlantes, assis dans ta maison, en allant sur la route, en te couchant et en te levant. Attache-les en signe sur ta main. Elles seront un fronton entre tes yeux. Écris-le sur les montants de ta maison et sur tes portes ! » (Dt 6,4-9).

DONC, dans le cadre de notre chapitre : ne biaise pas avec la TORâH ! Tu ne ferais qu’alourdir les mains de Moïse, et tu ferais le jeu de “AMâLéQ ! Chasse le DOUTE et embrasse la TORâH. Là est le fondation de ce qu’on appelle dans le christianisme le COMBAT SPIRITUEL :

« Prenez l’armure de ‘ÈLoHîM, afin d’être rendus puissants pour résister au jour mauvais — celui de “AMâLéQ, le jour du DOUTE — ; Tenez donc — face à “AMâLéQ —, ayant ceint votre flanc en vérité et ayant revêtu la cuirasse de justice — la JUSTICE de YHWH dont parlent nos chapitres : la lutte contre toute tentation de malhonnêteté — ; les pieds chaussés, prêtes à annoncer la nouvelle bienheureuse de la paix ; en toutes choses ayant repris le bouclier de la foi  — pour garder les bras de Moïse levés vers le ciel à travers l’enseignement du Christ Jésus —. Vous aurez la puissance d’éteindre toutes les flèches rougies au feu du Mauvais — de “AMâLéQ — ; et le casque du salut ; et le glaive du Souffle qu’est la TORâH Orale de ‘ÈLoHîM. Par toute prière et supplication, priant en tout temps — soutenez les mains de Moïse levées vers le ciel, effacez le DOUTE de vos cœurs ! — dans le Souffle, jusqu’à vous exempter de sommeil — ça ce sont les moines qui se lèvent la nuit pour intercéder pour le monde — ; dans une totale endurance et une intercession pour tous les saints — ne priez pas pour vous seuls : soutenez les mains de Moïse pour que le CORPS UN des saints soient victorieux de “AMâLéQ, soit victorieux de tout DOUTE, et adhèrent sans défiance au Christ Sauveur —. (Éph 6,13-18)

En définitive, voilà la seule guerre que tout juif est convoqué à livrer : garder la foi en toutes circonstances, ne jamais baisser les bras — il semble d’ailleurs que l’expression soit directement issue de l’épisode d’Ex 17 —. En particulier au ve siècle, à l’époque où il s’agit de donner à TOUT YiSseRâ‘éL des raisons de ne jamais baisser les bras face à l’adversité dans laquelle le plonge un retour d’Exil difficile.

Il n’y a plus de roi, plus de prophète… certes, mais il y a la MÉMOIRE remise dans les mains du peuple Juif à travers la TORâH. Il y a cette histoire en train de se tisser autour de la figure de Moïse, qui manifeste que tout ce que le peuple Juif vit aujourd’hui ; tous les combats, toutes ses découvertes, toutes ses joies… tout cela est gravé dans la paume de la main de YHWH depuis le commencement !

Du coup, on comprend mieux comment Jésus, à la suite de Moïse, peut dire à Yâ‘iR dont la fille est en train de tomber dans les filets de la mort : « N’aie pas peur — chasse le DOUTE ! efface “AMâLéQ ! —, aie seulement la foi ! » (Lc 8,50). Ou à ses disciples à qui Il vient d’annoncer sa mort prochaine : « Que votre cœur ne soit pas secoué : vous avez foi en ‘ÈLoHîM, ayez foi en Moi !  — combattez le bon combat ! Chassez le DOUTE ! Étudiez la TORâH de Moïse à la lumière de ma TORâH Orale — » (Jn 14,1) ; et à Thomas : « Ne sois pas sans foi ! Sois un homme de foi ! » (Jn 20,27). Ne laisse pas le DOUTE t’envahir, ne permet pas à “AMâLéQ de te submerger ! Par Moi, qui suis vraiment PASSÉ DE LA MORT À LA VIE, efface-le !

L’idée, c’est en définitive de ne pas permettre la victoire de la MORT, symbolisée dans notre chapitre par “AMâLéQ. Il faut passer à nouveau de la MORT à la VIE ! Et pour ça, on l’a dit, scruter la TORâH, tenir hautes les mains de Moïse levées vers le Ciel ; effacer la MÉMOIRE de la MORT pour ne s’attacher qu’à YHWH, et par lui à ‘ÈLoHîM. C’est juste le résumé de la PASSION du Christ Jésus : « Père, non pas ma volonté, mais la Tienne. » (Lc 22,42) ; « Entre tes mains, je remets mon souffle. — et la voix du Verbe Incarné s’éteint : tout a été dit, et cela suffit — » (Lc 23,46).

Voilà pour ce ch. 25, encore plein d’enseignements. Encore une fois, en filigranes, on entend se profiler l’appel du ch. 30 : « Choisis la vie ! », à savoir : « Ne baisse pas les bras, ne néglige pas la TORâH, ne te laisse pas aller à la révolte ou à l’iniquité qui font le jeu de “AMâLéQ ! Bref :                                                                                                  Aie la foi ! »

Je vous laisse sur ces considérations. Je vous souhaite une belle et féconde lecture de ce chapitre. Nous verrons la suite la prochaine fois.

Je vous remercie.
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